Sciences humaines & sociales

  • Avec l'initiative d'allégement de la dette en faveur des " pays pauvres très endettés ", les politiques de lutte contre la pauvreté sont entrées dans une phase opérationnelle, avec des enjeux financiers importants.
    Ce livre s'interroge sur les politiques de lutte contre la pauvreté et les inégalités pour tenter de donner à ces interventions un contenu autre qu'une copie des actions antérieures. Car si cette " lutte contre la pauvreté " peut apparaître comme une façon de poursuivre les politiques antérieures d'ajustement structurel et de libéralisation, la nouvelle façon d'expliciter les objectifs de la coopération au développement a l'avantage de prendre en compte les défauts et les non-dits politiques du " consensus de Washington ".
    Nous proposons ici un cadre pour définir ces politiques publiques en l'explicitant pour certains secteurs : santé, éducation, foncier rural, micro finance, filières agricoles, hydraulique urbaine et micro-entreprises. Ces propositions résultent de la confrontation entre résultats de la recherche en sciences sociales et expériences de développement. Elles prennent en compte les éléments tels que la relation entre pauvreté et inégalités ; une approche non strictement monétaire de ces notions ; l'importance du jeu des acteurs ; la nécessité de tenir compte de l'économie globale et des normes internationales.
    Mêlant analyses et propositions opérationnelles, cet ouvrage s'adresse aussi bien aux praticiens du développement qu'aux chercheurs et aux décideurs politiques. Il est le produit d'une expertise collective impliquant IRD, CIRAD, CNRS, université de Versailles Saint-Quentin, DIAL, GRET, IRAM, ministère des Affaires étrangères (DGCID) et AFD. Menée depuis 1998, l'étude a mobilisé des chercheurs comme des opérateurs du développement.
    Elle a d'abord produit un premier diagnostic d'ensemble de la situation en Afrique, coédité par l'IRD et Karthala sous le titre : Inégalités et politiques publiques en Afrique. Pluralité des normes et jeux d'acteurs.

  • L'efficacité policière est devenue un enjeu politique et électoral majeur dans une démocratie en proie à l'angoisse sécuritaire. Combinant histoire longue et histoire immédiate, ce livre propose la première synthèse globale des polices sur trois siècles, couvrant leurs principales missions : l'ordre public, la police criminelle et la police politique.
    De la création de la lieutenance de police par Colbert et Louis XIV en 1667 au récent rattachement de la gendarmerie nationale au ministère de l'Intérieur, en passant par la création de la Police Nationale par Vichy au printemps 1941 et le rattachement de la préfecture de police à la Police Nationale par de Gaulle en 1966... tout montre l'attention extrême de tous les régimes pour un instrument qui semble inséparable du politique.
    Malgré l'image courante d'une institution purement étatique et centralisée, l'ouvrage s'attache à décrire un monde pluriel, traversé de concurrences séculaires entre le privé et le public, le local et le national (voire l'inter- national), le civil et le militaire, les amateurs et les professionnels.
    C'est l'histoire de toutes ces polices, de leurs rapports délicats avec le pouvoir, de leurs réformes et de leurs missions, des fantasmes et des sentiments contradictoires qu'elles suscitent qui constitue l'objet de cet ouvrage sans précédent.

  • à quoi, pour la pensée, la science, lui demeure notre idéal de connaissance, peut-elle aujourd'hui servir? le temps est venu d'une réflexion sur les rapports entre théories scientifiques et pensée commune, analysant et critiquant le transfert inconsidéré de concepts (ou, plus souvent de simples formules) des unes vers l'autre.
    Plutôt que de fournir des idées toutes faites, ne peut-on demander à la science - et particulièrement à la physique - de nous montrer la difficulté d'une pensée ferme?
    La plupart des efforts aujourd'hui déployés afin de partager les savoirs émergents sont d'ailleurs peu efficaces, tant leurs soubassements classiques demeurent mal assurés: comment expliquer au profane la nature des quarks quand l'organisation du noyau atomique reste mystérieuse, celle des quasars quand la constitution des galaxies est méconnue? au lieu d'estomper par une pédagogie simplificatrice les difficultés conceptuelles des avancées modernes, il convient de les affronter.
    Ce plaidoyer pour la pensée dans la science se construit sur quelques grands couples antinomiques du langage naturel - droit/courbe, continu/discontinu, absolu/relatif, certain/ incertain, élémentaire/composé, déterminé /aléatoire, rigoureux/intuitif, etc. - à partir desquels la physique structure sa réflexion, mais, par le même mouvement, ébranle ces vieilles oppositions et brouille leur polarité.

    Ainsi la science pourra-t-elle répondre au souhait qu'exprimait merleau-ponty: par ses "découvertes philosophiques négatives", elle détruira certains préjugés de la pensée, elle invalidera des certitudes implicites, elle ouvrira, enfin, des nouveaux espaces à l'intelligence du monde.

  • Va voir un psy !

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    • Matrice
    • 8 Octobre 2019

    Va voir un psy ! Formule entrée dans le discours courant, conseil exprimant la lassitude de celui qui écoute les complaintes, invective témoignant de la colère. Peu importe, cette expression devenue commune fait florès, souvent accompagnée d'un « fais-toi suivre ». Tout ça pour dire que « ça ne va pas » ou que « ça suffit ».
    Mais quel psy ? Un psychiatre, un psychologue, un psychothérapeute, un psychanalyste, un coach ? Pour dire quoi ? Ce qui ne va pas, ce qui cloche, ce qui se répète ? Ces dernières années ont vu fleurir quelque 400 sortes de traitements divers et variés, émanant tous des meilleures intentions : le bien d'autrui, même si le service des biens est souvent, tel l'enfer, pavé de bons sentiments ! À moins que le marché de l'angoisse n'ait encouragé les convoitises.
    Traitement par la parole dit-on, comme si la parole, seule, pouvait suffire. Traitement par la suggestion pour d'autres mais on connaît les résultats de la méthode Coué.

  • L'efficacité policière est devenue un enjeu politique et électoral majeur dans une démocratie en proie à l'angoisse sécuritaire. Combinant histoire longue et histoire immédiate, ce livre propose la première synthèse globale des polices sur trois siècles, couvrant leurs principales missions : l'ordre public, la police criminelle et la police politique.
    De la création de la lieutenance de police par Colbert et Louis XIV en 1667 au récent rattachement de la gendarmerie nationale au ministère de l'Intérieur, en passant par la création de la Police Nationale par Vichy au printemps 1941 et le rattachement de la préfecture de police à la Police Nationale par de Gaulle en 1966. tout montre l'attention extrême de tous les régimes pour un instrument qui semble inséparable du politique.
    Malgré l'image courante d'une institution purement étatique et centralisée, l'ouvrage s'attache à décrire un monde pluriel, traversé de concurrences séculaires entre le privé et le public, le local et le national (voire l'inter- national), le civil et le militaire, les amateurs et les professionnels.
    C'est l'histoire de toutes ces polices, de leurs rapports délicats avec le pouvoir, de leurs réformes et de leurs missions, des fantasmes et des sentiments contradictoires qu'elles suscitent qui constitue l'objet de cet ouvrage sans précédent.

  • " La psychanalyse est toujours à reformuler dans une langue de chair pour que ses mots ne soient pas des mots morts fonctionnant comme une langue de bois, un dogme ", nous dit Marc-Léopold Lévy dans et par ce livre.
    Si l'analyste est d'abord un analysant qui s'est approprié la psychanalyse avec ses propres mots, son trauma particulier, il lui faudra sans cesse travailler sa relation à la toute-puissance qui pourrait découler de sa place dans le dispositif, son dogmatisme étant le symptôme de cette identification à la simple fonction qu'il occupe. L'analyste n'est pas un prestidigitateur. Il n'est pas non plus l'officiant d'un quelconque Dieu, fût-il l'inconscient réifié.
    Croire à l'inconcient, ne pas y croire. comme si cet inconscient consistait en quoi que ce soit et que l'analyste en était devenu le maître. L'originalité du tour que Marc-Léopold Lévy fait subir à la pensée analytique repose en ceci : l'inconscient ne serait qu'une opération, une modalité de ce que Freud et Lacan ont nommé du nom de jouissance. Si l'analyste tient une fonction, c'est alors celle-ci : être le " tenant-lieu " d'une critique de la jouissance Une, celle monomaniaque, toujours incestueuse, à laquelle est soumis le névrosé.
    Cette position, il ne la tiendra pas au nom d'un quelconque principe de tempérance. Ainsi va le paradoxe de la psychanalyse : comme toute éthique, elle critique la jouissance mais au nom d'autres jouissances, celles qui viendraient limiter cette toute-puissance, impérialiste car inconsciente, qui soumet le sujet. Critiquer la jouissance comme Une, c'est donc à la fois sortir la psychanalyse de sa tentation dogmatique, proposer à sa théorie une reformulation qui, partant de la jouissance et de la pulsion de mort, en montrera la division en pulsions partielles, et enfin, repréciser les buts de la cure analytique : que le sujet cesse de désirer à côté de ses pompes !.

  • Il semble aller de soi qu'un rapport direct et consubstantiel existe entre le développement de connaissances fondamentales sur le monde - la science -, et notre capacité à agir sur lui - la technique. De fait, c'est bien grâce à la théorie quantique que nous pouvons fabriquer des lasers et à la biologie moléculaire que se développe la bio-ingénierie. Mais cette connexion est toute récente dans l'histoire de l'humanité - à peine plus de deux siècles ; elle n'a pas toujours existé, et pourrait bien se rompre dans un proche avenir.

  • La science, on la connaît surtout à travers des applications techniques de plus en plus présentes dans notre vie quotidienne.
    Mais elle est aussi le fruit d'une volonté de savoir, d'un désir de connaissance et de reconnaissance du monde. entre ces deux faces - celle de l'utilité pratique et celle de la curiosité et de l'éveil - y a-t-il complémentarité ou conflit ? est-ce que les logiques de rendement et d'efficacité ne vont pas à l'encontre d'un destin plus fondamental ou plus rêveur ? a quoi sert la science ? et qui sert-elle vraiment ? ce ne sont pas là des questions abstraites mais des questions qui orientent notre avenir

  • « L'idée la plus courante aujourd'hui, parfois explicite, mais le plus souvent implicite, sur la nature des rapports entre les arts d'un côté, les sciences et les techniques de l'autre, est de considérer le problème à l'ordre du jour comme celui d'une réconciliation : il s'agirait de favoriser la convergence de la création artistique et de la recherche technoscientifique, afin d'atténuer, ou d'abolir une coupure douloureuse. Mais l'histoire de l'humanité, dans sa dimension culturelle en particulier, n'est-elle précisément pas celle de la séparation de ses divers champs d'activité, de leur autonomisation ? L'idée d'une réunification oecuménique, des grandes retrouvailles de l'art et de la science, me paraît relever d'une nostalgie naïve plus que d'un projet informé, fut-il utopique. Et puis, je dois l'avouer, cette séparation ne m'est nullement pénible. Peut-être est-ce une affaire de tempérament personnel, mais je me trouve fort bien de la différence essentielle entre l'Art et la Science -et de leurs diversités propres (les arts et les sciences) au surplus. Si, scientifique professionnel, mon intérêt pour l'art aboutissait à m'y faire retrouver des attitudes et des oeuvres semblables à celles que je connais (trop) bien, cet intérêt s'émousserait vite... L'art, et l'art contemporain en particulier, m'attire en raison directe de ses différences avec la science, et non pas de leurs éventuelles similarités. Je n'ai aucunement la nostalgie d'une Unité perdue de la création - pas plus naturelle (c'est la diversité du monde des pierres, des fleurs, des oiseaux qui en fait la beauté) qu'humaine. » JEAN-MARC LÉVY-LEBLOND

  • De 1990 à 2005, une centaine de " récits de vie " ont été recueillis auprès de policiers de générations, de corps et de carrières bien différents. Conservés par la Bibliothèque nationale de France, ces témoignages inédits rassemblent, dans cet ouvrage, historiens et sociologues autour de la question des " archives orales" et de leur utilisation scientifique souvent contestée, toujours délicate. Du récit des rafles antisémites sous l'Occupation à celui du travail des commissaires sous la Ve République, les analyses présentées ici s'interrogent sur les usages et les limites des " confessions " de ces experts de l'interrogatoire que sont les policiers. Confrontés à ceux d'autres professionnels (agents des services spéciaux, journalistes, cheminots, responsables économiques) ou d'acteurs des périodes les plus troublées (la Résistance, la déportation), ces témoignages entraînent le lecteur au coeur de l'histoire du XXe siècle sous des angles variés, en France comme à l'étranger. Apportant un certain nombre de réponses à leurs conditions d'utilisation, ce livre démontre l'intérêt des récits de vie et celui de leur croisement avec d'autres sources.

  • L'oeuvre multiforme de Jacqueline Dangel, professeur de l'université de la Sorbonne (Paris IV) récemment disparu, a donné à l'étude des textes de l'Antiquité latine un nouvel horizon en revivifiant la stylistique. Soixante contributions de ses collègues et amis montrent ainsi, dans les domaines les plus variés des études littéraires, les orientations actuelles de la recherche. Grammaire, rhétorique, théâtre, histoire littéraire, mythe et poésie, esthétique sont tour à tour abordés, dans des perspectives qui en révèlent les enjeux, avec les outils d'analyse les plus récents.

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