Contes / Légendes

  • Voici quatre contes inédits par l'auteur du Hussard sur le toit. Quatre contes délicieux, d'inspiration persane pour les uns, orientales pour les autres. Dans Le noyau d'abricot, afin de se venger des moqueries de son ancien amant le djinn Nûr, Paquette le transforme en noyeau d'abricot et le suspend à un arbre... Dans Le buisson d'hysope, on apprendra l'origine des oliviers de Provence. Le prince qui s'ennuyait nous montre ce qu'il arrive aux méchants princes quand ils se moquent des fées, et grâce à La princesse ayant envie, nous découvrirons les pouvoirs des grains de raisin contre l'ennui. Les plaisirs facétieux d'un grand conteur du XXe sièle.

  • « Joyce continuait à écrire des poèmes, par esprit d'enfance. En 1934, dans une lettre du Danemark où il se reposait et relisait les épreuves d'Ulysse, il en écrit un à Stephen, son petit-fils de quatre ans. « Imagine un chat restant au lit / toute la journée / à fumer des cigares ». Ces Chats de Copenhague avaient été précédé, quelques jours auparavant, par Le Chat et le Diable, conte où le diable construit un pont en une nuit face à la ville de Beaugency. Ça n'est pas mal, d'être le petit-fils de Joyce. On a des histoires originales pour soi tout seul. Et des histoires inattendues, pas des contes d'adultes destinées à inculquer l'Ordre dans la tête des enfants. Dans Les Chats de Copenhague, avec cette teinte d'anarchie qui est le goût des Irlandais, les policiers restent au lit à fumer des cigares. Ils leur ont été offerts par de vieilles dames voulant traverser la rue. Que sont devenues les vieilles dames ? Elles ne sont pas le sujet de Joyce. Dans ses fictions, il y a des hommes de tous les âges, mais les femmes y sont généralement jeunes ; au mieux des mères, jamais de grands-mères. »

  • À soixante-douze ans, elle se souvient: avoir eu faim, avoir eu froid; avoir faim, avoir froid. Elle a été jeune et fraîche, et belle quelques mois comme le sont les filles du peuple, et miséreuse déjà. La mer qui lui apportait chichement de quoi tromper la faim, lui amène, au temps de cette jeunesse, de quoi la satisfaire: des matelots.De quoi vivent les humbles, les gens d'en-bas, sur ce rude bord de l'Atlantique canadien? De la mer, et mal: des coques, des éperlans, des herbes marines dans les quelques semaines de printemps, des copeaux d'épaves pour se chauffer. Et les bons de ravitaillement de l'aide aux miséreux -pardon: du ministère du mieux-être- quand le poisson se fait trop rare.Et des ménages. Les plus rebutants, ceux que font les sagouines de partout, à genoux entre le siau et la moppe. Combien de femmes se reconnaîtront ici dans cette esclave qui, sa vie durant, a fourbi pour les autres, décrassé pour autrui, lavé pour l'étranger, et qui est pour tous la souillon, la sagouine.Un maître livre à coup s-r, malin, pointu, pénétrant, humain et plus qu'humain. Et, comme le disait Melville lui-même de son Moby Dick: a wicked book, un livre qui perce l'âme.Jacques Cellard

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