Editions Du Sonneur

  • Au milieu de la mer des Caraïbes, Sanger Rainsford fait naufrage sur l'île de Ship Track. Il y est recueilli par un russe blanc, le général Zaroff, qui se révèle être un hôte des plus remarquables et attentionnés. Reconnaissant en son convive un célèbre chasseur de gros gibier dont le livre sur la chasse au léopard des neiges fait autorité, le maître des lieux invite Rainsford à un jeu particulier : une partie de chasse à l'homme. Acculé, celui-ci est forcé d'accepter ce « jeu des plus dangereux ».
    Commence alors, au coeur de la jungle, une lutte sans merci entre les deux hommes. Le chasseur chassé, l'ombre et la proie : qui chassera qui ?
    Ce récit, à la lisière du fantastique, est un monument de la littérature noire aux États-Unis. Il a été adapté de nombreuses fois au cinéma - Les Chasses du comte Zaroff avec Leslie Banks (1932), A Game of Death de Robert Wise (1945)... - et mis en ondes à plusieurs reprises - entre autre en 1943, avec Orson Wells dans le rôle du comte Zaroff.

  • « Les meilleures choses sont celles que vous n'auriez jamais su vouloir jusqu'à ce que vous les ayez. Internet prend vos désirs et vous les recrache, consommés. Vous lancez une recherche, vous entrez les mots que vous connaissez, les choses que vous avez déjà à l'esprit, et Internet vous crache un livre, une image ou une notice Wikipédia. Mais c'est tout. C'est ailleurs qu'il faut chercher ce qu'on ne sait pas ne pas savoir ».
    Que se passerait-il si nous éliminions de notre vie toute irruption du hasard, de la chance et de l'inconnu ? Il y a fort à parier que nous sombrerions dans l'ennui le plus épais. Nous croyons maîtriser la réalité via internet, les librairies en ligne et les sites de rencontre - mais sans le hasard, la chance et l'inconnu, pas de Juliette pour Roméo, pas de livres bouleversants dont nous ignorions l'existence !

  • En tant que journaliste, Jim Tully parcourt les quatre coins des États-Unis, et confie ses articles à de nombreux magazines et journaux parmi les plus prestigieux de l'époque. Il rédige plusieurs centaines d'articles et de portraits sur ses sujets de prédilection : le sport, le cinéma (sa liberté de ton fait de lui le plus connu et le plus détesté des journalistes de Hollywood), la société, la politique...
    Sur l'Amérique, Observation d'un ex-hobo, s'inscrit dans cette dernière catégorie. Publié par le Scribner's Magazine en 1927, Tully y dévoile une virulence non dissimulée vis-à-vis de son pays, tout en faisant preuve d'une immense compassion pour les exclus de l'Amérique : les vagabonds, les prisonniers, les prostituées, les Noirs, les toxicomanes... Ayant vu de l'intérieur l'envers du décor, il dénonce les idéaux soit-disant progressistes de son temps ainsi que ceux qui les incarnent. Tout cela n'est pour lui qu'une supercherie qui mène à une société fondée sur la religion du profit et de la consommation. Un texte d'une furieuse actualité.

  • La mère de tous les vices ! On osa la baptiser ainsi. Encore faudrait-il établir que ce surnom est un blâme et non le plus magnifique éloge. Car, enfin, que ferions-nous, malheureux, sans ces quelques misérables vices, en nombre si réduit, et de si maigre variété, dont notre imagination défaillante n'a jamais su élargir ni creuser les frontières ? Mais la question n'est pas là. Même, en nous tenant au point de vue moral, comment ne pas s'indigner d'une fausseté si criante.

  • Émile Zola (1840-1902), chef de file des écrivains naturalistes, met successivement en scène dans ce recueil les derniers jours d'un noble, d'un bourgeois, d'un commerçant, d'un ouvrier et d'un paysan. Cinq agonies, cinq tableaux pour esquisser une peinture sociale de la mort, rappelant que pour bien mourir, il faut bien vivre, et que l'inégalité règne jusqu'au dernier souffle.

  • Découvrez Comment on se marie, le livre de Emile Zola. " Quel étrange système, partager l'humanité en deux camps, les hommes d'un côté, les femmes de l'autre ; puis, après avoir armé les deux camps l'un contre l'autre, les unir en leur disant : "Vivez en paix !" ". Emile Zola (1840-1902) ne pouvait dépeindre l'institution du mariage autrement que pour le meilleur et pour le pire, en quatre nouvelles décrivant successivement l'union de nobles, de bourgeois, de commerçants et d'artisans. Avec Comment on se marie, il poursuit, dans la même veine que dans Comment on meurt, son étude de la société au dix-neuvième siècle, sur un ton à l'humour acide, parfois cruel.

  • On connaît le Jack London aventurier du grand Nord, marin des mers du Sud, chercheur d'or, vagabond du rail. On connaît aussi le London chantre de la nature sauvage, militant politique, défenseur des déshérités. Mais, on ignore souvent le London polémiste qui, prenant ici prétexte de la condition de l'écrivain obligé de prostituer son talent pour vivre, fustige une société où l'argent est roi.

  • Roorda est, en 1925, un homme fatigué, endetté, insomniaque. Il aimerait pouvoir jouir sans entrave de la vie, mais ne peut se plier au carcan imposé par une société qui, par l'argent et les conventions sociales comme le mariage, empêche l'homme d'être ce qu'il est. Il décide donc de la date de sa mort. Avant de se tirer une balle en plein coeur, il rédige Mon suicide, qu'il adresse à ses proches comme une sorte de testament. Dans ce texte empreint d'un pessimisme joyeux, il explique sa décision de recourir à la seule échappée qui lui semble possible. Sous l'amertume d'un homme perce cependant un grand amour pour la vie, empli de vitalité et d'ivresse, que la morale et les lois nous refusent. Or, à celui qui « n'a aucun goût pour les travaux forcés, il reste une ressource : c'est de s'en aller ».

  • « Peut-être à cause de la vie pratique que j'ai menée, je bénis l'utilitarisme et j'en suis arrivé à penser que l'utilité et la beauté doivent se confondre, et qu'il n'existe pas d'objet usuel qui n'ait pas besoin d'être beau. » En 1906, sous le prétexte de construire sa maison idéale, Jack London dénonce violemment le paraître et le factice, qu'il juge souvent inutiles et peu fiables.
    C'est également le moyen pour lui de concevoir une demeure qui, par son organisation, respectera les classes sociales, l'économie, la nature... - en un mot, l'être humain. Car la politique n'est jamais loin chez l'écrivain que l'on a trop souvent cantonné à ses romans pour enfants. Et la maison est un thème récurrent dans son oeuvre : pour preuve, un an auparavant en 1905, il avait déjà utilisé, pour décrire la société, la métaphore de l'édifice dans Ce que la vie signifie pour moi (Les Éditions du Sonneur, 2006).

  • « Peu de vices sont plus difficiles à éradiquer que ceux qui sont généralement considérés comme des vertus. Le premier d'entre eux est celui de la lecture. » Dans ce texte paru en 1903 dans une revue littéraire américaine, la romancière Edith Wharton (1862-1937) dénonce l'obligation sociale de la lecture, nuisible à la littérature et fatale à l'écrivain.

  • L'Invasion sans pareille est une nouvelle « politiquement incorrecte ». Elle ne l'était pas au moment de sa parution dans le McClure Magazine en 1910. Dans ce texte d'anticipation géopolitique, London met en scène l'éveil de la Chine à compter des années 1920, après que celle-ci s'est libérée du joug japonais. L'essor du pays est suivi d'une augmentation considérable de sa population, qui atteint, en 1976, un milliard d'individus. Les Chinois commencent alors à déborder de leurs frontières, mettant ainsi les nations alentour - et l'Occident - sur le qui-vive. Afin de lutter contre cet inquiétant envahisseur, une coalition internationale se met en place. Mais les troupes de la Société des Nations sont écrasées par celles, bien plus nombreuses, de l'Empire. Jusqu'à l'entrée en scène d'un scientifique, qui propose une solution radicale à Washington : la guerre bactériologique !

  • En l'air et autres chroniques d'altitude regroupe trois articles enthousiastes parus dans Le Figaro en 1887. Cette année-là, Guy de Maupassant, journaliste, s'émerveille des nouvelles perspectives qu'offrent les voyages en ballon, tant pour la science que pour l'imagination. Depuis la visite des quartiers généraux de l'Union aéronautique de France aux voyages en eux-mêmes, en passant par les préparatifs des expéditions jusqu'au récit des dangers rencontrés en l'air, l'auteur, tour à tour drôle, incisif et admiratif, nous propose une vue d'en haut de la grande époque des expositions universelles. Une conquête du ciel emplie d'une joyeuse frénésie de découverte.

  • En novembre 1848, Victor Hugo monte à la tribune de l'Assemblée constituante pour dénoncer une réduction de budget menaçant les arts, les lettres et les sciences. Point d'économie sur l'intelligence est le leitmotiv de son discours. Car brader la culture, c'est saboter la gloire de la nation, anéantir l'édifice social, avilir le peuple. Or seul "l'encouragement enthousiaste d'un grand gouvernement" peut lutter contre ces dangers, aujourd'hui comme hier.

  • Dans Ce qui m'est réellement arrivé en Espagne et Moi et Castro, respectivement publiés en 1937 et 1959, on retrouve Errol Flynn tel qu'en lui-même, synthèse éthylique d'Albert Londres et du baron de Münchhausen, sorte de précurseur du journalisme gonzo. Le premier reportage évoque ses déboires à Madrid où il est soi-disant venu remettre un million de dollar à la cause républicaine. Au lieu de quoi, il fait du tourisme de guerre en compagnie d'un espion nazi et s'emploie à ne pas mourir. Vingt-deux ans plus tard, Errol n'est plus que l'ombre de lui-même, usé prématurément par la malaria, la vodka et les substances illicites. Toujours en quête de sensations fortes, il part à la rencontre de Fidel Castro et de ses guérilleros en pleine révolution cubaine. S'il ne cache pas sa sympathie, voire son admiration pour les insurgés, il lui faut néanmoins surmonter un sérieux obstacle : comment étancher sa soif parmi des gens qui ont juré de ne pas toucher à une goutte d'alcool jusqu'à la victoire finale ?

  • En 1884, le chirurgien Frederick Treves (1853-1923) rencontre par hasard John Merrick, dont le corps difforme est exhibé sans ménagement par un forain qui le présente comme l'Homme-Eléphant.
    Deux ans plus tard, le médecin parvient à extirper John Merrick de sa misérable condition de bête de foire et lui offre enfin la vie de dignité à laquelle le jeune homme a toujours aspiré. Cette histoire vraie fut à l'origine du célèbre film Elephant Man de David Lynch.

  • Méliés, sorcier de Montreuil-sous-Bois, Jules Verne du cinéma, magicien de l'écran, créateur du spectacle cinématographique. Et si l'on avait négligé le Méliés homme de lettres ? Car il fut aussi écrivain de cinéma et l'un des premiers à saisir sa plume pour expliquer son travail, penser son art en essayiste, polémiquer dans la presse, raconter ses souvenirs. La Vie et ll'oeuvre d'un pionnier du cinéma est l'un de ses derniers textes, écrit à la troisième personne du singulier avec une passion intacte. Georges Méliés (1861-1938) y revient sur sa vie de labeur, faite d'inventions saisissantes et de triomphes éclatants, mais aussi de revirements et de tragédies intimes.

  • On s'attarde assez peu sur la dimension politique de l'oeuvre de Mark Twain. C'est que dans ses récits les plus connus - qu'on juge souvent et bien à tort destinés à la seule jeunesse -, la réalité politique pourtant très présente n'est qu'un des éléments du propos. Twain a été tout au long de son existence particulièrement attentif aux souffrances et aux injustices engendrées par le colonialisme, le racisme, les discriminations sociales et ethniques, et il ne s'est pas privé d'en faire état, qu'il s'agisse des questions internes de la politique des États-Unis, de l'impérialisme et de la violence infligée par les colonisateurs quels qu'ils soient. On soulignera d'ailleurs que son engagement n'a pas été que de parole et qu'une part de son existence a été, également, militante.
    Twain est un homme de convictions?; c'est aussi un moraliste et un humoriste, ces deux traits de sa manière d'écrire étant indissociables. Il n'est alors pas étonnant que ce soit en humoriste qu'il s'attache à certains aspects de la chose politique, pas plus qu'il n'est étonnant que sous la verve de l'amuseur pointe et s'impose un propos qu'il ne faudrait peut-être pas prendre à la légère.

    Un candidat à la présidence?: quand un candidat se présente aux plus hautes fonctions de l'État s'engageant à rester fidèlement le salaud qu'il a toujours - preuves à l'appui - été.
    Candidat au poste de gouverneur?: quand un homme de bien qui brigue un poste de gouverneur se métamorphose, sous l'effet de la presse - et sans pouvoir rien faire - en une sorte de monstre, concentré de toutes les tares et de toutes les bassesses humaines.
    Secrétaire particulier d'un sénateur?: que reprocher à celui qui, obéissant scrupuleusement à son maître en politique, applique à la lettre ses instructions sans se donner la peine de les déguiser sous un minimum de rhétorique??
    Tourner sa veste?: comment comprendre que si tourner sa veste en politique fait d'un homme un reptile, la tourner par deux fois puisse vous transformer en un oiseau de paradis??
    Oraison fictive pour un homme de parti?: comment le refus de penser de ceux qui, volontairement, se font esclaves d'un parti, mène à la perte de sens.

  • Un soir, à bord du balenier Penguiné, le second du capitaine est incité par l'équipage à raconter sa conquête du redoutable Mocha Dick : ce monstre célébre qui était sorti vitorieux d'une centaine de combats avec ses poursuivants.

  • Tour à tour typographe, pilote sur le Mississippi, chercheur d'or, journaliste et conférencier, l'écrivain Mark Twain (1835-1910), également inventeur, était fasciné par les nouvelles techniques. Il s'essaie ici au périlleux apprentissage de la bicyclette, découvre les propriétés explosives des paratonnerres et lutte avec une machine à écrire dont les défauts semblent l'emporter sur les qualités. Curieux et maladroit, incorrigible et tenace, l'auteur d'Huckleberry Finn livre ici, avec l'humour qui l'a rendu célèbre, un aperçu réjouissant des affres d'un pionnier face aux grandes inventions de son temps.

  • En 1890, pour son dixième anniversaire, le journal Le Tabac - bimensuel indépendant à la gloire de l'" herbe à Nicot " - interroge les sommités faisant partie du Tout-Paris littéraire, artistique, scientifique et mondain : " Êtes-vous pour ou contre le tabac ? " La diversité des réponses d'une centaine de personnalités - parmi lesquelles Joris-Karl Huysmans, Pierre Loti, Stéphane Mallarmé, Hector Malot ou Jules Verne pour le monde littéraire - illustre avec humour et finesse l'intensité d'un débat plus que jamais d'actualité un siècle plus tard.

  • Accosté par un membre de la Société d'horticulture de Picardie alors qu'il se promène dans les rues d'Amiens, Jules Verne (1828-1905) est pris de court et n'a d'autre choix que d'accepter la requête de son interlocuteur : prononcer un discours pour l'assemblée générale de ladite société. Lui habituellement si imaginatif et prolifique désespère de trouver l'idée qui lui évitera de perdre la face. De cette surprenante angoisse naîtra Trop de fleurs?, récit de ses efforts pour découvrir un monde des plus mystéieux à ses yeux : la botanique.

  • Il fut un temps où Jean Kervella était marin.
    Désormais à la retraite, la routine s'ancre à l'immobilité de la terre ferme ; l'ennui de la vie à quai et la mélancolie s'installent. Alors, pour combattre l'appel du large et oublier qu'entraîné vers sa fin, ses forces peu à peu l'abandonnent, il se réfugie dans ses souvenirs. A travers cette histoire simple, Pierre Loti (1850-1923) décrit avec pudeur mais réalisme le destin de l'homme, irrémédiablement lié au temps qui passe.

  • « On a souvent agité la question de savoir lesquels des bons ou des mauvais instincts l'emportaient dans le coeur de l'homme. Je suis, à cet égard, du parti des optimistes ; mais, si je viens à songer aux traitements que nous faisons subir aux animaux, je m'afflige et je doute. Ce n'est pas parce que nous leur demandons des services, ou même parce que nous disposons d'eux ; c'est uniquement parce que nous les faisons souffrir sans nécessité. » Au nom de quoi l'homme se permet-il de faire souffrir les animaux ? De les exploiter pour son seul plaisir ? De les tuer pour éprouver sa supériorité ? Au nom de quoi se permet-il d'établir une hiérarchie dans le règne animal - pourquoi sommes-nous indifférents à la douleur d'une mouche alors que nous sommes sensibles aux jappements d'un chien ? Dans Il ne faut pas maltraiter les animaux, recueil de deux articles parus dans le Bulletin de la société protectrice des animaux en 1855 et 1857, Apollinaire Fée s'indigne, avec concision et conviction, de ces mauvais traitements, s'interroge sur notre vision restreinte du monde animal et s'alarme des risques de déséquilibre de l'organisation naturelle qui en découlent.
    En humaniste inquiet, il pointe du doigt le sentiment de surpuissance de l'homme - mise en garde qui est plus que jamais d'actualité : « Nous sommes les maîtres de la Terre pour user, et non pour abuser ; pour conserver, et non pour détruire. Nous la tenons à titre viager, et nous devons la laisser à nos descendants, améliorée, si nous le pouvons ; mais appauvrie ou détériorée, jamais. »

  • " À ma fille Aline, ce cahier est dédié. Notes éparses, sans suite comme les rêves, comme la vie toute faite de morceaux. Ces méditations sont un reflet de moi-même. Elle aussi est une sauvage, elle me comprendra..." Paul Gauguin entama la rédaction du Cahier pour Aline en décembre 1892, lors de son premier séjour à Tahiti. " Ce cahier essentiellement philosophique, écrit d'un moraliste au moins autant que d'un peintre ", comme le décrit Philippe Dagen dans sa préface, ne parviendra jamais à Aline, la fille tant aimée, qui mourut d'une pneumonie foudroyante en 1897 à l'âge de 19 ans.

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