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Contrechamps
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Les Sonates et Interludes (1946-1948) sont le point culminant des oeuvres pour piano préparé de John Cage. Pour comprendre l'impact de cette « invention » à la fois sur sa composition, son interprétation et son écoute, cette oeuvre emblématique est approchée ici selon trois perspectives différentes.
La première est d'ordre historique. Elle retrace la manière dont le piano préparé est progressivement entré dans la conscience publique et comment s'est forgé autour de lui ainsi que de son répertoire un discours, certes informé par Cage, mais accentuant des aspects variables - aussi en raison du changement d'orientation du compositeur lui-même peu après l'achèvement des Sonates et Interludes. De nombreuses sources sont traduites ici souvent pour la première fois en français. Cette perspective est prolongée par l'étude de la réception du piano préparé par les jeunes compositeurs européens de l'après-guerre entre 1949 (première présentation du piano préparé à Paris) et 1954 (année de la dernière partition pour piano préparé de Cage et de sa tournée européenne incluant notamment Donaueschingen, Cologne et Paris), pour conclure en 1958 avec la première rétrospective de l'oeuvre de Cage à New York et ses conférences aux cours d'été de Darmstadt.
Le deuxième axe concerne l'atelier du compositeur, à savoir comment Cage a intégré les sons de natures hétérogènes produits par les différentes préparations en un tout cohérent par le biais d'une structuration rythmique au sein de laquelle le microcosme (la succession des événements sonores) est géré selon les mêmes principes que le macrocosme (les proportions de durée entre les différentes sections de chaque sonate et interlude). Pour varier les relations entre les différents niveaux d'organisation, Cage élabore des stratégies d'écriture tantôt rigoureuses (« clarté » du canevas rythmique), tantôt plus libres ou globales (recherche d'une « grâce » locale).
Le troisième angle d'attaque aborde les Sonates et Interludes du point de vue du timbre. S'étant confectionné dès la phase de composition une trousse d'outils avec les objets de préparation (chacun dans une enveloppe décrivant type, taille et poids de l'objet ainsi que son placement précis voire l'effet sonore à atteindre), Cage a cherché à garantir une identité sonore forte de sa partition. Donnant lui-même de nombreux concerts au piano préparé, il allait aussi jusqu'à préparer l'instrument pour ses interprètes, dont Maro Ajemian, la dédicataire de cette partition. Le timbre, par exemple sous forme de Klangfarbenmelodie, détermine de façon significative l'articulation du temps musical et par conséquent la perception de la forme résultante. Aussi est-il proposé une lecture des Sonates et interludes faisant interagir l'agencement structurel des sonorités et leur réalisation à travers un nombre choisi d'interprétations.
Ce livre signé Pascal Decroupet et édité par Contrechamps est le premier consacré à cette oeuvre célèbre et maintes fois enregistrée sur disque. -
En retraduisant l'ensemble des textes de Berg parus en français et en traduisant ceux restés inédits dans cette langue, Georges Starobinski, avec l'aide de Philippe Dinkel, offre l'intégralité des écrits du compositeur. Il en fait lui-même l'introduction.
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La fonction de la couleur dans la musique : timbre, musique et peinture, Wagner, Strauss et autres essais
Theodor Wiesengrund Adorno, Sofiane Boussahel
- Contrechamps
- 8 Octobre 2021
- 9782940068630
Le thème unificateur de ce volume d'écrits de Theodor W. Adorno - la plupart tardifs - est celui de la couleur dans la musique, le mot Farbe en allemand ayant donné celui de Klangfarbe, qui désigne le timbre. Il faut l'entendre de deux façons : d'une part, Adorno explore, dans plusieurs des textes réunis dans ce volume, les relations qu'entretiennent musique et peinture, réfléchissant aussi bien sur la singularité propre aux deux arts que sur leurs échanges. C'est le cas notamment des cours sur la couleur dans la musique donnés à Darmstadt et inédits en français. D'autre part, dans les essais consacrés à Wagner et Richard Strauss, il s'attache à des musiques dans lesquelles la question du timbre, le caractère évocateur, voire illustratif, de la couleur sonore, est une dimension importante. Elle est liée, chez ces deux compositeurs, aux genres de l'opéra et du poème symphonique.
En revenant sur Wagner, auquel il avait consacré un livre extrêmement critique, et en développant une réflexion très approfondie sur la musique de Strauss, qui s'articule à celle, centrale chez lui, sur Schönberg, Berg et Webern, Adorno dévoile de nouveaux aspects de sa pensée. Dans les notes consignées de 1940 à 1969, année de sa mort, il tente de pénétrer l'Idée du phénomène musical dans la fulgurance de fragments apparentés à des aphorismes, ces notes se présentant tel un laboratoire des essais et monographies consacrés à la musique.
Ainsi, dans l'Allemagne de l'ouest des années 1960, Adorno fait entendre une voix discordante, refusant de dissocier la destinée de la culture allemande des événements politiques qui se sont succédé, notamment de l'expérience du national-socialisme.
Si certains des textes de ce volume ont fait l'objet d'une traduction aujourd'hui introuvable, la plupart sont inédits en français. Une grande partie d'entre eux se trouvent dans le volume 16 des oeuvres complètes publiée en Allemagne. Cet ouvrage fait suite à la publication par Contrechamps de trois autres livres d'Adorno : Introduction à la sociologie de la musique, Figures sonores (Écrits musicaux I) et Moments musicaux.
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Coro de Luciano Berio est l'une des oeuvres magistrales de la musique récente, une oeuvre qui marque l'aboutissement du travail que le compositeur a effectué sur la voix. Composée entre 1974 et 1976 pour une formation insolite de 40 chanteurs et 40 instrumentistes disposés sous forme d'autant de duos voix et instrument, l'oeuvre fut créée en 1976 à Donaueschingen sous la direction du compositeur, puis augmentée d'une partie supplémentaire, à Graz en 1977 sous la direction de Leif Segerstam. Dans sa forme, elle présente une alternance entre des parties solistes et des parties chorales : les premières croissent jusqu'à rejoindre les secondes, les duos s'additionnant les uns aux autres, les secondes décroissant jusqu'à devenir des parties solistes. Berio croise également des textes de provenance diverses : d'une part des poésies pour la plupart anonymes, qui glorifient l'amour, d'autre part, un poème de Pablo Neruda qui renvoie à la répression d'une manifestation populaire et au sang qui coule dans les rues. La musique elle-même est faite d'emprunts à différentes musiques populaires, y compris celle des Pygmées révélée par l'ethnomusicologue Simha Arom, qui joue un rôle important ; ces différentes sources sont absorbées par le langage personnel de Berio. Cette fresque d'une heure environ est donc plus qu'une oeuvre de musique destinée au concert : comme Sinfonia composée quelques années plus tôt, elle pose des questions éthiques, politiques et esthétiques, exprimant à travers la musique l'utopie d'une assemblée humaine faisant fi des différences de culture et d'identité. En ce sens, Coro pourrait être perçu dans le sillage de la Neuvième Symphonie de Beethoven, comme un hymne à la fraternité et à la liberté. L'oeuvre offre des perspectives constamment changeantes, tantôt à partir des individus, qui se multiplient, tantôt à partir de la masse, qui se divise et emporte l'auditeur dans son flux ininterrompu, d'une expressivité et d'une vitalité irrésistibles.
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Correspondance, écrits inédits, entretiens
Pierre Boulez, Henri Pousseur
- Contrechamps
- 5 Mars 2025
- 9782940068753
Dans leur correspondance qui s'étend sur plus de cinquante ans, Pierre Boulez (1925-2016) et Henri Pousseur (1929-2009) sont constamment en prise avec l'histoire : comment s'y inscrire, comment s'y rapporter. Leur échange reflète ainsi la mutation profonde qui s'est opérée au XXe siècle sur le rapport à la tradition, sur l'idée de progrès et de modernité radicale, vers une conscience plus multiple et universelle, qui réinterroge différemment la relation au passé.
Au centre de leurs discussions initiales se trouve le projet d'une musique sérielle intégrale ; il s'agit alors de fonder un langage cohérent visant une adéquation forte entre matériau et forme, de découvrir les nouvelles possibilités musicales qu'offrent les moyens électroniques, et d'agencer ce nouveau matériau dans le temps au sein de formes fixes ou mobiles.
Mais les autres facettes de la vie du jeune compositeur d'après-guerre sont aussi manifestes : faire connaître cette musique à un public plus vaste, explorer de nouvelles possibilités d'interprétation, imaginer un enseignement de la musique dans lequel la musique contemporaine trouverait sa place. Les prises de position sont franches et révèlent autant des personnalités différentes que la riche ramification de leurs pensées et actions musicales.
Si Boulez et Pousseur ont sympathisé dès 1951 autour de l'héritage wébernien, leurs divergences s'accuseront en 1971 à propos de Stravinsky. Alors que Boulez avait cherché dans le Sacre du printemps une inspiration rythmique, Pousseur, après 1968, célèbre la variété harmonique de Agon. Les retrouvailles progressives, à partir de 1985, se feront notamment autour du souvenir des combats communs, de Darmstadt et du Domaine musical.
Cette correspondance est complétée par plus de dix textes (dont plusieurs inédits) et un entretien entre les deux compositeurs. Ces sources supplémentaires non seulement éclairent l'échange épistolaire mais enrichissent la documentation de première main sur la musique depuis 1950.
Cette correspondance inédite est transcrite, annotée et présentée par Pascal Decroupet, -
Les écrits de Béla Bartok (1881-1945), réunis ici pour la première fois dans leur quasi-intégralité en français, abordent de nombreux thèmes : les orientations de la musique nouvelle, la démarche de compositeurs contemporains comme Strauss, Debussy, Schoenberg, Stravinsky, Ravel ou Kodaly, la spécificité de la situation hongroise, la présentation de ses propres oeuvres, mais aussi les relations entre musique populaire et musique savante, la question de l'atonalité ou celle de la musique mécanique, les problèmes soulevés par le nationalisme et les théories raciales, les rapports de l'art et de l'Etat...
Dans un style sobre et précis, Bartok défend des positions intransigeantes, parfois virulentes, et qui vont toujours droit à l'essentiel, qu'il s'agisse d'essais développés, de prises de position polémiques, ou de critiques musicales comme celles qui témoignent de la situation en Hongrie dans les années vingt. Tous ces documents, dont beaucoup inédits jusqu'à ce jour en France, sont adossés à l'une des oeuvres majeures de la musique du XXe siècle, qu'ils contribuent à éclairer.
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La mélodie n'est pas un paramètre musical aussi souvent abordé que l'harmonie, voire que le rythme. Longtemps, on observe une discontinuité dans sa théorisation (les auteurs des traités de mélodie ne se lisent pas entre eux, et souvent déplorent que personne avant eux n'ait abordé le sujet...). La mélodie ne se laisse pas non plus schématiser et réduire de manière aussi radicale et sophistiquée qu'un enchaînement d'accords - on se contente alors souvent de constater qu'elle est une inspiration, un don, un miracle ineffable (chacune est singulière) ou, au contraire, on l'aborde uniquement en partant de l'harmonie (degrés forts et faibles, notes " de passage "...). Pour ce qui est de la musique savante au XXe siècle, ou musique classique contemporaine, seul objet de ce livre, on s'est souvent contenté de parler d'un " tabou " jeté sur la mélodie ; s'il existe de nombreuses études ou articles ponctuels sur l'écriture mélodique, souvent brillants (que nous citerons au fur et à mesure) une synthèse plus globale - fut-ce pour illustrer en détail le fameux " tabou " - fait curieusement défaut. Nous proposons ici (I) une approche de la mélodie en général, qui l'aborde selon quatre perspectives (harmonique et phraséologique, énergétique, gestaltiste, thymique). L'entrelacs de ces quatre types de description sous-tend chacun des commentaires musicaux par la suite. Nous esquissons ensuite (II) une brève généalogie de la mélodie, puisqu'il faut clarifier ce qui sera redéfini ou déconstruit au XX e siècle, et ce qui perdure. Il s'agit en particulier de la différence entre mélodie et voix polyphonique et de celle entre mélodie et thème, deux oppositions qui influencent encore la pratique de la mélodie moderne et contemporaine. À partir de Wagner - " c'en est fini des belles mélodies ", écrit-il en 1879 - l'expérimentation entre en scène, pratiquée par certains compositeurs, guère tous. Nous montrons ensuite (III) que si la mélodie est déconstruite, parfois rejetée dans les discours, ses traits essentiels, ses anciens principes de cohérence, se retrouvent très souvent dans des styles d'écriture non tonales. Nous tenons compte également d'esthétiques plus traditionnelles (Benjamin Britten, Alfred Schnittke, George Benjamin) ou de genres (chansons militantes dans les années 1970) qui la présupposent intacte - l'expérience mélodique ne se résume pas à la seule expérimentation. Et Messiaen, au milieu du siècle, grand défenseur et praticien de la mélodie, est une sorte de clef de voûte du XX e siècle mélodiste. Nous évoquerons les discours théoriques des compositeurs et/ou ce l'on peut déduire de leur traitement de l'objet mélodique, la manière dont ils le conçoivent et le mettent en scène ; c'est là une sorte de " théorie en acte " que l'on trouve déjà dans les carnets d'esquisses de Beethoven, et qui peut se passer de la parole. Quant aux contextes, c'est tantôt l'essor d'un nouveau langage qui est crucial (dodécaphonie, spectralisme), tantôt un contexte politique (dans les années 1930 et 1970, le retour à la mélodie a valeur de manifeste), tantôt encore une esthétique individuelle ; nous les rappelons au sujet de chacun des exemples choisis. Procéder à ce choix peut donner le vertige - combien d'objets mélodiques dans une seule composition de Berg ou Stockhausen... sans parler de leur oeuvres complètes ! La sélection repose donc sur l'hypothèse d'une certaine " typicité " de la mélodie commentée, parfois sur son caractère singulier, parfois simplement sur sa beauté - critère tout subjectif qui, à la fin des fins, fait aussi ressembler cet ouvrage scientifique à un album de mélodies. Les considérations plus générales (tissant idéalement une sorte de petite histoire de la musique savante au XXe siècle vu par le filtre de la mélodie) alternent avec des descriptions plus détaillées (et dans une autre présentation typographique), s'adressant à un lecteur qui souhaite approfondir la question.
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Gruppen de Karlheinz Stockhausen est l'une des grandes oeuvres de l'après-guerre, une pièce emblématique d'une période de recherches, d'expérimentations et de formalisations qui a changé le cours de l'histoire musicale. Composée entre 1955 et 1957 pour trois groupes d'orchestres disposés autour du public, elle fut créée à Cologne en 1958 avec trois chefs compositeurs qui représentaient la jeune génération à l'époque : Stockhausen lui-même, Bruno Maderna et Pierre Boulez. Depuis lors, à chaque fois que cette oeuvre a été donnée, elle a été vécue comme une expérience inoubliable. L'auditeur se trouve en effet placé à l'intérieur de sons qui voyagent d'un orchestre à l'autre selon différentes trajectoires, créant ce que Stockhausen appelle une musique dans l'espace (Musik im Raum). Ce n'est pas le seul aspect à travers lequel le compositeur a transposé son expérience de la musique électro-acoustique dans une musique purement instrumentale : il fait aussi entendre des sonorités influencées par son travail en studio. L'oeuvre, d'un seul tenant, dure plus de vingt minutes et dessine une forme fascinante. Elle fut perçue d'emblée comme le chef-d'oeuvre de la musique nouvelle, marquée à l'époque par l'idée sérielle. Seule la disposition des instruments autour du public, qui nécessite un espace particulier, a été un frein à sa diffusion. Pascal Decroupet a travaillé longuement sur cette oeuvre, étudiant notamment ses esquisses déposées à la Fondation Paul Sacher à Bâle. C'est l'un des meilleurs connaisseurs de la musique sérielle des années 1950, comme l'indiquent ses travaux sur des compositeurs tels que Stockhausen, Boulez et Pousseur. Dans ce livre consacré à Gruppen, il situe d'abord l'oeuvre dans son contexte et la relie aux conceptions que Stockhausen cherchait alors à formuler, comme les rapports entre structure acoustique et structure harmonique, entre hauteurs et durées, entre micro et macrostructure.
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Écrits sur la musique Tome 1 ; entretien avec moi-même
Gyorgy Ligeti
- Contrechamps
- 23 Avril 2013
- 9782940068449
Ce nouveau volume français des écrits de l'un des plus grands compositeurs des XXe et XXI e siècles complète les Neuf essais sur la musique publiés par Contrechamps du vivant du compositeur en 2001.
Ce nouveau volume français concerne donc les essais de Ligeti sur sa vie et son oeuvre, avec de nombreux textes encore inédits en français. Quatre chapitres orientent successivement le lecteur vers des articles autobiographiques - par exemple "Souvenirs musicaux de mon enfance et de ma jeunesse" ou "Ma judaïté" -, des lettres et textes de circonstance faisant apparaître tantôt quelques expériences particulières, des épisodes de son existence, ses prises de position ou ses jugements face à certaines questions politiques et sociales ("Schott", "Lettre ouverte"), des textes plus ou moins développés et transversaux touchant sa musique ("Les effets de la musique électronique sur mon travail de composition", "Il se passe dans ma musique quelque chose de très aventurier", etc.), et enfin les nombreux textes de Ligeti sur ses oeuvres, avec pour certaines d'entre elles différents commentaires rédigés à divers moments de sa carrière. Ces chapitres correspondent au découpage du second volume de l'édition allemande, hormis certains textes que nous n'avons pas jugés indispensables parmi ceux consacrés aux oeuvres, surtout lorsqu'ils recoupaient en grande partie le contenu d'un ou de plusieurs autres essais. Certaines correspondances avec Ove Nordwall ont été rajoutées à propos de quelques oeuvres des années 1960. -
Hugues Dufourt : Les Continents d'après Tiepolo
Angelo Orcalli
- Contrechamps
- Poche
- 14 Mars 2025
- 9782940068760
Hugues Dufourt, compositeur français né en 1943, a consacré dix ans à créer ce cycle musical comprenant quatre partitions - une pour chaque continent -, inspiré par les splendides fresques de Giambattista Tiepolo, maître vénitien de l'âge baroque. Angelo Orcalli analyse cette oeuvre magistrale en explorant ses dimensions musicales, artistiques et scientifiques. Le lecteur découvrira une oeuvre du XXIe siècle fascinante, mêlant sonorités instrumentales inédites et avancées technologiques au service de la musique.
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...comment passe le temps... écris sur la musique (1952-1961)
Karlhein Stockhausen
- Contrechamps
- 13 Octobre 2017
- 9782940068524
Karlheinz Stockhausen (1928-2007) a été, dans les années 1950, l'une des figures dominantes de l'avant-garde musicale ; un compositeur inventif, audacieux et visionnaire.
Chacune de ses oeuvres constituait un événement et une avancée ; chacune était accompagnée d'une réflexion suggérant de nouveaux concepts et de nouvelles perspectives. Ce sont ces textes, essentiels pour comprendre l'évolution de la pensée musicale, que nous proposons aux lecteurs francophones.
Ils s'attachent, parallèlement à toute une série d'oeuvres qui ont marqué leur époque, à la construction d'une nouvelle syntaxe et de nouveaux rapports entre les différentes dimensions du langage, à une conception repensée de la forme et de l'espace et aux problèmes de notation ainsi posés, enfin, à toutes les expérimentations réalisées dans le domaine électronique, où Stockhausen fit oeuvre de pionnier. Si le premier texte, daté de 1952, glorifie l'artisanat du compositeur, le dernier, en 1961, sous le titre « Invention et découverte », se présente comme la synthèse provisoire d'une décennie de recherches.
Document essentiel pour comprendre tout ce qui s'est pensé dans cette période flamboyante qui constitue le socle de toute l'aventure musicale contemporaine, ce volume tant attendu paraît dix ans après la disparition du compositeur, et ce dans une traduction due à Christian Meyer et Laurent Cantagrel. -
« Musique et sentiment » est le titre donné par Charles Rosen (1927-2012) à une série de conférences prononcées à l'Université de Bloomington en 2000 et publiées en 2010, deux ans avant sa disparition. L'auteur y analyse les changements stylistiques intervenus dans l'histoire de la musique entre les époques baroque et moderne, s'attachant à la manière dont les idées musicales se construisent à travers l'interaction entre les données du langage et les formes de représentation. À partir de tout un ensemble d'exemples musicaux, il montre comment le sens musical se constitue, se différencie et se transforme. Pour Charles Rosen, il n'existe pas de contradiction entre forme et expression, entre intelligibilité et émotion. Une leçon précieuse pour les interprètes comme pour les auditeurs.
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Ce volume regroupe tous les essais de Carl Dahlhaus sur la Musique Nouvelle publiés entre 1965 et 1971.
Ils traitent des problématiques soulevées par la musique de l'après-guerre, sous un angle tantôt technique, tantôt esthétique, tantôt sociologique. Les questions du rythme, du timbre, de la notation, du matériau, de la forme croisent ainsi les concepts d'avant-garde et d'oeuvre autonome, les problèmes du sens et du non-sens, de la musique engagée, des genres musicaux... La méthode de ce musicologue aux connaissances encyclopédiques vise à cerner aussi objectivement que possible une notion, une idée, une oeuvre ou une tendance tout en les replaçant dans un vaste contexte esthétique et historique.
Elle se présente ainsi comme une médiation indispensable entre les oeuvres proprement dites, les conceptions qui leur sont liées, et une réception riche de sens. " La réflexion qui s'attache à la musique, ou même à la littérature, n'est aucunement étrangère à la musique : elle en fait partie en tant qu'événement historique, voire en tant qu'objet de perception. Ce qui se perçoit de la musique dépend, en partie, de ce qu'on a lu à son propos ".
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Essais avant une sonate et autres écrits
Charles i. Ives
- Contrechamps
- 12 Septembre 2016
- 9782940068494
Charles Ives est souvent présenté comme le père de la musique américaine : c'est le premier à avoir développé dans ce pays un style original et de valeur universelle. Né en 1874, la même année que Schoenberg, il fut très marqué par l'enseignement de son père et par les différents aspects de la culture américaine, notamment populaire, tout en étant un novateur sur bien des plans. Ives a écrit très tôt des oeuvres atonales, concevant des polyrythmies complexes, expérimentant les quarts de ton, la spatialisation des sources sonores, le mélange de musiques différentes.
Comme Schoenberg, il était foncièrement idéaliste et rêvait d'une musique libre de toute entrave. En cherchant à célébrer les grandes figures d'une culture américaine progressiste, il se tourna dans sa maturité vers les Transcendantalistes qui, dans les années 1830, avaient établi à Concord (près de Boston) une communauté d'esprit éclairée. Les différents mouvements de sa Deuxième Sonate pour piano, intitulée justement « Concord », sont liés à certains d'entre eux : le philosophe et essayiste Raoul Waldo Emerson, le philosophe Amos Bronson Alcott, l'écrivain Nathaniel Hawthorne et David Henry Thoreau, l'auteur de Walden et d'un Traité de désobéissance civile.
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Ces mystérieux accords parfaits ; trois études sur la musique de Schoenberg
Jean-louis Leleu
- Contrechamps
- 10 Janvier 2020
- 9782940068562
Ce nouvel ouvrage du musicologue Jean-Louis Leleu est consacré à la musique du compositeur Arnold Schoenberg, figure majeure de la musique du XXe siècle. Dans son livre, l'auteur pose la question de l'unité de la démarche du compositeur sur l'ensemble de sa trajectoire et fait apparaître la cohérence de sa pensée harmonique, que ce soit dans le contexte atonal ou sériel, avec ou non des réminiscences tonales et modales.
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Rendre audible l'inaudible : sur la musique de Gerard Grisey
Philippe Albèra, Lukas Haselböck
- Contrechamps
- 20 Octobre 2023
- 9782940068692
Écrit par le compositeur et musicologue autrichien Lukas Haselböck, ce livre jette un regard nouveau sur Gérard Grisey, qui fut l'un des compositeurs les plus importants de sa génération.
Gérard Grisey (1946-1998) a été, avec Tristan Murail et Hugues Dufourt, à la tête du mouvement « spectral », un mouvement qui dans les années 1970 s'est appuyé sur les phénomènes acoustiques comme la résonance naturelle ou la limite entre le son et le bruit pour développer un langage harmonique nouveau, de nouvelles conceptions de la forme et du temps.
Haselböck s'appuie essentiellement sur le grand oeuvre de Grisey, Les espaces acoustiques, et les chefsd'oeuvre de la fin (Talea, Vortex Temporum, Quatre Chants pour franchir le seuil). Il tente de réinscrire la démarche du compositeur dans le contexte musical et philosophique des trente dernières années du XXe siècle, analysant notamment les tensions qui ont alors existé entre modernité et postmodernité. Pour lui, Grisey n'a pas renié l'héritage de la première au nom de la seconde, mais a cherché au contraire à les réinterpréter l'une comme l'autre.
Haselböck aborde les oeuvres de Grisey aussi bien d'un point de vue analytique par lequel sont dévoilés leurs modes de structuration qu'à l'aune des concepts déployés par des philosophes tels que Deleuze, Lyotard ou Derrida. Il s'interroge tout particulièrement sur la relation entre ce qui est conçu et ce qui est perçu, question fondamentale pour la musique moderne. Ainsi montre-t-il que la dimension constructiviste du langage musical chez Grisey, qu'il met en relation avec l'approche structuraliste qui fut celle des musiciens sériels, s'articule à la dimension sensible du phénomène sonore et à une expérience inédite du temps, liée à une véritable recherche spirituelle.
On peut envisager cette démarche brisée par une mort précoce comme une synthèse et une tentative de dépassement des limites et des contradictions propres aux langages contemporains : Grisey parlait de « musique liminaire », terme qu'il préférait à celui de « musique spectrale ». Lukas Haselböck a parfaitement saisi le sens d'une telle aventure musicale, intellectuelle et spirituelle en utilisant pour le titre de son ouvrage une expression empruntée à Deleuze : « rendre audible l'inaudible ».
La magie des oeuvres de Grisey tient en grande partie à une immédiateté de la sensation qui renvoie à un arrière-plan plus mystérieux, et même ésotérique, que ce livre tente de dévoiler.
Publié en Allemagne en 2009 (et à ce jour épuisé), le livre de Lukas Haselböck a été traduit pour les éditions Contrechamps par Martin Kaltenecker. L'auteur a fait des modifications et des ajouts qui confèrent à cette édition française un intérêt supplémentaire. -
Univers parallèles ; écrits et entretiens sur la musique
Brian Ferneyhough
- Contrechamps
- 19 Octobre 2018
- 9782940068531
Le compositeur anglais Brian Ferneyhough, né en 1943 à Coventry, est l'une des personnalités dominantes de la scène contemporaine depuis les années 1970. Découvert au Festival de Royan avec des oeuvres de jeunesse d'une étonnante maturité, il apparut très rapidement comme le représentant principal de ce que l'on a appelé la « New Complexity » (nouvelle complexité). Sa musique présente en effet une densité et un degré de formalisation qui se reflètent dans la notation elle-même et qui exige des interprètes une virtuosité aussi bien digitale que mentale. Cette complexité, toutefois, vise à une grande intensité expressive et à la revalorisation de la subjectivité.
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Les douze essais qui composent les Figures sonores [Klangfiguren] de Theodor W.
Adorno datent, à une exception près, de la fin des années cinquante. Ils forment une vaste constellation d'approches du phénomène musical contemporain : la réflexion sur une sociologie de la musique, aussitôt appliquée à la question de l'opéra, à celle du public, et à l'interprétation, croise une réflexion esthétique s'interrogeant sur ses propres critères et une tentative de penser les éléments techniques de la composition, comme ceux de la série ou du contrepoint.
Deux essais sur Berg et Webern tracent un portrait, de l'intérieur, des deux compositeurs. Cet ouvrage est traversé par une profondeur de vue qui, liée à une connaissance intime des oeuvres, des problématiques compositionnelles et de leurs enjeux historiques, est extrêmement stimulante pour l'esprit.
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C'est avec les oeuvres de Haydn, Mozart et Beethoven, qualifiées de « romantiques » par E. T. A. Hoffmann au début du XIXe siècle, que la musique instrumentale a supplanté la musique vocale. Ainsi est née, en relation avec l'ensemble des conceptions philosophiques, esthétiques et poétiques du Romantisme, l'idée d'un art musical « autonome », d'une « musique absolue » dont les significations ne sont plus liées à un texte ou à une fonction. Carl Dahlhaus retrace l'histoire d'un concept qui est au fondement de notre culture musicale, et ce à partir des textes fondateurs de Tieck et Wackenroder, Hoffmann, Herder, Novalis ou Schlegel, jusqu'au symbolisme français de Mallarmé et Valéry, en passant par les réflexions théoriques de Wagner, Schopenhauer, Hegel, Nietzsche et Hanslick. Il souligne ce que cette conception de la musique doit à la quête romantique de l'Absolu, à une métaphysique de l'art où les idées philosophiques et théologiques sont réinterprétées dans le médium artistique. Cet ouvrage fondamental du musicologue allemand replace les questions musicales à l'intérieur du mouvement général de la pensée, et éclaire la généalogie de nos idées contemporaines sur l'oeuvre, sur la forme du concert, et sur la signification de la musique, idées qui sont devenues, dans bien des cas, une « seconde nature ».
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Quinze analyses musicales : De Bach à Manoury
Claude Helffer
- Contrechamps
- 1 Janvier 2000
- 9782940068142
Claude Helffer a non seulement créé de nombreuses oeuvres du répertoire contemporain, il a aussi déployé tout au long de sa carrière une intense activité pédagogique. Ceux, nombreux, qui ont suivi ses cours, gardent le souvenir d'un équilibre rare entre la compétence et l'enthousiasme, la précision et la passion. Ce livre voudrait fixer de tels moments. L'approche de l'instrumentiste n'est pas celle du musicologue : elle vise la réalisation pratique ; l'analyse ne constitue pas une fin en soi, mais le moyen d'assimiler l'oeuvre pour en faire une expérience vécue. Ainsi, la mise en évidence d'une structure compositionnelle s'accompagne-t-elle ici de conseils pragmatiques, et de considérations plus générales.
Claude Helffer parcourt l'histoire de la musique pour clavier, depuis Jean-Sébastien Bach jusqu'à Philippe Manoury, dans un langage simple et vivant, et il donne à la fin quelques conseils pour l'approche d'une oeuvre nouvelle, son « discours de la méthode » en quelque sorte.
Pianiste ayant marqué son époque, notamment par son engagement au service de la création musicale, Claude Helffer a donné des récitals et dispensé des cours d'interprétation à travers le monde entier, enregistrant par ailleurs de nombreux disques. Il est l'auteur d'un « Que sais-je ? » sur la musique de piano. Contrechamps a publié un livre d'entretiens avec lui, dans lequel il raconte sa riche carrière de pianiste et sa vérité d'homme. -
Wolfgang Rihm, né en 1952, est l'une des figures majeures de la création musicale.
Ce recueil de ses textes, le premier qui lui soit consacré en français, permet donc de faire connaître les idées et les conceptions qui sous-tendent son oeuvre. Aussi bien dans sa musique que dans ses réflexions, Rihm est un anti dogmatique : lors d'une séance d'analyse à Darmstadt, publiée sous le titre « Le compositeur en état de choc », texte repris dans notre volume, Rihm expliquait que la nature de ses « solutions personnelles » n'avait aucune prétention à une quelconque universalité de la méthode, mais que seule l'oeuvre achevée avait vocation à être comprise universellement, et cela « par ses propres forces ». On « se trouve donc dans l'impossibilité réjouissante de ne pouvoir faire l'objet du moindre enseignement ». La liberté musicale et la subjectivité sont pour Rihm des notions fondamentales, au nom desquelles il n'hésite pas à explorer des territoires qui ont été longtemps tabous dans le monde de la musique contemporaine.
Dès ses débuts, il fut associé au courant de la « Nouvelle Simplicité », avant de se frotter aux extrêmes de l'expérience contemporaine, s'appuyant notamment sur les écrivains de la folie comme Lenz, Hölderlin, Artaud, Wölfli. Son goût littéraire très sûr l'a également conduit vers Jean Tardieu, Paul Celan ou Heiner Müller. Il s'est lié d'amitié avec le philosophe Peter Sloterdijk. L'une de ses impulsions les plus fondamentales, dans l'Allemagne ravagée de son enfance, fut l'écoute d'une grande oeuvre d'orchestre de Varèse : « J'avais l'image du son que je désirais ; de façon très étrange, il se situait entre sévérité et exaltation, entre austérité et brûlante sensualité. Ces deux pôles m'attirent toujours magiquement, et je recherche l'un dans l'autre. » Dans ses textes, Rihm ne procède pas par affirmations péremptoires mais use volontiers du paradoxe afin de poser des questions souvent dérangeantes. Dans le choix que nous proposons, il aborde de nombreuses questions : celle de l'humanisme, de la postmodernité, des rapports entre langage et musique, de la tonalité, du théâtre musical, de la spiritualité, du progrès. Notre sélection se concentre sur les écrits les plus essentiels, ceux qui révèlent le mieux la pensée du compositeur. Elle s'appuie sur deux recueils parus en allemand : ausgesprochen (édition en deux volumes réalisée par Ulrich Mosch aux éditions Amadeus en 1997), et Offene Enden (réaliséeégalement par Ulrich Mosch aux éditions Carl Hanser en 2002). Une lettre programmatique sur la notion de « ligne » en relation avec les oeuvres de Brahms et un entretien inédit avec le compositeur réalisé pour cette publication par Ulrich Mosch et Pierre Michel constituent les témoignages les plus actuels.
Cette pensée en perpétuelle évolution depuis les années 1970 a ainsi accompagné une production musicale impressionnante, qui comporte à ce jour près de 350 opus, et où tous les genres musicaux sont abordés, du lied au grand opéra, de la pièce solo au grand orchestre, sans oublier l'oratorio et même une Passion.
C'est Martin Kaltenecker, l'un des meilleurs connaisseurs de la musique récente dans les pays germaniques, qui a traduit l'ensemble des textes. Il a déjà été le traducteur, pour les éditions Contrechamps, de textes fondamentaux comme ceux de Carl Dahlhaus, Theodor W. Adorno, Helmut Lachenmann et Luciano Berio.
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La percussion contemporaine : Mémoires du CIP à Eklekto
Philippe Albèra, Nathalie Baranger, William Blank
- Contrechamps
- 15 Novembre 2024
- 9782940068746
Cet ouvrage a été réalisé de manière collective afin de célébrer les 50 ans d'activités d'une institution genevoise de renom, l'association Eklekto Geneva Percussion Center, anciennement le Centre International de Percussion (CIP). Autour du portrait d'une aventure musicale singulière, teintée de relations humaines exceptionnelles et de passion pour le répertoire et la discipline, apparaissent les contours des développements sonores inclusifs redéfinissant la percussion ces dernières années. Genève se révèle en berceau d'un domaine dont le statut de la percussion « accompagnatrice d'orchestre » évoluera en art autonome. À travers la maîtrise d'instruments d'une grande pluralité, aux provenances et cultures lointaines, le savoir-faire du percussionniste tend à être sublimé. Et, face à ce large champ des possibles, le musicien porté par une énergie avant-gardiste dérive alors vers l'artiste scénique. Le récit du Centre International de Percussion de Genève métamorphosé en Eklekto en 2011 dévoile des images et des témoignages inédits. Avec le regard sur ce qui est resté, ce qui a été bâti, achevé ou laissé dans l'oubli s'imaginent le futur et les perspectives infinies de cet art musical.
Alexandre Babel, Ricardo Bologna, Anne Briset, Yves Brustaux, Corentin Marillier, Nicolas Curti, Dorian Fretto, Jean Geoffroy, Margaret Hammer, Fritz Hauser, Sarah Hennies, Jeanne Larrouturou, Claire le Bras, Jean-Louis Matthey, Alain Richina, Steven Schick, François Volpe. -
Professor Bad Trip est une oeuvre iconique de la musique récente. Ce triptyque composé entre 1998 et 2000 fait appel à un petit ensemble dans lequel se font entendre une guitare électrique avec ses effets de saturation, un sifflet utilisé par les Beatles et par Freddy Mercury, et un harmonica. Ces instruments inhabituels dans les formations de musique contemporaine témoignent de l'intérêt de Fausto Romitelli pour les hybridations entre musique savante et musique rock. Il n'est donc pas étonnant que le compositeur italien emprunte à la sphère populaire l'idée de transe et celle d'états de conscience altérés. En l'occurrence, dans Professor Bad Trip, il travaille sur les phénomènes de perception induits par la prise de substances hallucinogènes, tels que ceux décrits par Michaux sous l'effet de la mescaline et s'inspire d'un imaginaire psychédélique. Chez Romitelli, la recherche d'une musique âpre, puissante et directe vise à l'expression d'une violence cachée et se manifeste par une dérive chaotique du matériau comme principe formel. Élève de Donatoni, attiré à ses débuts par la musique de Ligeti et celle des musiciens spectraux, Romitelli a cherché tout au long de sa trajectoire à concilier cette matière sonore éruptive avec un véritable travail d'écriture, et il s'est appuyé pour cela sur l'appareillage électro-acoustique, notamment celui de l'IRCAM. Luigi Manfrin, compositeur, philosophe et musicologue italien né en 1961, retrace dans ce livre l'itinéraire du compositeur, son souci d'un style ouvert à des musiques autres, son travail avec les outils informatiques et ses réflexions sur les théories linguistiques comme la phonologie, mais aussi son intérêt pour les démarches artistiques de personnalités telles que Henri Michaux ou Francis Bacon, avant d'aborder plus concrètement Professor Bad Trip, dont il offre une analyse détaillée. C'est le premier ouvrage en français consacré à Fausto Romitelli, compositeur né en 1963 et mort prématurément en 2004, suite à une longue maladie. La traduction du texte original en italien est assurée par Laurent Feneyrou avec l'aide de Martin Kaltenecker.
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Techniques d'écriture et enjeux esthétiques (+CD)
Pierre Boulez
- Contrechamps
- 20 Septembre 2006
- 9782940068258
Dans cet ouvrage collectif placé sous la direction de Jean-Louis Leleu et Pascal Decroupet, la musique de Pierre Boulez est approchée de façon à la fois analytique et esthétique: l'approche rigoureuse du langage musical conduit à des réflexions sur ses enjeux.
Les différents auteurs nous font entrer dans l'atelier du compositeur, éclairant ses procédés d'élaboration, les mutations d'une oeuvre à l'autre, l'évolution de sa pensée, les projets inaboutis et certains éléments qui l'ont influencé. Sont étudiées en détail des pièces comme le Livre pour quatuor, Le Marteau sans maître, la Troisième Sonate pour piano, Figures, Doubles, Prismes, Éclat/Multiples ou Rituel, mais aussi des pièces retirées. Il s'agit de contributions originales qui apportent une somme d'informations nouvelles et décisives pour la compréhension d'une pensée musicale ayant marqué en profondeur les cinquante dernières années.
Pour qu'ils soient plus lisibles et plus faciles à consulter, les exemples musicaux et les fac-similés des manuscrits de Boulez ont été gravés sur le CD-ROM joint.
Ce livre, qui comporte des informations tout à fait nouvelles sur les méthodes de composition de Pierre Boulez et une approche des oeuvres fondée sur l'analyse des partitions, marque ainsi un pas décisif dans l'étude du langage d'un des plus importants compositeurs de notre époque.