Chandeigne

  • Le jésuite portugais Fernão Cardim, missionnaire dans les terres brésiliennes à la fin du xvie siècle, est un personnage clé pour la connaissance des Indiens du Brésil. Son parcours tient parfois du roman d'aventures.

    Cardim est envoyé au Brésil en 1582 pour rendre compte de l'avancée de l'évangélisation. Il se familiarise aussitôt vec l'environnement et observe finement la faune et la flore brésilienne, tout autant que les coutumes des populations indigènes. Il compile ses impressions dans deux textes qui reflètent toute la curiosité que ce territoire suscite chez celui qui le découvre. Nous publions ici l'un d'eux, De l'origine des Indiens du Brésil et de leurs coutumes, adoration et cérémonies, qui propose une description très détaillée des indiens, notamment tupinamba.

    Ces écrits ont eu un destin des plus rocambolesque ! Une fois au Brésil Cardim ne le quittera qu'une fois, le temps d'une mission à Rome. Alors qu'il s'apprête à revenir au Brésil, il est fait prisonnier par un corsaire anglais et sera retenu pendant 2 ans en Angleterre entre 1601 et 1603. Il porte dans ses bagages les deux textes. Le corsaire les vend immédiatement. Après maintes publications et traductions sous des noms erronés, ce n'est qu'en 1881 qu'un chercheur brésilien republie le traité en portugais et l'attribue à Cardim sans hésitation ! Voici donc une destinée hors du commun pour un texte qui offre de précieux renseignements sur les moeurs et coutumes indigènes et tout particulièrement les rites anthropophages.

    Cette première édition française apporte une nouvelle pierre à l'édifice des connaissances des sociétés brésiliennes. C'est une source riche et précise qui permet aussi de mieux comprendre des enjeux tout à fait contemporains, comme l'importance notamment de protéger les peuples et les communautés indiennes brésiliennes d'un gouvernement mortifère.

  • Amerigo Vespucci n'est pas seulement le personnage qui a donné son nom au Nouveau Monde. Ce Florentin, ami de Christophe Colomb, a laissé un témoignage vivant et très documenté sur les côtes orientales du continent américain, dont il avait pressenti l'existence, où l'on peut lire le premier témoignage sur les rites cannibales de « sauvages » et dont un des marins de l'expédition fit les frais. Vespucci a-t-il été le découvreur des côtes du continent américain ? La question peut sembler dérisoire, mais elle a suscité une longue polémique qui dure toujours. La controverse sur l'authenticité de ses quatre voyages et sur l'attribution de son prénom au Nouveau Monde fait l'objet d'une analyse détaillée dans cet ouvrage qui offre la première traduction intégrale des écrits de Vespucci : Le Mundus Novus, La lettera qui comprend le récit de quatre voyages, et enfin les lettres familières manuscrites. Il s'agit de textes fondateurs auxquels le grand public avait rarement accès.

  • En janvier 1627, une tempête exceptionnelle dans le golfe de Gascogne provoqua le plus terrible naufrage de l'histoire de la marine portugaise. Sept navires coulèrent, dont deux énormes caraques des Indes chargées de toutes les richesses de l'Orient, et cinq galions de guerre qui les escortaient : près de 2000 morts et moins de 300 survivants, des centaines de canons perdus, une fortune engloutie... Dom Francisco Manuel de Melo, âgé alors de 19 ans, fut l'un des survivants. Devenu l'un des grands écrivains portugais de son siècle, il publia en 1660 un récit superbe, baroque et étrange de cette tragédie en saluant les baleiniers de Saint-Jean-Luz qui sauvèrent au péril de leur vie une grande partie l'équipage de son galion. Mais d'autres sources, longtemps ignorées ou oubliées, éclairent ce désastre sous un autre jour plus sombre, mettant en lumière les rôles peu glorieux des pilleurs d'épaves de la côte landaise, de la noblesse d'Aquitaine en général et du duc d'Épernon en particulier.

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  • Magellan est le plus connu des navigateurs, son voyage, la plus extraordinaire des aventures, mais des dizaines d'erreurs et d'approximations, invariablement reprises de livre en livre, circulaient malheureusement dans tous les ouvrages, même réputés sérieux, notamment la biographie de Zweig. L'édition critique de l'intégralité des sources directes sur le Voyage de Magellan (1050 p.), publiée en 2007 par les éditions Chandeigne a pu rectifier ces erreurs et faire de nombreuses découvertes sur cette expédition. Elle est devenue l'ouvrage de référence dans le monde. Ce livre de poche fait la synthèse de cette édition critique. Il donne à lire le récit de Pigafetta, le plus célèbre des témoignages, accompagné des itinéraires détaillés. Un cahier couleurs rassemble les cartes de l'époque. L'appareil de notes développe les principaux apports de l'édition de 2007 et ajoute, chapitre par chapitre, tout ce que la relation de Pigafetta omet. Une annexe traite des navires et des équipages, dont la liste et le nombre ont été pour la première fois établis en détails. Ce livre de poche devient donc désormais l'édition de référence, accessible à tous, de la relation d'Antonio Pigafetta et du voyage de Magellan.

    Préface de Carmen Bernand & Xavier de Castro. Dossier cartographique en couleurs de Xavier de Castro. Édition établie par Xavier de Castro, Jocelyne Hamon et Luís Filipe Thomaz.

  • Longtemps réduites à celle du Nouveau Monde en 1492, les Grandes Découvertes furent beaucoup plus vastes et mobilisèrent non seulement l'Espagne et le Portugal, mais aussi marins, savants, banquiers et missionnaires de toute l'Europe.

    En moins de cent ans, le monde connu décupla, un océan et un continent furent découverts et, peu ou prou, l'espace fini tel que nous le connaissons aujourd hui.

    Comme tous les grands événements, les mythes empiètent sur les faits. De l'école de Sagres d'Henri le Navigateur - qui n'a jamais existé - au tour du monde de Magellan, de l'oeuf de Colomb aux vaisseaux en feu de Cortès et à la route des Indes de Vasco de Gama, sans compter l'imposante malle d'idioties que constituent à elles seules les pseudo-croyances au mythe de la Terre Plate, ou la forêt d'âneries proférées imperturbablement sur le voyage de Magellan, ce livre recense et analyse les idées reçues les plus répandues - cependant pas toujours complètement fausses - sur les Grandes Découvertes.

    Un livre étonnant et parfois très drôle que devrait lire de manière préventive toute personne abordant ces question, car les ouvrages de vulgarisation qui encombrent les rayons des libraires sont la plupart un immense bêtisier sans cesse recommencé où puise jusqu'à notre ministre, Marlène Schiappa, qui déclare au Sénat : « Ce n'est pas parce que la majorité des personnes pensent que c'est une mauvaise idée que ça l'est. Je vous rappelle que Galilée était tout seul face à la majorité pour dire que la Terre était ronde et qu'elle tournait. La majorité pensait qu'elle était plate et statique». Marlène Schiappa, 22-01-2018.

  • En 1543, les Portugais sont les premiers Européens à débarquer au Japon. Cet archipel lointain et mystérieux, plus ou moins localisé depuis 1515, est très vite identifié à la Cipango du récit de Marco Polo (c. 1300), représenté sur le globe de Behaim (1492).
    Aussitôt les Portugais y introduisent les armes à feu et nouent de fructueux liens commerciaux. En 1549, François Xavier et quelques jésuites débarquent à leur tour et fondent la mission chrétienne du Japon, pays dont ils seront deux ans durant les premiers explorateurs.
    Un riche cahier cartographique retrace l'historique de la représentation de l'archipel, d'abord sous la forme de la mythique Cipango, de 1459 à 1571, puis du Japon nouvellement découvert, de sa première apparition en 1550 jusqu'à sa forme presque définitive au début du xviie siècle, en passant par ses multiples avatars.
    Le livre rassemble ensuite les évocations de Cipango dans les sources historiques occidentales depuis 1300, puis du Japon dans les récits narrant la rencontre entre les Européens et Japonais de 1543 à 1552.
    Ces textes, écrits par des navigateurs, des aventuriers ou des jésuites témoignent de la fascination des Européens - non sans incompréhension - devant cette nouvelle civilisation, qu'ils jugent aussitôt supérieure à toutes celles qu'ils ont découvertes jusqu'alors.
    En miroir, un texte japonais, jamais traduit en français, raconte l'arrivée de ces hommes blancs, avec de longs nez et aux manières rustres, qu'ils appellent péjorativement les nanban-jin, les «barbares du Sud».

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  • On connaît un peu en France l'histoire de la tomate, de la pomme de terre, du maïs, originaire du Nouveau Monde, parce qu'ils ont conquis l'Europe et que leurs tribulations nous ont été vaguement enseignées à l'école.
    Mais on ignore qu'aux xvie et xviie siècles, quasiment toutes les plantes vivrières ont changé de continent, bouleversant complètement les habitudes alimentaires et les pratiques agricoles dans le monde entier, en particulier dans les zones tropicales. Ainsi les plantes typiquement asiatiques comme les cocotiers, les manguiers, les orangers doux, etc., vont se retrouver rapidement en Afrique et aux Amériques?; à l'inverse, les plantes américaines, les patates douces, les ananas, les arachides, les papayes, les noix de cajou, etc., vont s'implanter sur les deux autres continents?; l'Afrique fournira quelques plantes d'importance comme le café ou le palmier à huile. Et l'Europe diffusera sur les autres continents par exemple la canne à sucre.
    Cette diffusion s'est essentiellement faite sur les navires portugais de la ligne des Indes, disséminant graines et plants aux escales de Madère, Açores, São Tomé, en Angola, au Mozambique, puis à Goa - nouvelle plaque tournante d'échanges avec l'Extrême-Orient.
    Doté d'une riche iconographie d'époque, ce livre conçu à la manière d'un dictionnaire dresse le tableau de cette première mondialisation. Il retrace le voyage des 64 principales plantes vivrières consommées dans le monde et de quelques autres qui eurent un usage industriel plus ou moins important (hévéa, ricin, aleurite, rocou, etc.). Il donne les conditions de leur découverte?; leurs premières descriptions, appellations et images extraites des sources d'époque?; leurs multiples pérégrinations jusqu'à aujourd'hui?; pour chacune, les chiffres actuels de la production mondiale, son évolution et les principaux producteurs.

    Mendes Ferrão a travaillé toute sa vie sur l'agriculture tropicale, ses techniques, son histoire. Cet ouvrage est l'aboutissement de ses recherches. Le grand mérite de son travail est de révéler des sources portugaises, jamais citées, alors qu'à l'époque des découvertes les Portugais étaient présents sur tous les continents dans les zones tropicales. Du Brésil aux Moluques, en passant par l'Afrique, ils ont joué un rôle souvent pionnier pour acclimater la plupart des plantes vivrières sur d'autres terres que celles d'origine, bouleversant à jamais les équilibres alimentaires et agricoles sur la planète.

  • Après l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique (1492), le voyage de Vasco de Gama aux Indes par le cap de Bonne-Espérance (1497-1499) est l'un des événements majeurs de l'époque des Grandes Découvertes. Il se trouve que l'on a découvert en 1834 une relation du voyage de Vasco de Gama écrite par un homme qui y a personnellement participé, mais dont le nom n'est pas mentionné. Son identification avec un certain Álvaro Velho n'est pas certaine. Mais qu'importe. L'essentiel est que nous avons là un témoin oculaire. Cet homme n'est ni un écrivain, ni un chroniqueur, mais il partage les connaissances, les certitudes et parfois les illusions des marins portugais de son temps, et il parle de ce qu'il connaît. De là provient l'exceptionnel intérêt de ce récit. Cette nouvelle édition est complétée par les annexes du manuscrit (un mémoire sur les royaumes de l'Inde et un vocabulaire malais), et les trois lettres de marchands florentins présents à Lisbonne à l'arrivée des navires de Gama. Ces dernières rapportent des informations recueillies auprès des marins et constituèrent longtemps les seules narrations de cette expédition imprimées et divulguées en Europe.

  • Dès ses origines, l'expansion portugaise, que l'on prend ici de ses prémisses au XIVe siècle jusqu'au XVIIIe siècle, a constitué un phénomène historique d'une immense diversité, bien davantage que l'expansion espagnole. Celle-ci, en effet, se concentra en Amérique, entre les Caraïbes et les empires inca et aztèque, et malgré des différences abyssales entre les diverses civilisations rencontrées, il s'agit tout de même d'un monde qui trouve une certaine unité.

    L'expansion portugaise, elle, se déroula sur trois siècles à l'échelle de trois océans (Atlantique, Indien et Pacifique) et de trois continents (Amérique, Afrique, Asie), dans des contrées où les conditions géographiques, sociales, économiques et politiques étaient des plus variées. Quoi de semblable en effet, ne serait ce que dans le premier quart du xvie siècle, entre les pêcheurs de Terre-Neuve, les Indiens du Brésil abordé en 1500, les multiples peuples des deux côtes africaines, reconnues de 1434 à 1498, ceux de l'Inde (1498-1510), d'Ormuz (1507) et de l'Insuline (1511), de la Chine (1513) voire du Japon que les Portugais sont les premiers Européens à découvrir en 1543.

    Cet empire maritime portugais d'un type nouveau, était en fait un vaste réseau commercial, dont les Portugais eurent le monopole pendant presque tout le xvie siècle, avec des escales plus ou moins fortifiées sur la moitié du globe. Certaines furent l'embryon de comptoirs importants et durables (Goa, Macao), ou plus tard d'États (Angola, Mozambique, São Tomé et Principe, Guinée Bissau, Cap-Vert, Timor).

    Les chroniques ne nous laissent pas toujours entrevoir clairement la nature de cet empire, et s'en tiennent le plus souvent à consigner l'expansion officielle - c'est-à-dire, son volet impérial - et surtout les exploits de guerre. Ils délaissent ainsi les autres modalités d'expansion, comme la diaspora spontanée d'aventuriers et de marchands, qui dans certaines aires géographiques fut le fait majeur.

    Aussi a-t-il toujours été impossible jusqu'à présent d'offrir une synthèse sur ce sujet vaste et passionnant, qui a touché le monde entier du XVIe au XVIIIe siècle. Il fallait un livre qui soit à la fois lisible et vraiment concis, qui balaie nombre d'idées reçues et surtout qui n'élude pas la grande complexité des situations et des enjeux.

    Ce tour de force, Luís Filipe Thomaz l'a réalisé dans un ouvrage paru en espagnol en 2017 (Colombie), dont nous livrons ici une version remaniée et augmentée.

  • Willem Barentsz est le navigateur hollandais le plus célèbre en son pays, mais sa figure reste peu connue en France. Pourtant, il fut l'un des premiers à tenter le passage du nord-est vers la Chine lors de trois voyages mémorables de 1594 à 1596. Lors du troisième, il redécouvrit l'archipel du Spitzberg, le Svalbard des Vikings, dont la connaissance s'était depuis perdue. Poursuivant plus à l'est, son navire fut pris par les glaces au nord de la Nouvelle-Zemble.

  • François Caron (1600-1672), fils de huguenots français réfugiés aux Pays-Bas, s'engagea très jeune au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, fondée en 1602. Il vécut plus de vingt ans au Japon, y prit femme, y éleva six enfants, et y réussit si bien qu'il s'éleva dans la Compagnie jusqu'au poste de directeur général, avant de se retirer des affaires, en 1651.

  • « Les peintures de la voix ». Cette expression que Voltaire appliquait à toutes les formes d'écriture, est parfaitement adaptée aux anciens manuscrits mexicains où l'image a une place prépondérante.

    Ce recueil qui s'apparente à un guide à contenu didactique, s'attache à décrire et à analyser d'une manière générale les codex mexicains (aztèques et mixtèques) et à montrer quelle fut leur originalité. Il souligne aussi leur valeur documentaire et esthétique. Ils constituent des sources privilégiées pour la connaissance des cultures anciennes du Mexique et reflètent des éléments fondamentaux d'un monde qui a brutalement disparu.

    Il s'agit de familiariser le lecteur avec un monde ignoré et de lui proposer un premier contact, une sorte de parcours initiatique sans difficulté majeure, tout au long duquel il trouvera une riche iconographie et quelques explications élémentaires sur l'histoire et sur la signification de ces manuscrits.

    Le foisonnement des images, le mystère qu'elles recèlent dans les rares codex antérieurs à la conquête et ensuite dans leur évolution postérieure, proposent aux lecteurs la surprise d'un choc exotique.

  • Trois récits de naufrage devenus classiques de la littérature de voyages, témoignages de l'exploration de la route des Indes après Vasco de Gama, au XVIe siècle.

  • Magellan (1521) est le plus célèbre des navigateurs, niais jamais l'ensemble des sources cartographiques et narratives se référant à son incroyable épopée n'avait été rendu accessible au grand public. Cette lacune est désormais comblée par cet ouvrage, paru une première fois en 2007 et salué par les critiques et les historiens comme la référence sur le sujet. Le texte central en est naturellement la transcription de la célèbre relation du " premier voyage autour du monde " d'Antonio Pigafetta, l'un des survivants de l'expédition, À la lumière des témoignages et des chroniques du XVIe siècle, sans oublier les plus récentes études, ce livre fait la synthèse des connaissances sur le sujet, démonte les très nombreuses idées fausses ou inexactes reprises de livre en livre depuis un siècle, et ouvre de nouvelles perspectives pour l'interprétation de quelques énigmes. Les autres sources des témoins directs, notamment les récits, lettres et dépositions des compagnons de Magellan, sont livrées dans leur intégralité et offrent un nouvel éclairage sur le récit de Pigafetta. Cette édition présente également de nombreuses et très riches annexes : les itinéraires, les cartes d'époque antérieures ou immédiatement consécutives au voyage, une description des navires et de leurs équipements, une bibliographie exhaustive, un index pléthorique, et enfin un répertoire biographique des 242 marins embarqués (237 au départ de Séville). Parmi ceux-ci, le lecteur apprendra qu'il y eut 90 survivants, dont 35 firent effectivement le tour du monde, lors d'une navigation de trois ans qui restera dans l'histoire comme la plus fascinante des aventures maritimes jamais tentées.

  • En 1455, au cours d'une escale involontaire au sud du Portugal, Alvise Ca' da Mosto, jeune patricien vénitien désargenté, se laisse convaincre par l'infant dom Henrique de tenter l'aventure africaine.
    Honneur et fortune sont les objectifs qu'il poursuit lors de deux expéditions maritimes jusqu'aux côtes à peine reconnues du Sénégal et de la Gambie. Au passage, il découvre certaines îles du Cap-Vert. Le regard d'Alvise n'est pas celui d'un chroniqueur officiel mais d'un marchand sans préjugés et curieux de tout, répugnant à l'affabulation et d'une surprenante ouverture d'esprit. La description des paysages et des péripéties de la navigation alterne avec celle de la vie quotidienne des Berbères azenègues et des Noirs de Guinée, conférant au récit un intérêt ethnologique évident.
    /> Ses dialogues avec le roi Budomel et son neveu Bisboror sont restés célèbres pour leur bonne humeur et leur vivacité. Ces Voyages, rédigés avec grande liberté de ton et allégresse de style, constituent l'un des tout premiers témoignages occidentaux sur l'Afrique noire.

  • En 1552, le dominicain Las Casas publie à Séville la plus terrible des dénonciations des excès du colonialisme : la Très brève relation de la destruction des Indes. Les conquistadors y sont des diables qui pillent, tuent et allument des brasiers d'enfer. Cette apocalypse s'appuie sur une théologie rigoureuse du droit naturel : les Indiens, propriétaires légitimes de leurs terres, ont des droits de juste guerre contre les envahisseurs.
    L'humanité indienne, au lieu de constituer une chrétienté idéale est maintenant l'image du Christ bafoué. Las Casas s'inscrivait dans le courant minoritaire mais actif de ce qu'on a appelé la lutte espagnole pour la justice. Mais il ne pouvait se douter que les traductions de son pamphlet serviraient la cause de la légende noire anti-espagnole.
    La traduction que l'on publie est celle du protestant flamand Jacques de Miggrode, sous le titre manipulateur de Tyrannies et cruautés des Espagnols (1579). L'impact des très nombreuses rééditions fut amplifié par la diffusion des gravures de De Bry. Pour la première fois depuis des siècles, cette série capitale dans l'histoire de la guerre des images entre protestantisme et catholicisme, est rééditée intégralement avec le texte de Las Casas et une partie des aquarelles qui l'ont inspirée.
    Cette édition propose une nouvelle introduction de Jean-Paul Duviols qui retrace le parcours et le combat de Bartolomé de Las Casas.

  • 1492-1592 : un siècle exactement sépare la découverte de l'Amérique de la mort de Montaigne, un siècle tout juste suffisant pour prendre la mesure d'un événement qui a bouleversé la face de la terre, renversé les certitudes anciennes et révélé à l'humanité de l'Ancien Monde l'autre moitié d'elle-même.
    Comme beaucoup de ses contemporains, Montaigne voit l'Amérique au prisme des Indiens tupinamba alliés des Français lors de l'éphémère tentative de colonisation du Rio de Janeiro par Villegagnon en 1555. Cet échec a engendré une vision idéalisée du sauvage, dont la contrepartie est la condamnation de la Conquête espagnole et portugaise. Du tableau pessimiste d'un " monde enfant " écrasé et dévasté qui emprunte plus d'un trait à Bartolomé de Las Casas, Montaigne se garde pourtant de déduire un quelconque " jugement de Dieu ".
    Il rompt avec une conception théologique de l'histoire pour dresser le procès du présent et placer l'Europe de l'âge moderne devant ses responsabilités et ses crimes. Le présent livre rassemble autour de sept chapitres des essais publiés intégralement, dont " Des Cannibale " et " Des Coches ", les " sources " et les " fortunes ", les premières allant d'Erasme à Lopez de Gomara, et les secondes de Shakespeare à Goethe et à Chateaubriand.
    Cet ensemble de documents rassemblés pour la première fois permet d'apprécier le rôle fondateur des Essais pour l'anthropologie d'aujourd'hui.

  • L'histoire de la reine Nzinga ou Njinga, retombée de nos jours dans l'oubli, est cependant un des épisodes les plus étonnants de l'histoire africaine. Cette femme, reine du royaume angolais de Matamba pendant 40 ans, résista une trentaine d'années aux Portugais avant de conclure la paix et de se convertir au catholicisme. Ce ne fut pas sans mal, car elle dut confesser tous ses crimes, qui étaient nombreux. Ce récit authentique nous plonge « au coeur des ténèbres », en compagnie d'une femme exceptionnelle, intelligente, cruelle, sexuellement dominatrice, qui peu à peu, autant par calcul que par sincérité, abandonne ses anciennes pratiques pour se convertir, elle et son peuple, « miraculeusement » au catholicisme. Elle mourra à 81 ans, presque en odeur de sainteté, avant que le rejet de la greffe chrétienne et les guerres ne replongent le pays dans le chaos.
    Le témoignage de son confesseur Cavazzi, un prêtre capucin, est exceptionnel, car l'homme est attentif à tous les détails des pratiques de la vie quotidienne autant qu'à ceux des « cultes diaboliques » que les autres missionnaires répugnent même à évoquer.
    Par ses descriptions, et aussi par ses dessins - présentés ici pour la première fois, Cavazzi livre non seulement un récit littéraire et historique d'une grande force, mais aussi un incomparable document ethnographique sur l'Afrique centrale au XVIIe siècle.

  • Au milieu du canal de Mozambique, par 21° 27' S et 39°42 E, gît un haut-fond qui terrifia des générations de marins. Les Bassas da India, autrefois appelés Baixos da Judia (les " Bancs de la juive ") et depuis 1897, possession française, forment un atoll de coraux fragiles et tranchants de 30 km de circonférence et qui disparaît à marée haute. Cimetière de centaines de navires et de leurs équipages, il fut le théâtre de l'un des plus effroyables naufrages de l'histoire tragico-maritime : celui de la nef portugaise Santiago, survenu la nuit du 19 août 1585.
    Les témoignages des rares survivants sont hallucinants. Ils nous décrivent des hommes ensanglantés implorant Dieu au milieu de nulle part, battus par des flots charriant épaves et cadavres. Seule lueur d'espoir : la fuite sur des radeaux de fortune des plus forts et des plus hardis, qui croient échapper à cet enfer en gagnant, tenaillés jusqu'à la folie par la faim et la soif, les côtes de Mozambique. À terre, cependant, d'autres épreuves les attendent...

  • La Chronique de Guinée de Gomes Eanes de Zurara est le document le plus important de l'histoire de la découverte de la côte occidentale africaine à la fin du Moyen Age.
    Fondée sur les récits des marins, elle couvre les années 1433-1448 qui correspondent à l'exploration de cette côte, du cap Bojador jusqu'aux parages du cap Vert.Son intérêt est multiple. Tout d'abord, le portrait qu'elle nous trace de l'infant Henri le Navigateur, grand initiateur de l'expansion maritime, est un des rares témoignages que nous possédons sur cette figure hautaine, un peu froide et mystérieuse, d'ascète et de réalisateur.
    Ensuite, elle décrit pour la première fois la rencontre des Européens avec les maures du Sahara, puis avec les Noirs. Celle-ci s'est d'abord écrite en lettres de sang :
    Escarmouches, razzias et massacres préludent au commerce des biens et des esclaves. Mais l'attitude des Portugais s'avère parfois ambiguë. Zurara n'hésite pas à nous faire part de sa compassion pour les victimes, et il est difficile de trouver des pages plus poignantes que celles du partage des captifs ramenés à Lagos en 1444.
    Le texte rassemble enfin des informations sur les habitants des Canaries et le peuplement des îles de Madère et des Açores. OEuvre unique à son époque, la Chronique de Guinée reste aujourd'hui un témoignage méconnu sur un épisode dramatique et fondamental de l'histoire universelle.

  • Le récit de captivité d'Auguste Guinnard (1852-1855).
    Une expédition hasardeuse à travers la Pampa, une boussole rouillée, et voici qu'Auguste Guinnard, jeune Français âgé de 24 ans parti faire fortune en Argentine, découvre la dure réalité de l'esclavage. Enlevé par des Indiens Poyuches, il sera au cours de trois ans de captivité vendu à deux autres tribus, les Puelsches, puis les Pampas.
    Affamé, battu, gelé, toujours dévêtu, c'est à son insatiable curiosité qu'il devra son salut : du fond de sa misère, il ouvre grand les yeux ; il observe et il raconte tout. "La peau douce comme du satin, et même brillante" des uns, "les ongles gracieusement enracinés et portés fort longs" des autres ; les hommes qui rouent de coups leurs femmes - il est vrai "qu'elles les surpassent en laideur" - et font les quatre volontés de leurs enfants ; les fêtes où chacun arbore ses plus beaux atours, qui un haut-de-forme, qui une botte unique ; la musique passion patagone au même titre que le jeu ou l'ivrognerie ; les chevaux, que Guinnard apprendra à traiter et à qui il devra sa vie. Mais aussi la naissance et la mort, la religion et la médecine, et même la langue.
    Au bout de l'enfer, la fuite. Trois chevaux crevés sous lui, les Andes traversées à Pied et c'est enfin l'embarquement pour Paris où il arrivera aussi pauvre qu'il l'était au départ. Son récit de vie, plus passionnant qu'un roman, est surtout un extraordinaire témoignage d'un ethnologue-né sur ce qu'était la Patagonie il y a un siècle et demi.

    Publié en 1861 dans la revue le Tour du Monde, ce texte a connu deux éditions française incomplètes et épuisées actuellement. Cette édition qui reprend l'intégralité du témoignage de Guinnard et des illustrations, est complétée par une anthologie de textes du XVe siècle au XIXe sur les Patagons et par un dossier iconographique couvrant aussi cinq siècles de rencontres avec les tribus patagones.

  • Joâo dos Santos est passé à la postérité grâce à son ouvrage intitulé Ethiopia orientale et histoire variée des choses notables de l'Orient.
    Publié en 1609, il conclut un séjour de onze ans (1586-1597) effectué dans le Sud-Est africain, région qui correspond à l'actuel Mozambique et, dans une moindre mesure, au Zimbabwe et au Malawi. Grâce à l'expérience et à la culture de l'auteur, cette oeuvre est une source historique inégalée pour cette partie du monde au XVIe siècle. Au-delà du Sud-Est africain, elle traite également de toutes les contrées de l'océan Indien et s'attarde longuement en Inde portugaise.
    Joâo dos Santos était un fin observateur et un excellent narrateur de tout ce dont il a été témoin. Sa peinture des moeurs et coutumes des populations Bantou est d'une grande précision, il nous livre une des meilleures descriptions du Monomotapa et illustre ses propos par de nombreuses anecdotes qui en vivifient la lecture. L'auteur a, en outre, une position originale : souhaitant faire oeuvre universelle, il élabore une anthologie littéraire des récits de voyage contemporains du sien ; le texte est donc enrichi de récits de naufrages, de digressions sur les missions en Inde et en Asie, d'une histoire du Prêtre Jean, etc.
    Ethiopia orientale est non seulement une remarquable somme géographique et naturaliste, mais aussi l'affirmation éloquente de l'omniprésence portugaise dans cette partie du monde et du rôle éminent des missions religieuses dont le Portugal avait alors le patronage.

  • En 1782, au Japon, sous le règne des Tokugawa, un bateau chargé d'une cargaison de riz à destination de la capitale quitte le petit port de Shiroko. Le trajet de routine vire à la catastrophe. La tempête survient, le navire perd son mât, dérive et, après plus de deux mois d'errance, échoue sur l'une des îles Aléoutiennes, Amtchitka, lointaine possession de l'empire de Russie, alors régi par Catherine II. Débute alors, pour l'équipage et son capitaine Kôdayû, une odyssée de plusieurs années qui va le mener, via la Sibérie et la Russie, jusqu'à Saint-Pétersbourg, où l'impératrice, désireuse de promouvoir les relations russo-nippones, décide de le faire rapatrier. De retour en 1792, Kôdayû est soumis à une suite d'interrogatoires. Celui mené par Katsuragawa Hoshû donnera un livre " Notes brèves d'une dérive au Nord ", dont nous publions la première traduction en français. C'est d'abord le récit du destin tragique et fabuleux d'une poignée de matelots projetés du Japon, censément fermé et hostile, dans un univers inconnu et inhospitalier, mais policé et raffiné par d'autres aspects : la Russie. C'est aussi l'étude précise et scientifique du monde russe, menée par Katsuragawa, médecin de cour, marqué par l'esprit des Lumières et de l'Encyclopédie. C'est enfin l'image de la Russie occidentale et extrême-orientale, et un document exemplaire sur la manière dont le Japon de l'époque d'Édo découpait le visible pour se représenter l'étranger.

  • Le plus grand titre de gloire d'amerigo vespucci est d'avoir donné son nom au nouveau monde.
    Cette attribution a été à l'origine d'une controverse qui fait ici l'objet d'une analyse détaillée. il faut aussi retenir que ses relations de voyage ont connu, au début du xvie siècle, le plus grand succès d'édition pour des textes contemporains depuis l'invention de l'imprimerie. vespucci a été le premier à évoquer les côtes et les forêts du brésil dans des récits à la qualité littéraire certaine, écrits dans un style vivant et imagé.
    Ses aventures de navigateur, d'astronome et de conquérant, ses rencontres avec les " sauvages ", nous entraînent dans la nature paradisiaque de la " terre des perroquets ". les hommes y sont forts, agiles, à l'esprit vif, les femmes y sont belles et accueillantes. il nous fait pénétrer dans des villages perdus de la forêt vierge, il décrit avec étonnement les maisons sur pilotis de la " petite venise " (qui a donné son nom au venezuela) et enfin, il nous fait partager son horreur devant les rituels cannibales décrits ici pour la première fois et dont un des marins de son expédition fit les frais.
    Le mundus novus, la lettera et les lettres familières, textes fondateurs du mirage américain en europe, sont traduits ici dans leur intégralité pour la première fois en français.

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