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Paroles d'artistes
Anne Sauvageot, Denise Jeanmart, Claude Jeanmart
- H Diffusion
- 9 Décembre 2025
- 9782363451897
Entre 1973 et 1978, Claude Jeanmart, avec le soutien du Centre Pompidou, réalise de nombreux entretiens auprès d'artistes, afin de sensibiliser enseignants, élèves et étudiants, à l'art de leur époque. Alors même que l'abstraction est encore présente, on assiste avec le Nouveau réalisme à l'épanouissement de nombreux groupes avec, entre autres, la Figuration narrative... Les années post soixante-huitardes ont généralisé le mode de la subversion, qu'il s'agisse de la désacralisation de l'art ou, de manière encore plus radicale, de l'engagement militant auquel s'adonnent bon nombre d'artistes. A ce climat contestataire, se superpose l'éclatement des outils, des techniques et des matériaux, donnant la préférence aux moins nobles, à ceux qui appartiennent au quotidien : la photo, la vidéo, la performance... Transgresser les normes établies en plaçant les « cadres » aux oubliettes, telle était la devise de Supports/Surfaces. Face à cette volonté d'éclatement d'un art pour initiés, se structure un marché de plus en plus ouvert, aux critères plus flexibles et indifférenciés. L'art contemporain, en bref, tente de sortir des barrières esthétiques, culturelles et sociales pour se rapprocher de la réalité, celle des médias et d'un marché prêt à s'emballer. C'est sans nul doute important d'observer, à propos de ces années 70-80, leur incroyable hétérogénéité créatrice.
Entretiens des artistes : Léon Zack, Ung No Lee, Edouard Pignon, Raoul Ubac, Emile Gilioli, Alicia Penalba, Pierre Soulages, Zao Wou Ki, Marta Pan, Jacques Monory, Henri Cueco, Niki de Saint Phalle, Peter Klasen, Vincent Bioulès, Roland Topor, Gérard Fromanger, Christian Jaccard, Hervé Fischer, Ernest Pignon Ernest, Louis Cane, Annette Messager, Christian Boltanski. -
Zola, immense écrivain, critique d'art, journaliste, défenseur du capitaine Dreyfus, fut également un homme d'images. Alors qu'il venait d'achever son grand cycle romanesque des Rougon-Macquart, il s'engagea, avec l'ardeur et la conviction qu'il mettait en toutes choses, dans la pratique de la photographie.
Ce catalogue, Zola photographe, accompagne une grande exposition récapitulative de son oeuvre photographique, qui se tiendra à Versailles (Espace Richaud) à partir de février 2025. Cette exposition, fruit d'un partenariat entre la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, la ville de Versailles, et un universitaire spécialiste de Zola, présentera une centaine de tirages modernes réalisés à partir des négatifs originaux du fonds Zola - les négatifs étant conservés par la MPP, au fort de Saint-Cyr - et 20 tirages originaux, dont 14 appartenant à la MPP, et 6 prêtés par le musée d'Orsay.
Le catalogue propose un choix de 73 photos parmi celles qui figurent dans l'exposition. Il en reflète le parcours en six sections, précédées chacune d'un texte liminaire. Tous les aspects de Zola photographe sont ainsi abordés, après une introduction biographique : son intérêt pour la technique ; sa vie à Médan, son environnement amical, sa femme Alexandrine, leur voyage en Italie ; l'influence de son expérience ancienne de critique d'art sur la formation de son oeil de photographe. Nous découvrons, notamment à travers des tirages qu'il réalisa avec un soin d'artiste, un Zola tendre et attentif, photographe de l'intime, explorant inlassablement les visages et les attitudes de ses enfants, Denise et Jacques, et de leur mère Jeanne. La dernière section évoque en quelques images la belle moisson photographique qu'il rapporta de son exil en Angleterre. Le parcours s'achève sur d'impressionnantes vues plongeantes de l'exposition universelle de 1900, dont Zola fit un véritable reportage. -
Voir Monet est une réalisation de Michel Paysant exposée au Musée de l'Orangerie en 2025-2026. Elle présente de nombreux dessins - extraits de L'Herbier digital de Giverny - et une installation, Luminaria, reflet lumineux et musical des Nymphéas. A la croisée de l'art, des sciences et des technologies avancées, ce chercheur transdisciplinaire « dessine avec ses yeux » à l'aide d'un eye-tracker. Des lunettes équipées de caméras captent les mouvements de ses yeux, ses fixations et ses déplacements, redéfinissant ainsi le rôle du regardeur, de la main et de l'artiste. Cet ouvrage réalisé, à partir de nombreuses conversations avec Michel Paysant dans son atelier, propose en parallèle une réflexion sur cette expérience créatrice - ses enjeux esthétiques et cognitifs - et de nombreuses illustrations qu'accompagnent les notes du carnet de l'artiste, qui donnent à voir et à revoir Monet de manière tout à la fois poétique et novatrice.
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Marcel Duchamp et l'expérience esthétique de la modernité
José Jiménez
- H Diffusion
- 13 Janvier 2026
- 9782363451941
Les références actuelles à la figure et à l'oeuvre de Marcel Duchamp (1887-1968) tendent à accumuler un grand nombre de clichés sim- plificateurs qui ferment l'accès véritable à ce que cet artiste signifie dans l'art. Ce livre est un voyage au fond, un voyage à travers les données, les références et la pensée, pour tenter de reconstruire
en profondeur qui était Duchamp et ce que son oeuvre artistique,
intensément vivante, continue à nous donner.
Le voyage est structuré dans le livre comme un dialogue philoso-
phique, que José Jiménez a développé au fil du temps, pendant quatre décennies, et qui atteint ici une nouvelle synthèse, pour montrer à quel point l'oeuvre et la position publique de Marcel Duchamp nous transmettent des questions d'une grande pertinence sur la condition humaine dans le monde d'aujourd'hui, à travers sa façon de comprendre l'art comme une action, une construction mentale-visuelle, dans laquelle la poésie et la philosophie sont intégrées en tant que toile de fond. -
Praticien, enseignant à l'école des Beaux-arts, théoricien, co-concepteur de la première ville nouvelle française à Mourenx, René-André Coulon a bâti une oeuvre qui a marqué le paysage des trente glorieuses. Sa carrière commence par une participation remarquée à l'exposition internationale de paris 1937 où il concourt à l'édification de sept pavillons dont celui de Saint-Gobain, énorme cube de verre de 20 m de haut qui emploie le matériau sous toutes ses formes, jusque dans une collection de mobilier. Après guerre, il entame une collaboration avec les chercheurs de l'industrie qui le conduit à construire une douzaine de laboratoires de recherche industriels liés à l'énergie (EDF, Charbonnage de France, Esso, Centre d'étude nucléaire de Cadarache,...), aux matériaux (verre, acier,...), à l'électronique (Thomson-Houston), avant d'appliquer ces compétences à plusieurs universités scientifiques : Bordeaux-Talence, Orsay, Jussieu, Mont-Saint-Aignan. Il bâtit aussi le campus de HEC, ainsi que de nombreux ensembles de bureaux comme ceux des firmes Merlin-Gérin et Kuhlmann ou les sièges sociaux de la Caisse des Dépôts et Consignations, d'EDF et de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, du Fond Monétaire International.
Fondateur d'une des plus grosses agences d'architecture française, il prend part à nombre des projets majeurs du 20e siècle comme l'axe de la Défense, l'opération Maine-Montparnasse, le grand hôtel d'Orsay ou « Luxembourg Capitale Européenne ». Architecte en chef de la Caisse des Dépôts et Consignations, il réalise pour elle plusieurs trésoreries publiques, et des opérations de logements comme le quartier de Neuilly-Bagatelle et plusieurs opérations d'urbanisme de grande échelle comme Mourenx, Mont-Saint-Aignan ou la Ducherre à Lyon, mais aussi de petits immeubles parisiens. Ses réalisations démontrent la recherche permanente de solutions programmatiques, économiques, techniques et fonctionnelles innovantes, et une passion pour la construction comme en témoigne la bonne tenue de ses bâtiments plus de soixante ans après leur livraison. -
L'animal artiste : Dictionnaire de la création animale
Marc Partouche
- H Diffusion
- 9 Janvier 2025
- 9782363451606
Cela commence avec Boronali, l'âne qui peint avec sa queue, ouvrant une lignée où l'on peut trouver Achille le gorille , qui dessine et finit par manger son crayon; Alexander l'orang-outant du zoo de Londres; Sophie la guenon, dessinatrice de 10 ans, du zoo de Rotterdam, ou les chimpanzés Julia, Jessica, Lady, Dzeta de Belgique, tous artistes émérites. Mais où classer l'anecdote concernant le japonais Hokusai, artiste du XVIIIe siècle, qui avait lâché un coq sur une feuille de papier après lui avoir préalablement trempé les pattes dans un pot de couleur rouge ? Et Arceno, une araignée, seul animal à réaliser des auto-portraits; Balejo et Beyngoui, deux pingouins danseurs et peintres; Dapurat, le trichoptère qui fait des bijoux ? Pour la première fois, sous forme de dictionnaire abrégé, un ouvrage recense une centaine d'animaux artistes, première étape d'un chantier en construction. Regard porté sur les productions artistiques des animaux, réalisées seules avec un assistant.
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L'AVERSION DES VAINQUEURS, un plat farfelu pour un ogre de prestige
Il était une fois, il n'y a pas longtemps et non loin de nous une civilisation peuplée d'humanoïdes avariés qui paradaient sans vergogne dans un décor de divertissement éléphantesque.
Personne n'a vraiment tenu compte de la sonnette d'alarme exprimée à répétition jadis, alors la léthargie des victimes se confirme tandis que les responsables prospèrent. Des pages d'histoire se tournent quitte à trop souvent se répéter.
Il s'agit d'une fable en quête de perspective et ancrée dans un imaginaire désenchanté familier. Certaines notions de l'ordre de la gesticulation primaire sont abordées, telles que le pouvoir et la servilité, l'altérité et le conformisme, le déni et la capitulation.
C'est dans ce contexte que le lecteur est tout de même invité à sourire dans un joyeux marasme à la candeur universelle.
A.D -
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À l'occasion du 30ème anniversaire de l'ouverture au public de la Maison Elsa Triolet-Aragon, il s'agit pour nous de regarder le trajet parcouru et de montrer la dimension artistique proposée par le lieu.
Conformément à la volonté d'Aragon, le moulin de Villeneuve où le poète vécut avec Elsa Triolet dans les Yvelines est devenu un lieu de mémoire et de soutien à la création artistique et notamment à l'art contemporain. Les oeuvres de Picasso, Léger, Taslitzky, Erni et autres amis qu'ils ont laissées dans toutes les pièces de la maison nous éclairent sur la passion qu'Aragon et Elsa Triolet portaient aux arts, et notamment à l'art moderne. Lettres, lithographies, tableaux, céramiques, sculptures, dessins de presse, témoignent de correspondances, d'amitiés, d'engagements communs et de débats intimement liés à ce lieu et ses hôtes.
J'ai connu plusieurs peintres dans ma vie
Ils habitaient au milieu d'eux-mêmes confrontant Leur âme et leur oeil dans des ateliers de poussière Ou d'ordre
Tournant sans fin dans leur domaine d'écureuil Aragon - Écrits sur l'art moderne
C'est donc tout naturellement, que la Maison Elsa Triolet - Aragon a souhaité donner une place importante à l'art d'aujourd'hui en proposant, depuis maintenant trente ans, de nombreuses expositions d'art contemporain. Dans ce lieu où les arts se croisent, plus de 90 artistes ont exposé tels que Valerio Adami, Hervé Di Rosa, Erró, Gérard Fromanger, Peter Klasen, Jacques Monory, Ernest Pignon-Ernest, Bernard Rancillac, Speedy Graphito, Vladimir Velickovic ou Jacques Villeglé ...
Il faut d'un rien pour faire un monde Tout est modèle en ce qui passe
Un plat d'asperges Qui saura
Donc éterniser la saison des endives
On ne peint pas que ce qu'on peint
Voir c'est penser peindre c'est dire
L'oeil rêve ah de toutes parts m'assaillent La métaphore du peintre et sa lumière Inondant l'avenir Je me perds dans
Cette magie étrange d'à présent Qui fait un jardin d'hypothèses Aragon - Écrits sur l'art moderne -
Considérer aujourd'hui les patrimoines brodés de la Méditerranée, c'est faire écho au nouveau rayonnement de l'expression brodée dans l'art contemporain et à l'intérêt renouvelé que lui porte la mode. Ce n'est pas un hasard non plus si ces deux domaines si proches, en émulation constante, se penchent sur les sources et les corpus patrimoniaux qu'ils redécouvrent et réinventent. Les patrimoines brodés de la Méditerranée sont parmi les plus inspirants. L'idée du livre est d'aller à la recherche de ces patrimoines, en établissant la cartographie la plus précise possible, en confrontant les répertoires, les motifs iconographiques et les techniques, en analysant leurs usages : cette histoire et cette analyse, sont confiées aux meilleurs spécialistes des différentes traditions et des différents pays dont certain.e.s sont les derniers détenteurs de savoirs en train de disparaître. Enfin, que des plasticiens fassent part de leur approche créative et de leur rapport au patrimoine, et que des spécialistes et des acteurs des deux domaines apportent leurs connaissances et leur expérience, est de nature à organiser ce « reenactment », « ce retour sur » qui est toujours le signe des renaissances
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Afrikadaa n.15 : racisme discrimination, où en sont les écoles d'art
Pascale Obolo
- H Diffusion
- Afrikadaa
- 9 Février 2023
- 9782363451361
Edito L'espace éditorial qu'est celui d'AFRIKADAA a toujours été pensé comme un espace refuge et de liberté. De montrer, transmette, parler, proposer librement. Nous le pensions réellement jusqu'au moment de créer ce numéro. De nous confronter à l'institution qu'est celle de l'école d'art en France. Un système comme bon nombre de témoignages le notent, idyllique à l'extérieur et pathétique de l'intérieur.
Le titre de ce numéro hors-série est Racisme, silence, mobilisation... Où en sont les écoles d'art ? Nous n'aurions jamais envisagé que le silence exigé par les écoles d'art s'imposerait aux contributeurices-x. Malgré l'importance du travail entrepris par le collectif AFRIKADAA de créer cet espace refuge dans lequel a été mis en place suivi, soutien pour les passages de diplômes, aide théorique et bibliographique, etc. mais aussi par le fait d'être une plateforme en plus à aborder les problématiques liées aux espaces pédagogiques des écoles d'art ; nous nous sommes vues-x face à l'auto-censure. Celle-ci provoquant mutisme, retrait, anonymat ou détours langagiers. Malgré tout, nous avons essayé de travailler avec cette réalité et de proposer ici une introduction à un travail en devenir. Pour être tout à fait sincère avec vous, ce constat prégnant impacta toute l'équipe. Lors de réunions de relectures collaboratives, combien d'entre-nous durent prendre une pause face à la succession de témoignages relatant des faits impactant le plus profond de nos êtres ou alors de nous voir nous dire à quoi bon faire ce numéro si nous ne pouvons en sortir quelconques utilités pour les étudiantes-x ou pour quelconques changements profonds des lieux pédagogiques en art. La sortie et la faisabilité de ce numéro furent à maintes fois remises en question ; de même que la portée de celui-ci. Après ces quelques allers-retours réflexifs entre nous, nous avons décidé de nous servir de tout cela comme de base à notre recherche pour ce numéro. Et de prendre cette étendue éditoriale comme une possible et idéale école qui s'appréhenderait en quatre espaces. Le premier concernant le corps professoral et la production de nouvelles pédagogies ; un second, plutôt à rôle de soin et de bienveillance pour accueillir la parole des étudiantes-x ; un troisième, relatant les actions menées par les directions d'école d'art et sur demande étatique de créer de nouveaux postes professoraux liés aux études décoloniales et/ou postcoloniales, de genre, entre autres mais aussi par une volonté plus inclusives de ces espaces pédagogiques - cependant étant encore loin d'être des propositions suffisantes et impactantes, nous proposons de réécrire une histoire plus inclusives avec des lieux alternatifs tels que le projet de bibliothèque augmentée, projet que nous aimerions, suite à ce numéro mettre en place en collaboration avec les étudiantes-x de plusieurs écoles en France, pour ne pas dire toutes. Et pour finir un dernier espace qualifié de transgressif, dans lequel nous saluons les approches par le hors-sujet et l'autodidactie.
Ce numéro et donc l'école naissante proposée ici est loin d'être parfaite mais à appréhender comme la première étape d'un travail, comme déclaré plus haut, qui on l'espère sera suivi par des actions concrètes en école d'art. Mais ce que nous sommes sûres-x, c'est que cette proposition éditoriale se retrouvera dans toutes les écoles d'art en France et est une graine, en plus, dont émergera des actions, réflexions et débats pour un avenir meilleur des écoles d'art.
Pour conclure et répondre à ce silence :
Je suis Pascale Obolo ;
Je suis Jay Ramier ;
Je suis Paul-Aimé William ;
Je suis Flavien Louh ;
Je suis Alice Dubon ;
Je suis David Démétrius ;
Je suis AFRIKADAA.
Contributeurices-x :
Adji, Assya Agbere, Yoann Aka, Geordy Zodidat Alexis, Mélissa Andrianasolo, Phoenix Atala, Charlotte Attal, Myriam Omar Awadi, Collectif Blackflower, Jean-François Boclé, La Box, Patricia de Bollivier, Maëlle Chabrillat, Saly.D, David Démétrius, Alice Dubon, Samy D'Alexis, Justin Ebanda Ebanda, Océane Eliard, Étudiantes-x ENSA Paris Malaquais, Étudiantes-x de l'EnsAD, Gabriella Esparon, Joëlle Ferly, Pink Floyd, Vanina Géré, Gérald Gonnot, Romane Guet-Frapard, Yoo Ra Hong, Hor, Hyeonsun An, Stéphanie Jamet, Cassandra Semeu-Kwekam, Eloïse Lem, Les Mots de Trop, Flavien Louh, Olivier Marboeuf, Rachel Marsil, Kenza Medjnoun, Amel Mejdoub, Myriam Mihindou, Pascale Obolo, Sophie Orlando, Nana (Anaïs) Pinay, Dominique Pouzol, Nino Ram, Samir Ramdani, Miangaly Randriamanantena, Andrew Régent, Sacha Rey, Olga Rozenblum, Stéphane Sauzedde, Maïmouna Silla, Fanny Souade Sow, Boulomsouk Svadphaiphane, Silina Syan, Étienne Taye, Sarah Touré, Seumboy Vrainom :, Paul-Aimé William, Youssef El Yedidi Spécifications :
Titre : Racisme, Discrimination. Où en sont les écoles d'art ?
Edition de 600 exemplaires / Français Taille (en cm) : 21 (L) x 29,7 (H) Pages : 224 N° ISBN :9782 363451361 Prix : 30 euros Présentation de la revue AFRIKADAA :
AFRIKADAA est une plateforme, un laboratoire qui intègre la richesse d'une scène artistique émergente dont la production mérite visibilité et réflexion. La revue est un espace curatorial déterritorialisé où artistes et acteurices-x de la création contemporaine interrogent esthétique et éthique face aux enjeux majeurs de la mondialisation. Parce qu'il est temps de redéfinir les relations entre territoires, idées et mouvements artistiques, AFRIKADAA apporte une autre perspective, en tant que revue, à la scène artistique contemporaine en racontant l'histoire et les trajectoires des communautés d'artistes au-delà des frontières du marché. Les voix qui s'expriment par la revue aujourd'hui viennent combler un manque et un décalage existant entre continuum colonial des discours et pratiques de résistances locales ; et montre que continuer de parler de nous sans nous fait preuve d'une incompréhension globale sur les problématiques postcoloniales. AFRIKADAA s'impose ainsi comme une poche de résistance vis-à-vis des pratiques de légitimation du pouvoir.
Créée en 2013, la revue d'art papier et digitale AFRIKADAA est menée par un collectif d'artistes-x, commissaires-x d'art, historiennes-x d'art, militantes-x et étudiantes-x.
Site web :
Https://africanartbookfair.com/news/ -
Voici un artiste qui brûle les étapes de la renommée. Il s'appelle Levalet, il a tout juste trente ans, il a commencé son travail plastique il n'y a pas six ans et dispose déjà - quelques soixante-dix expositions plus tard - d'un rayonnement qui va crescendo et d'un public de dèles qui dépasse les frontières de l'hexagone.
Autant de signes qui ne trompent pas : voilà un vrai talent de dessinateur qui fait époque parce qu'il parle d'elle sans en être l'esclave, produit des images qui s'adressent à tous en secouant les certitudes de chacun, invente un art urbain qui squatte les rues pour souligner leur grand défaut d'urbanité. En bref, un singulier cocktail que ce livre présente avec ses photos somptueuses et une analyse qui s'emploie à démêler les ls constituants de son art. A la di érence du street art, Levalet ne se sert pas de la rue comme d'une vitrine pour y déposer son oeuvre, mais comme d'une matière première qu'il travaille pour en révéler avec une ironie tendre les curiosités, les ambiguïtés, le mal-de-vivre. Il privilégie ainsi souvent les quartiers oubliés ou reprisés comme de vieilles chaussettes, les lieux décriés et meurtris par le temps, pour y installer un art qui n'y est pas attendu, qui y parait déplacé et qui, pour cela, interroge et fascine. Et il y fait preuve d'une bienveillante générosité, car à l'opposé de beaucoup de ses confrères qui réservent aux murs des rues les reproductions multiples et de simples tirages numériques, il o re, lui, le somptueux cadeau de ses oeuvres uniques et originales. Avec ses images collées, Levalet compose des histoires qui déroutent l'oeil de qui les regarde, mais il se défend d'être un marchand d'orviétan qui ne chercherait qu'à tromper son monde. Tout au contraire, il manie l'illusion comme un jeu, et s'il invite un moment à y succomber, c'est pour avoir le plaisir d'en sortir. Le mirage est, chez lui, célébré pour qu'il s'estompe in ne dans la jubilation festive d'une prise de conscience. Auteur d'une oeuvre multiple, cultivant volontiers le paradoxe et l'humour, Levalet sait aussi composer des expositions en galeries pour y mêler les dessins de ses personnages et tout un capharnaüm d'objets qu'il « déshabille » et recompose pour leur faire dire tout autre chose que ce que leur utilité révèle dans la vie courante, selon les décalages d'une poésie et d'une fantaisie qui lui appartiennent en propre. Avec lui une chose est sûre : nous tenons là un artiste original et qui possède déjà à fond tout le grand talent d'un « vieux briscard ».
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Les comptes du temps : carnets de tante Mie ; l'archive Claude Simon
Collectif, Mireille Calle-Gruber
- H Diffusion
- 18 Juin 2020
- 9782363451033
«Cela sentait comme une fleur, comme une jeune fille, comme peut sentir la chambre ou plutôt le tombeau, le sarcophage d'une toute jeune fille que l'on y aurait conservée intacte quoique prête à tomber en poussière au moindre souffle".
C'est ainsi que Claude Simon évoque sa tante paternelle, Artémise Simon dite "Tante Mie" dont il fait le personnage principal de L'Herbe, "Marie ,extraordinaire d'abnégation et de générosité", et dont l'histoire nourrit plusieurs de ses livres.
Le meilleur portrait de Tante Mie, Claude Simon sait que ce sont les carnets de compte de la vieille dame, qu'il a conservés, insérés dans ses textes, et versés à ses archives.
Les Carnets de Tante Mie, qui restituent les gestes de la vie minuscule jour après jour, donnent un éclairage puissant sur la création littéraire : le compte des dépenses et les comptes du temps, se révèlent être le seul "journal intime" possible pour la modestie d'Artémise.
Il faut lire minutieusement la minutie des Carnets de Tante Mie : ils forment la trame d'une existence;
Ils en sont le tombeau.
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À travers ce projet d'ouvrage illustré, l'auteur fait revivre un personnage des lettres parisiennes du XXe siècle, Lucien FABRE (1889-1952), prix Goncourt 1923. Cet ouvrage est le fruit d'une recherche de plus de dix ans, sur ce qui peut rester d'un personnage en son temps assez connu (principalement de 1920 à 1945) : qu'est-ce que la notoriété résiduelle d'un tel personnage ? L'ouvrage, à mi-chemin entre l'essai historique et la biographie, est bâti comme un docu-roman, incarnant de manière vivante les différentes facettes successives de notre héros : homme de lettres, très présent dans les salons littéraires (grand fidèle de Paul Valéry, mais moqué par Aragon), vulgarisateur scientifique, ingénieur, chef d'entreprise, navigateur, aviateur, candidat en politique, auteur de théâtre à la fin de sa vie. C'est toute une partie de l'histoire du XXe siècle, avec des points communs mais aussi des écarts importants, parfois surprenants, avec celle du XXIe siècle, qui apparaît ici, et qui est susceptible d'étonner un lecteur contemporain. L'iconographie interne à l'ouvrage (en noir & blanc) est dans cet objectif un précieux auxiliaire. Ces allers-retours entre les deux siècles sont soulignés par l'auteur, qui s'est d'une certaine manière identifié à son personnage. Sommes-nous tous des Lucien Fabre, voulant sortir du lot, généralement sans grand succès rétrospectif ?
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Et nous voici déchirés
Monika Kupfer, Nadeije Laneyrie-Dagen
- H Diffusion
- 25 Novembre 2025
- 9782363451927
Sculpteure et peintre franco- panaméenne, formée aux États-Unis et en France, Isabel De Obaldia est invitée à partir de fin novembre par la Maison de l'Amérique latine à Paris pour rendre compte au travers de ses grands dessins et corps de verre colorés, et en intégrant son et vidéo, de la catastrophe humaine et écologique de la région du Darién, qui sépare le Panama de la Colombie. En observatrice attentive des violences propres à notre temps, la plasticienne témoignera ici du désastre d'un transit du désespoir conjugué à un assèchement brutal et récent de la migration.
« De ce côté de l'Atlantique, le Darién est une région mal connue. L'Europe a sa Méditerranée, traversée par des migrants qui risquent leur vie à tenter de la franchir , l'Amérique a cette mer végétale, un « bouchon » qui sépare l'isthme de Panama de la Colombie, et plus généralement de l'Amérique du Sud. Dans cette région humide et montagneuse où le risque d'être détroussé s'ajoute à ceux de la nature, entre 2021 et 2023, un demi-million de migrants ont souffert et beaucoup sont morts avant d'atteindre le petit village de Bajo Chiquito, peuplé de pêcheurs et de paysans indigènes, dont l'équilibre économique s'est trouvé bouleversé de façon éphémère par leur arrivée.» explique Nadeije Laneyrie-Dagen, commissaire de l'exposition.
« Celles et ceux qui ont vécu là l'enfer et se voient forcés à présent d'emprunter le chemin du retour, les natifs pris au piège de mouvements incohérents qui les ont fait otages plutôt que bénéficiaires, et la forêt, prolifique, admirable, et défigurée, sont les héros de l'installation immersive » que propose l'artiste pour la Maison de l'Amérique latine à l'automne-hiver prochain.
À propos de l'artiste Isabel De Obaldia est née à Washington d'un père panaméen et d'une mère française. Formée aux États-Unis (Rhode Island School of Design et Pilchuck Glass School) et en France à l'École nationale supérieure des beaux- arts, devant beaucoup à son beau-père l'artiste Guillermo Trujillo, qui l'a élevée, elle pratique, à Panama où elle vit et travaille, la peinture, le dessin et la vidéo, et développe une oeuvre de sculpteure qui se déploie en particulier dans le domaine du verre. Elle a représenté son pays au premier Pavillon national du Panama lors de la dernière exposition internationale d'art de Venise, Biennale arte 2024.
INFORMATIONS PRATIQUES
Maison de l'Amérique latine 217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris www.mal217.org Du lundi au vendredi De 10h à 20h.
Le samedi de 14h à 18h Fermé dimanche et jours fériés. Entrée libre. -
Ces essais portent sur des oeuvres, des enjeux, des artistes, des écrivains et des thèmes assez différents, relevant soit des anciennes techniques dans l'art (vitrail, peinture, ornement, estampe), soit des technologies digitales, mais ils racontent pourtant une seule et même histoire à travers les effets de résonance qui se trament entre eux : la relation problématique, conflictuelle, énigmatique, de l'art et de la technique - mais envisagée ici au miroir de la montée en puissance vertigineuse, exponentielle, illimitée des technologies digitales. Deux lignes de temps, incommensurables l'une à l'autre, se juxtaposent dans l'histoire de l'art de ces trente dernières années et dans l'espace de ce livre : l'une, linéaire, se développe selon la flèche du temps accéléré de l'innovation technologique permanente, dont certains artistes entendent suivre et épouser le cours. L'autre admet qu'il n y a pas de progrès en art, s'il est vrai que la Modernité est cette forme singulière d'effraction du nouveau dans le mouvement de l'histoire que l'on rencontre dès l'origine des temps. Il s'agit ainsi d'ouvrir de nouveaux chemins dans l'histoire de l'art.
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La possibilité d'une conscience critique de l'image photographique est ici envisagée selon le « jeu des sept erreurs ». Les trois premières concernent le statut de la photographie au sein des pratiques culturelles à partir d'un tableau de P. Dagnan-Bouveret, d'un slogan de G. Eastman, puis des enquêtes de P. Bourdieu. La question de la mimésis, pour la quatrième erreur, est abordée selon la conception platonicienne et le film Blow-Up. La cinquième porte sur la mimésis aristotélicienne, explorée à partir des écrits de R. Barthes. Pour la sixième, ces interrogations retrouvent l'aura de W. Benjamin dont le texte est confronté aux écrits d'A. Bazin. Finalement, avec la septième erreur, les enjeux soulevés retrouvent l'analyse freudienne de L'Homme au sable à propos de « l'inquiétante étrangeté » et du travail de réélaboration symbolique où S. Tisseron situe l'acte photographique.
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Errance - carnets d'un photographe 2000-2020
Guillaume Lavit d'hautefort
- H Diffusion
- 8 Mars 2022
- 9782363451255
Errance : carnets d'un photographe 2000-2020 est un bilan de mon exploration de territoires en crise qui se déplie de la France au Soudan du Sud, du Liban à la Tunisie, en passant par les Balkans, Dubaï, l'Allemagne, le Tchad et la Libye, en parfaite indépendance et autonomie. Ils lient l'Histoire, le journalisme et le documentaire. Composé par confrontations et rapprochements, le propre du montage, ces carnets tentent d'exprimer l'inachevable photographique, fait de reprises, de rebours. Sans cesse devoir revenir sur les mêmes lieux parce que l'on n'a pas assez vu et que recommencer, tourner autour, aller voir derrière, permet d'aller à l'essentiel et montrer de nouvelles facettes et, peut-être d'annoncer un projet à venir car réussir n'a pas d'importance.
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C'est en août 1995 à l'occasion d'un Voyage personnel à Cuba que tout a commencé.
Pour un photographe (ou un homme d'images), la découverte d'un pays comme Cuba est une expérience marquante.
Rien n'y est visuellement banal, fade ou tiède et chaque instant se vit avec une intensité, que je n'ai retrouvée nulle part ailleurs dans le monde. La plus simple des rencontres est souvent le début d'une aventure humaine qui nous emporte là où l'on n'a pas décidé d'aller, chaque coin de rue est comme le fragment du destin si particulier de ce pays, chaque détail architectural, chaque scène de la vie quotidienne expriment une émotion esthétique puissante mais plus que toute autre découverte, l'univers du cigare fût sans doute pour moi LA rencontre importante de ce voyage. Le premier contact avec la Manufacture Partagas fut un déclic. Il m'apparut comme une évidence que bien plus qu'un simple produit, le cigare est un Monde dans lequel j'ai plongé pour ne jamais le quitter.
A mon retour, la tête dans mes images, je découvre l'existence d'une nouvelle revue fondée par Jean Paul Kauffmann : l'amateur de cigare.
Quelques tirages sélectionnés, une porte poussée, et c'est le début d'une collaboration et d'une passion commune pour le monde du cigare, qui m'a emmené à la découverte d'autres pays, d'autres terroirs, d'autres histoires de cigares.
Depuis 20 ans, je photographie l'univers du cigare, ses champs, ses Manufactures, ses hommes, ses femmes qui vivent pour et par le cigare à Cuba, au Honduras, au Nicaragua et en République Dominicaine.
La plupart de ses images n'ont jamais été publiées. Le noir et blanc n'étant pas d'usage dans la presse magazine, elles ont attendu le bon moment pour se montrer, telle que je les souhaitais.
Mon choix du noir & blanc, est celui de l'intemporalité car le cigare est intemporel. Il suffit de se rendre dans les champs de tabac et dans les manufactures pour comprendre que le process de fabrication n'a pas changé. Il est avant tout dans le travail de la main de l'homme et la mécanisation est marginale. C'est certainement ce qui a touché mon oeil. Chacune des étapes est celle des origines, chaque geste est l'héritage du passé et se transmet, chaque terroir possède son identité, chaque manufacture sa signature, chaque pays producteur son style.
Il y a dans le cigare tout ce qui m'inspire photographiquement : la beauté des champs de tabac, la main de l'homme, belle, brute et précise, le respect de la matière première, l'amour du geste, la patience, la passion partagée, et puis la réalisation d'un produit d'exception qui livre ses plus beaux secrets.
Ce livre de photos me permet de rendre hommage au travail de ses hommes et de ses femmes, anonymes pour la plupart, qui façonnent de leurs mains ces cigares que nous pouvons fumer à travers le monde. Il est aussi pour moi l'occasion de partager ma passion pour un univers d'exception.
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Décrit comme le non-conformisme incarné, «poète et visionnaire», «Rabelais du cirque » Pierric Pillot dit Pierrot Bidon, créateur de plusieurs compagnies de cirque et metteur en scène de plus de quatre-vingt spectacles dans le monde entier, « fait partie de ces défricheurs d'art que furent Merce Cunningham ou Pina Bausch ». Ses créations enflammèrent ou traumatisèrent mais ne laissèrent jamais le public indifférent, de Paris à Rio en passant par Londres ou Moscou.
« Tout ce qu'on dit on le fait, tout ce qu'on veut on l'a. » Son humour provocateur dissimule des préceptes d'engagement et d'audace sur lesquels il n'a jamais transigé. Détourneur d'actions, pirate de l'art, défricheur à la tronçonneuse, il n'en reste pas moins attaché à la tradition circassienne et admiratif de la performance. Profondément libre, anar même, il transgresse en permanence les règles dans la vie comme sur scène et contribue, dès les années 1970, à remettre le cirque en phase avec son temps afin « d'offrir au public le spectacle de ses propres rêves ». De l'épopée fellinienne du Cirque Bidon à l'épure immaculée de Place des Anges en passant par la folie grinçante d'Archaos ou la transe poétique de Circus Baobab, les images de ses créations ont irrémédiablement bouleversé la face du cirque dans le monde entier.
Ce récit biographique livre les réflexions de Pierrot Bidon et donne la parole aux complices et témoins de ses aventures, acteurs culturels, gens de cirque et de scène issus du monde entier. Tout autant que son apport artistique incontestable, c'est le caractère libre et intempestif, la passion et la détermination d'un homme hors du commun que ce livre s'attache à restituer.
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Clowns de cirque ; histoire mondiale des comiques de la piste
Dominique Denis
- H Diffusion
- Arts Des 2 Mondes
- 24 Février 2020
- 9782915189315
Un livre illustré de 500 illustrations en couleur, qui fait découvrir les périodes les plus significatives de la comédie clownesque. De Dicky Usher qui voguait sur la Tamise dans une baignoire tirée par des canards, à Bello Nock, qui se balançait sur un trapèze accroché à un hélicoptère survolant la statue de la Liberté. Cette histoire, qui débute dès 1768, nous fait Venez voir ces mille clowns, pitres et paillasses tonitruants venus des cinq continents ! Cette trépidente cavalcade illustrée de 500 illustrations en couleur, nous fait découvrir les périodes les plus significatives de la comédie clownesque.
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Un phénomène seulement comparable à Nijinsky disait André Maurois en 1949, à ses débuts parisiens. Impératrice de la chanson, amie des humbles et des rois, elle fut d'emblée une légende vivante. Diva du fado, elle a chanté les couleurs du destin et fait aimer la langue portugaise dans le monde entier, au fil de cinq décennies. Jean-Jacques Lafaye, au lendemain de sa disparition, fait revivre sa voix parlée et chantée. Portrait d'une vie d'artiste, offrande lyrique, témoignage sur la musicienne dont il a été le manager par admiration, de son grand retour en 1985 jusqu'à ses adieux à l'Olympia. Ici l'artiste et la personne ne font qu'un, dans la sincérité absolue du sentiment musical et poétique. Une ultime révélation pour ses admirateurs célèbres et inconnus, ici réunis dans l'unanimité pour saluer un coeur universel, et une femme d'exception.
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Des annonces faites au corps ; danse et arts contemporains
Christian Gattinoni
- H Diffusion
- Precursions
- 30 Mai 2013
- 9782363450302
Cet essai souhaite interroger la façon dont, à partir des espaces nouveaux que se donne la danse depuis trente ans, sont générés des corps singuliers qui jouent autant sur les scènes des arts plastiques que sur les lieux d'exposition des arts vivants. Telles sont en tant que critique d'art et curateur, les questions que ces deux disciplines ont permis à l'auteur de poser, parce que toutes deux profondément porteuses de propositions aptes à répondre en oeuvres aux interrogations actuelles des sciences humaines et de la pensée.
Cet essai suit deux grands mouvements le premier consiste à se déprendre des images et routines du corps tandis qu'il s'agit de s'éprendre des nouvelles occurrences à scénographier et danser. Les nouveaux espaces se sont d'abord fondés sur l'opposition analogique entre boîte noire et white cube avant d'inaugurer d'autres scènes multimédia et d'autres logiques. Ces annonces recherchent une physicalité augmentée, une normalité revisitée, une incarnation dans les interstices des médias. Elles mettent en place différents paradigmes qui relient des identités minoritaires, en autant d'approches des études de genre et des cultural studies. Elles manifestent le passage novateur de différents chantiers iconiques à de véritables laboratoires identitaires. Ces annonces en oeuvres montrent l'évolution d'un corps vecteur à un corps atmosphérique jusqu'à l'avènement d'un corps de l'entre deux.
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A Exposer/s'exposer Nous sommes
alarmés, nous nous trouvons sur la brèche, nous artistes, architectes,
écrivains, chercheurs, car les menaces liberticides apparaissent de toutes
parts, dans ce contexte mondial actuel où dictatures et nationalismes croissent
vite en croisant la grande spéculation économico-financière. Ces menaces
prennent alors soit une forme de communication insidieuse soit une forme de
pouvoir totalitariste. D'autre part, un désordre systémique du climat se
propage, pour cause de profit et d'intéressement partisan. Un négationnisme
bon-teint narcotise les imaginaires, stigmatisant diverses populations au gré
d'intérêts variables. Ainsi surgissent des discours qui s'octroient violence,
cynisme de paroles ou d'images, sur de nombreux réseaux en se jouant du monde
réel fragilisé. Se créent aujourd'hui ici et là des représentations fantasmées,
des récits fictionnels et fous, faits de frontières, barrières, murs qui
meurtrissent, dénient, en livrant de la sorte comme normalités des permis de
refouler, abandonner, accepter que meurent par milliers enfants, femmes et
hommes, sur mer et sur terre en Europe comme ailleurs. Ils en sont la cause et
l'effet effarants. Ainsi s'officialisent ces paroles trustant de façon
spectaculaire, gravité et pertinence apparentes, se permettant même au passage
un lamento passéiste quand ce n'est pas pour certains l'occasion de l'expression
d'un cynisme culturel autre mais tout aussi obscène, à haute-valeur
spectaculaire marchande. La création de A est une prise de risque
éditoriale - une dépense certaine - qui est en soi une exposition au sens strict
du terme, exposition s'opposant radicalement à ces programmations idéologiques à
la manoeuvre aujourd'hui. Notre édition bisannuelle vise à susciter des
attentions, des regards et des lectures. Donner une voies d'accès aussi directe
que possible aux propos et aux oeuvres. Il s'agit d'envisager pour nous une
altérité tout autant que de susciter un dispositif qui recèle et révèle au plus
sensible. Il s'agit d'activer formes et sens. De donner à voir et à lire
d'emblée chaque envoi pleinement. Affirmer la valeur intrinsèque du déplacement
que réalise chaque projet en soi et chaque réflexion, chaque mise en oeuvre,
tous porteurs d'une énergie originelle, qu'ils soient isolés, inconnus et/ou
hors-marché n'altérant en rien leur teneur... A est une forme active
assumée de mise en avant des contenus dans une perspective d'ouverture
volontariste. Elle prend à la lettre des modes d'expression individués et les
place dans un vis-à-vis réflexif délibéré. En ce sens, toutes les formes
montrées ici, les textes originaux, les citations ou les archives, les
conversations ainsi que les expériences puisent dans la création active ou la
mémoire des mouvements et des diasporas, dans l'apport des acquis divers
présents et passés appontés à celui des recherches récentes comme des
expériences neuves. Ils peuvent se joindre là et faire naitre des ailleurs
encore inédits. Créer une économie subtile des êtres et de leurs potentiels,
décoloniser et comprendre toutes ces voies lointaines qui ne demandent qu'à
surgir, à être tracées coûte que coûte, sans recherche de profit autre que de
saisir le tempo des existences et leurs potentiels d'échange.