Livres en VO

  • Deux jeunes gens, Mireille, fille d'un riche fermier de la Crau, et Vincent, un pauvre vannier, s'aiment d'un amour impossible. L'argent, les prétendants de Mireille, la loi sociale les séparent. Désespérée par le refus que son père oppose à leur mariage, Mireille fuit le mas familial et part prier sur le tombeau des saintes Maries, en Camargue, pour fléchir la volonté paternelle. Frappée d'insolation, elle meurt, extatique, face à la mer, au terme de ses prières, laissant Vincent au désespoir.
    Merveilleuse épopée où Mistral évoque les fastes de son Midi natal, ce poème en douze chants édité en 1859, en langue provençale avec sa traduction en français en regard vaudra la gloire à son auteur. Considéré comme un chef-d'oeuvre par Barbey d'Aurevilly, il transportait aussi le romantique Lamartine par son lyrisme. Son succès ne s'est pas démenti pendant des décennies, dépassant de beaucoup la simple littérature régionaliste.

    Mireille est réédité à l'occasion du centième anniversaire du prix Nobel de littérature de Frédéric Mistral.

  • Leonardo Sciascia, depuis trente ans qu'il publie, n'a jamais changé ni de style, ni de méthode, ni de sujet. Pour le plus grand plaisir esthétique, intellectuel, moral, de son public en France et dans le monde entier. Son style : celui, sec, aux mots épointés jusqu'à la transparence, d'un authentique classique moderne. Sa méthode : celle, aiguë et rusée, des investigateurs de race : la passion au service de la Raison. Son sujet : celui où l'intelligence, la création artistique comme l'organisation criminelle des pouvoirs politiques, la solitude existentielle comme les groupes d'intérêt mafieux, touchent des cimes lumineuses ou s'abîment en des labyrinthes de folie ou voguent aux coups de feu de la meurtrière {lupara} : la Sicile comme métaphore noire et blanche de notre monde. Dans {Pirandello et la Sicile}, Sciascia, à travers Pirandello, mène l'enquête au coeur de son univers culturel, social et politique, avec la maîtrise et la précellence qu'on lui a reconnues pour tous ses ouvrages (romans, récits, essais), et récemment pour {l'Affaire Moro}. Ecrit en 1960 et complété de lettres inédites pour son édition française, {Pirandello et la Sicile}, quête des origines, nous est enfin donné, qui restera comme le livre de la fascination par l'intelligence, la beauté et le mystère. Fascination à la puissance trois : Pirandello, la Sicile, Sciascia.

  • Chacun d'entre nous est sommé, tous les jours et à tout propos, de décliner son identité. Qui êtes-vous ? Et comment le prouver, quand personne ne vous croit, quand personne ne comprend ce que vous dites et quand tout le monde vous prend pour un redoutable escroc recherché aux quatre coins de l'Amérique ?

    Tel est le cauchemar dans lequel est plongée Dana, victime d'un crime aussi violent que sournois : le vol d'identité. Cartes bancaires, numéros informatiques, mots de passe, signatures électroniques - dans ce merveilleux monde technologique, nous risquons de n'être plus rien qu'une combinaison de chiffres et de signes, que les pirates de l'état civil n'ont aucune peine à détourner. C'est l'un de ces vampires de l'ego, un certain William Peck Wilson, que Dana devra poursuivre sans relâche pour regagner le droit d'être elle-même. De malentendus en faux-semblants, ce roman en forme de " road-movie ", mené pied au plancher par un T.C. Boyle au mieux de sa forme est aussi une parabole sur la fragilité de nos identités, sur le langage et sur les dangers que nous encourons tous à vouloir vivre la vie des autres...

  • "Le jour où il perdit son pied droit, Walter Van Brunt avait reçu la visite tout à fait inopinée des fantômes du passé." Ainsi commence, dans ce livre picaresque, l'aventure des immigrants hollandais qui peuplèrent la vallée de l'Hudson. On les retrouvera ici, avec leurs rêves et leurs destins enchevêtrés, de la fin du XVIIe siècle à nos jours. Les protagonistes de cette saga sont nobles, indiens ou bourgeois, et le héros, le fameux Walter Van Brunt, avoue lui-même que son grand plaisir consiste à battre le rappel des générations oubliées. Avec lui, le lecteur plongera donc, corps et âme, dans un passé truculent. Cette histoire, T.C. Boyle l'a écrite avec passion, colère et humour. Il a voulu, dans sa langue somptueuse, mêler l'horreur à la dérision, la mémoire à l'espérance. Et c'est en regardant du côté de ses ancêtres en littérature - de Washington Irving à Hawthorne et Melville - qu'il vient, peut-être, de réinventer le roman historique.

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