• Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats du XXe siècle.
    Parmi ses 17 500 dossiers plaidés entre 1911 et 1967, conservés aux Archives Nationales, certains attirent particulièrement l'attention.
    Herschel Grynszpan, le meurtrier de l'attaché culturel de l'ambassade d'Allemagne à Paris qui, en 1938, voulut par son geste dénoncer les persécutions dont les juifs allemands étaient les victimes.
    Les « piqueuses d'Orsay », expression désignant les infirmières accusées, dans la panique de la débâcle de juin 1940, d'avoir tué plusieurs malades intransportables avant de fuir leur hôpital.
    Cinq étudiants, exécuteurs en mai 1943 à Poitiers du docteur Guérin qui, sous le pseudonyme de Pierre Chavigny, vantait dans la presse les mérites de la collaboration.
    Enfin, le grand résistant René Hardy, l'organisateur de la « bataille du rail », accusé d'avoir trahi et livré Jean Moulin aux Allemands.

    Ces quatre affaires présentent un intérêt historique majeur. Maurice Garçon y dissèque, avec son acuité coutumière, arcanes politiques et méandres de l'âme humaine. Il y révèle aussi l'étendue de son immense talent, lui qui, disait Paul Morand, « eut démontré que la malle était vide s'il avait défendu l'assassin de quelque malheureuse coupée en morceaux », tant il y avait dans sa conception de la défense une part de prestidigitation.

  • Depuis plus de dix ans, l'affaire d'Outreau ne cesse de défrayer la chronique. À l'écart des rumeurs et des polémiques, Gilles Antonowicz reprend le dossier pour en faire une analyse objective et dépassionnée.

    Après avoir rappelé les différents épisodes de ce feuilleton judiciaire, ses rebondissements et ses coups de théâtre, il explore les dérives qui l'ont accompagné.
    Outreau, un « fiasco judiciaire » ? Certes, mais aussi l'histoire d'une instrumentalisation politique et de multiples dérives médiatiques, la chronique d'un désastre humain, institutionnel, culturel et moral, où l'accablante faiblesse des hommes s'exprime de haut en bas de l'échelle sociale, dans les classes populaires comme au sein des élites.

  • Le 22 avril 2005 a été votée la loi sur le droit des malades et la fin de vie, également connue sous le nom de " loi Leonetti ", votée à la suite de l'affaire Vincent Humbert.
    Selon 62 % des Français, cet événement est celui pour lequel le déficit d'information est apparu le plus criant et le plus regrettable.
    Ce besoin d'en savoir plus n'a rien d'étonnant, s'agissant d'une question de société et d'une réflexion éthique auxquelles chacun, directement ou indirectement, ne peut manquer d'être confronté un jour ou l'autre. On peut le mesurer à l'intérêt que suscitent les oeuvres littéraires ou cinématographiques abordant ces thèmes. Les succès du dernier livre de Benoîte Groult, La Touche étoile, ou de films comme Les Invasions barbares, Million Dollar Baby ou Mar Adentro, en portent témoignage. Le silence médiatique entourant cette loi n'en apparaît que plus incongru. Cet ouvrage entend répondre à ces attentes et combler cette carence, tant il est vrai qu'en ces instants difficiles l'angoisse et le désarroi naissent bien souvent de l'ignorance dans laquelle est tenu le public

  • Maître Maurice Garçon, artiste Nouv.

    On savait que Maurice Garçon (1889-1967) n'était pas seulement l'une des plus grandes figures du barreau : on le connaissait historien, conférencier, amateur de sorcellerie et auteur d'un Journal dont une partie (1939-1945), publiée en 2015, rencontra un grand succès public. Mais peu de monde savait, jusqu'à la découverte de ses carnets, qu'il était aussi artiste. Pinceau ou crayon en main, dans les salles d'audience de province comme en voyage au bout du monde, il croque, caricature, dessine, aquarelle.

    De sa vie, Garçon fit une fête. De ses tours de force aux assises à ses escapades dans les cafés parisiens, de ses séances à l'Académie française aux travaux des champs à Montplaisir, il s'amuse. Dans les lettres qu'il adresse à sa fille ou dans les correspondances qu'il entretient avec ses clients et ses amis (Benoit, Cocteau, Genet, Léautaud, Mauriac, Paulhan, Pauvert, Simenon...), Garçon peint comme il écrit et écrit comme il plaide - avec passion.

    Pièces de théâtre, aventures dessinées, billets d'humeur, chansons de cabaret et croquis réalisés lors de procès célèbres... Pour restituer ce foisonnement, il était nécessaire de mettre un peu d'ordre, et l'ordre alphabétique s'imposa. Cet abécédaire dit tout le talent, l'imagination, la fantaisie, l'humour de cet avocat hors norme dont la carte de visite ne saurait être autre, désormais, que : Maître Maurice Garçon, artiste !

  • Allemands et collabos me haïssent pour ma réalité, tandis que gaullistes et Anglais me détestent sur ma légende »...
    Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy de juillet 1941 à avril 1942, nourrit les controverses :
    A-t-il réellement désigné lui-même les otages fusillés à Châteaubriant, dont Guy Môquet, comme il en est systématiquement accusé ? A-t-il organisé les crimes judiciaires perpétrés par la section spéciale de la cour d'appel de Paris et le tribunal d'État, condamnant à mort des communistes pour avoir distribué quelques tracts ? Ou est-il au contraire le ministre qui, en zone libre, a permis l'arrestation de plusieurs centaines d'agents ennemis ? Celui qui adjura Pétain de partir pour Alger en octobre 1942 de manière à y appeler les Américains, rompre l'armistice et reprendre la guerre contre l'Allemagne ?
    Alors qu'il rejoint le camp allié dès novembre 1942 pour aller se battre en première ligne contre les Allemands avec l'aval du général Giraud, Pierre Pucheu est arrêté à son arrivée en Afrique du Nord, incarcéré, jugé, condamné, fusillé. Son procès, le premier de l'épuration, préfigure tous les autres.
    De Gaulle, tout en refusant sa grâce pour « raison d'État », fait cependant savoir qu'il lui « garde son estime ». Symbole de cette contradiction, voire de ce regret, Pierre Pucheu est, avec le maréchal Ney, le seul condamné à avoir été autorisé à commander le peloton chargé de l'exécuter...
    Ni réquisitoire ni plaidoirie, cette captivante biographie conçue comme une enquête « comble - enfin ! - un trou noir de l'historiographie concernant Vichy, l'Occupation et la «collaboration» » (Jean-Marc Berlière).

  • Isorni - les proces historiques - nouvelle edition Nouv.

  • Qui a tué le docteur Guérin, alias Pierre Chavigny, l'éditorialiste virulent du journal collaborationniste L'Avenir de la Vienne, dans une ruelle sombre de Poitiers le 13 mai 1945 ?
    Répondre à cette question, raconter ce drame, analyser ce dossier qui a vu l'intervention de Maurice garçon, l'avocat le plus célèbre de son temps, c'est passer les années noires au scalpel de la micro histoire, raconter la vie des Français sous l'Occupation et croiser la route d'une douzaine de personnages dont les parcours illustrent les différents chemins où chacun pouvait s'engager, au risque de s'y perdre.

  • Le 12 novembre 2006, mourait au Centre hospitalier de Saumur un jeune homme de vingt-neuf ans. En état végétatif chronique depuis plus de huit années, Hervé Pierra avait vécu jusqu'alors trachéotomisé, alimenté artificiellement par une sonde gastrique. Longtemps, ses parents avaient espéré. Lorsque le temps de l'espoir fut passé, ils s'interrogèrent sur le sens de cette existence et celui des traitements prolongeant artificiellement une vie dont on ne pouvait exclure qu'elle fût souffrante. Ils en demandèrent l'arrêt. C'est alors que notre législation a provoqué un drame dans le drame, les contraignant, anéantis, à assister six jours et six nuits durant à la lente agonie de leur fils sous les yeux d'une équipe soignante impuissante et consternée. Faire un procès ? Un an après la mort de leur fils, ces parents brisés, mais pas résignés, l'ont envisagé. Plutôt que de les entraîner dans une procédure interminable et peut-être vaine, Gilles Antonowicz, avocat et écrivain, a accepté de défendre leur cause à travers l'écriture. Ce livre relate le combat mené par Paul et Danièle Pierra pour que les médecins acceptent de laisser mourir leur fils. Il dénonce par ailleurs l'hypocrisie de la législation française votée à la suite de l'affaire Humbert, qui ne permit pas aux médecins d'aider Hervé Pierra à mourir dans le respect de sa personne, de sa famille et des soignants. La deuxième partie de ce livre est un plaidoyer percutant et sensible pour que, dans certains cas d'exception, la mort ne soit plus jamais interdite. Au moment où il terminait ce livre, Gilles Antonowicz était amené à entrer en contact avec Chantal Sebire. Pendant treize jours, il fut son avocat. Treize jours d'une intensité rare au cours desquels il déposa devant un tribunal une requête inédite qui allait secouer la France : par son intermédiaire, Chantal Sebire demanda à la justice de l'autoriser à en finir avec une vie devenue inacceptable. On sait ce qu'il en est advenu. Chantal n'a eu droit qu'à l'ombre, au silence et à la solitude au moment de son départ choisi. Gilles Antonowicz raconte ces treize jours d'une plume qui refuse de trembler. Le temps des larmes est passé. Face à la douleur et à l'insoutenable, le combat continue.

  • Chaque individu est-il oui ou non maître de sa vie et de sa mort, peut-il choisir l'heure et les circonstances de son départ ? La société doit-elle reconnaître ce droit et, dans certaines circonstances limitativement et précisément définies par la loi, prêter assistance à ceux qui en feraient la demande ? Ce livre veut attirer l'attention sur la dangerosité et la perversité de la situation actuelle qui, d'une part, porte atteinte à la liberté individuelle et, d'autre part, génère quotidiennement des euthanasies clandestines.

  • "Isorni est l'avocat que j'ai le plus respecté et le plus aimé durant une carrière de quarante ans ; c'est aussi celui qui m'a le plus appris."
    Jacques Verges.
    "Cet avocat intransigeant, implacable, qui ne connut d'autre idéal, d'autre devoir que la Défense, nous sommes quelques-uns à l'avoir aimé. D'autres l'ont admiré. D'autres l'ont détesté, redouté, combattu. Mais tous, je crois, l'ont respecté. Jacques Isorni : jamais la Défense n'oubliera ce nom."
    Jean-Denis Bredin, de l'Académie française.
    "Jacques Isorni nous a montré ce qu'il y a de plus exaltant dans la profession d'avocat. Sa passion de la Défense a éclairé nos vies."
    Philippe Lemaire.
    "Isorni est un être prodigieusement pur, capable de n'importe quel sacrifice. Comme il est de surcroît nanti d'un talent extraordinaire, la moindre de ses paroles a immédiatement un impact prodigieux."
    Emile Pollak.
    "Qui pouvait résister au romantisme d'Isorni ? Un dieu le possédait. Il tendait des bras implorant. La foi qui le brûlait gagnait comme un incendie que le vent attise."
    Jules Roy.

  • L'avocat de la jeune fille qui avait servi d'« appât » revient sur l'affaire du « gang des barbares » et l'horrible séquestration et assassinat d'Ilan Halimi. Appuyé sur sa parfaite connaissance du dossier et sa participation à toutes les audiences des deux procès, il livre une version sensiblement différente de celle que les médias ont donnée. Crime crapuleux ? Meurtre antisémite ?
    La vérité n'est pas nécessairement celle que l'on croit connaître Le livre sortira au même moment que deux films consacrés à l'affaire (24 jours d'Alexandre Arcady et Tout, tout de suite de Richard Berry), qui vont sans aucun doute relancer le débat sur « l'antisémitisme des banlieues ».

  • Comment apprécier la valeur du témoignage d'un adolescent qui affirme avoir été victime d'agressions sexuelles ? Que vaut la parole d'un mineur qui accuse ? De quelles méthodes dispose la Justice pour combattre le risque de l'erreur judiciaire ? Analysant la manière dont les tribunaux français traitent ces dossiers sensibles, Gilles Antonowicz suit pas à pas cette procédure longue, complexe, éprouvante.
    Et s'interroge : l'égalité des armes est-elle vraiment assurée entre l'agresseur et sa victime ? Ne serait-il pas temps de revaloriser le statut des parties civiles pour assurer l'avènement d'une justice enfin respectueuse des droits de chacun ?

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