max lobe
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Accoudé à la fenêtre de son appartement genevois, Benjamin tend l'oreille vers les voix de son passé. Le voici dans le salon de son enfance, à Douala, écoutant son intarissable père conter l'histoire du Cameroun. Ses marionnettes politiques aux commandes ; ses héros aussi, comme le grand-père Wolfgang, résistant de la première heure face à la chose blanche. Lorsque sa goutte le lui permet, ce père fantasque et bedonnant quitte son fauteuil pour esquisser quelques pas de funky-makossa. Mais quand l'humeur dérape, Estha Minlah la valeureuse sait tenir tête à son sangôh de mari, pour protéger son fils de ses attaques homophobes.
Tout au long de ce roman, aussi intime que politique, Max Lobe nous fait swinguer tout en accomplissant un important devoir de transmission.
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Jean et Simon sauront-ils retrouver Roger ? Ce dernier a fui une mère colérique pour courir après son rêve, devenir une star du football. Quitter Douala, passer par le Nigeria pour gagner l'Europe : dans le jargon, on appelle ça boza. Loin de Douala nous entraine au coeur des péripéties initiatiques des deux jeunes garçons vers le nord du Cameroun, région à la nature somptueuse, quoique sinistrée par le groupe Boko Haram. Entre gravité, urgence et légèreté, Max Lobe excelle à restituer les atmosphères qui règnent dans la rue, les trains, les commissariats de police ou les bars mal famés.
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De retour au pays, Max Lobe est parti dans la forêt bassa rencontrer la vieille Mâ Maliga pour qu'elle lui raconte ce qu'elle sait du mouvement de l'indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Confidences est le récit de cette femme volubile et espiègle, qui a vécu dans sa chair la résistance contre la puissance coloniale. En racontant, elle n'oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur.
C'est donc avec un mélange de légère ivresse et de profonde gravité que le lecteur découvre l'histoire de l'indépendance du Cameroun et de sa guerre cachée. Max Lobe est né à Douala, au Cameroun, et vit aujourd'hui en Suisse. Il est notamment l'auteur de 39 rue de Berne et de Loin de Douala. Pour Confidences, il a reçu le prix Ahmadou Kourouma en 2017. "Nous voulions notre liberté. On voulait que ces gens-là, que ces Blancs-là, que ces Poulassi-là s'en aillent et qu'ils nous laissent, nous, ici, en paix dans notre pays, dans nos forêts". -
Habitant avec sa mère Mbila la rue de Berne, Dipita jette un regard vif et joyeux sur ce quartier chaud de Genève. C'est là qu'à 16 ans, Mbila, arrivée du Cameroun, a été brutalement projetée dans la prostitution. Depuis, elle se débrouille et raconte sa vie à Dipita, qui aime l'écouter ; il aime aussi son oncle resté au pays, même si c'est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Mais c'est l'univers exclusivement féminin des prostituées du quartier qu'il aime par-dessus tout, leurs commérages, leur générosité et leur tolérance.
Dans une langue très colorée et vivante, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papiers que les paradoxes et les souffrances d'un tout jeune homme noir et homosexuel. -
AcaDa-Writa est le raconteur d'histoires d'Élobi, république de Crevetterie.
Au bar d'Uncle Godblessyou, il trompe l'attente du peuple crevettard avec sa panoplie de fables. Dans sa tête, Dibéa le fou occupe beaucoup de place. Il se manifeste sans crier gare, s'empare de la bouchanus de son hôte pour réclamer l'avènement du Grand Jour que tout le monde attend à Élobi, celui où Sa Phall'Excellence et Sa Clith'Altesse apparaîtront devant le peuple pour lui accorder sa part de richesse.
Mais seuls les Calaos-Cabellos, percepteurs de l'impôt royal, toquent aux portes des habitants pour leur soutirer leur bien le plus personnel et précieux, leurs cheveux, leur âme. Tout ça pour que Sa Royale Bien-Aimée puisse se coiffer d'une Tour Eiffel grandeur nature en mèches authentiques.
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Mwána vit dans un pays au coeur de l'Europe, avec ses cousins blancs qu'il connaît bien. Certains parmi eux sont décidés à chasser les moutons noirs de leur territoire. La traque est lancée, les esprits s'échauffent. C'est dans ce contexte que Mwána cherche un emploi. Et rien n'est gagné.
Le jour où il décide de dépenser ses derniers centimes pour entendre la voix de sa mère restée là-bas, au Bantouland, sa vie se fige dans une parenthèse douloureuse. Mwána ne la reconnaît plus. Ah Nzambé ! Il traverse des moments cailloux dont il sait malgré tout savourer le sel. Grâce à son esprit vif et profondément joyeux, grâce à Ruedi le rouquin, à Madame Bauer la passionaria, ou encore grâce à Kosambela, sa soeur très catholique.
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Écarts et correspondances : le musée Barbier-Mueller & Jacques Kaufmann, céramiste
Jacques Kaufmann, Stéphanie Le follic-hadida, Max Lobe
- In Fine éditions d'art
- 4 Mai 2022
- 9782382030936
Sanctuaire d'objets d'origines diverses, tous plus remarquables les uns que les autres, le musée Barbier-Mueller rassemble une collection reconnue internationalement comme un haut lieu des arts dits « primitifs », ou « arts lointains », selon la variation des terminologies dans le temps.
La céramique, qui s'inscrit dans le champ de l'art contemporain et de ses pratiques contextuelles, cherche également à rencontrer ce qui fait permanences et écarts au sein des expressions humaines, à travers le temps et l'espace. Dans le domaine des arts, le passé ne passe pas vraiment. Les formes se réactivent, re-émergent, se réapproprient les unes et les autres, se retrouvent.
Les écarts, correspondances, conjonctions, analogies, intervalles entre des oeuvres permettent de percevoir tout ce qui peut contribuer à rendre effectif cet effort collectif de l'humanité dans la durée pour répondre à ses besoins fondamentaux d'ordre spirituel. Les permanences et les mouvements des formes contredisent la notion de progrès en art.
Le projet s'est construit autour de rapprochements entre des pièces sélectionnées dans les collections Barbier-Mueller et des oeuvres que Jacques Kaufmann a réalisées dans son atelier et dans le monde, sur des temps longs, tentant d'en cerner les points de rencontre comme les écarts. -
Important issues of violence, terrorism, homosexuality and migration feature in A LONG WAY FROM DOULA , the first publication in English of a work by Max Lobé, an important new voice in African writing.
On the trail of Roger, a brother who has gone north in search of football fame in Europe, Choupi, the narrator, takes with him the older Simon, a neighborhood friend. The bus trip north nearly ends in disaster when, at a pit stop, Simon goes wandering in search of grilled caterpillars. At the police station in Yaoundé, the local cop tells them that a feckless boza who wants to go to Europe is not worth police effort and their mother should go and pleasure the police chief if she wants help! Through a series of joyful sparky vignettes, Cameroon life is revealed in all its ups and downs. Issues of life and death are raised but the tone remains light and edgy. -
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Genève-Kin 2020 : La correspondance
Miss M. Bangala, Max Lobe, Lolvé Tillmanns
- Gope
- 29 Octobre 2020
- 9782940648207
Tout part du projet GenevAfrica dont le but est de jeter des ponts culturels entre les auteurs suisses et africains continentaux. Première escale : Kinshasa en RDC. De juin 2019 à juillet 2020, les romancières suisses Anne-Sophie Subilia et Lolvé Tillmanns ont entretenu une correspondance, respectivement avec le romancier kinois Richard Ali A Mutu et la promotrice du livre kinois Miss M. Bangala.
Une correspondance via courriels animée par l'auteur genevois d'origine camerounaise, Max Lobe. -
Genève-Bamako 2025. La Correspondance
Jeanne Diama, Dominique Ziegler, Catherine Lovey, Silvana Moï Virchaux
- Bsn Press
- Fictio
- 16 Février 2026
- 9782940516445
Cette correspondance est la quatrième du genre. Pour cette édition, la direction bicéphale de GenevAfrica, Max Lobe et Silvana Moï Virchaux, fait un choix de rupture nouant une relation épistolaire entre Genève et Bamako et plus largement entre la Suisse et le Mali. Le binôme Jeanne Diama et Dominique Ziegler questionne la place de l'homme blanc face à celui de la femme noire, deux pôles de l'humanité que tout semble opposer. Le binôme Catherine Lovey et Alioune Ifra Ndiaye engage quant à lui une réflexion sur l'après chaos: combien de temps faudra-t-il pour remettre sur pied ce qui a été cassé?
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The narrator, Mwana, is a young man from Bantuland, living in Geneva. A graduate from a Swiss university, we first encounter Mwana waiting for a bus in the hills of Lugano gazing at a poster calling for "black sheep" to be sent home. Mwana's efforts to find work are fruitless until he lands an internship in an NGO campaigning against racial discrimination. The team is busy organising a demonstration against the black sheep poster. Mwana has one foot in each culture. He sees Swiss society through African eyes, with all its contradictions: its moderation, stunning landscapes and its eccentricities, but also its intolerance and inflexibility. He also casts a critical eye on his native Africa, the weight of its traditions and beliefs. Is belonging nowhere the price Mwana has to pay for these insights?
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Genève-Ouidah 2022 : La correspondance
Marion Emonot, Max Lobe (Ed.), Jérôme Tossavi
- Bsn Press
- 8 Mai 2022
- 9782940648887
Deuxième volet du projet GenevAfrica dont le but est de jeter des ponts culturels entre les auteurs suisses et africains continentaux. Une occasion exceptionnelle qui permet à quatre «gens» de lettres de se dévoiler de manière inédite. Avec une écriture portée au gré de leurs humeurs. Souvent timides, zélés, gais ou fatigués par le rythme soutenu de leur vie d'artiste, nos quatre correspondants proposent un autre regard sur des sujets très actuels : les identités de genre, de race, les féminismes vus d'ici et de là-bas, et la belle palabre politico-culturelle entre Sud et Nord.