Jonathan Miles

  • Le radeau de la Méduse

    Jonathan Miles

    • Zeraq
    • 2 Juillet 2015

    De bon matin le 17 juillet, alors qu'ils prenaient leur minuscule dose de vin, ils aperçurent une voile. La joie les sortit de leur délire et ils firent tout pour attirer l'attention du bateau. Il était si loin qu'ils voyaient à peine le haut des mâts de ce qui, par la suite, s'avéra être un brigantin. Ils fixèrent des chiffons de couleur au cerclage allongé d'un baril et un homme fut hissé en haut du mât pour lancer des signaux. Pendant une demi-heure, les estomacs restèrent noués par l'angoisse de l'attente. Certains imaginaient que le bateau s'approchait, d'autres qu'il s'éloignait, jusqu'à ce qu'il disparaisse réellement sous l'horizon. L'excitation retomba, laissant place à une atroce désolation. «Maintenant j'erre et m'égare toujours. Je cherche vainement à m'appuyer; rien n'est solide, tout m'échappe, tout me trompe.» Théodore Géricault En juillet 1816, la frégate française la Méduse fait naufrage au large des côtes du Sénégal. Cent quarante-sept désespérés vont chercher refuge sur un radeau qui sera abandonné en mer pratiquement sans vivres. Pendant douze jours, les survivants se déchirent, s'entretuent, se mangent les uns les autres. À l'aube du 17 juillet, quinze seulement sont sauvés ; ils ont survécu au terrible carnage dû à la désorganisation, à l'incompétence des commandants et alimenté par le désespoir fou des naufragés. Théodore Géricault décida d'utiliser ce fait divers cru pour un tableau qui allait changer l'idée de la peinture. Lui aussi naufragé de l'existence, accablé par une histoire d'amour sans espoir, pendant neuf mois il va s'enfermer dans son atelier et travailler sur l'immense toile de cinq mètres par sept. Mais la peinture, qui décrit aussi la tragédie de la Restauration, la désillusion de l'ère napoléonienne, le triste renoncement à l'enthousiasme révolutionnaire, se heurte à la banalité de la pensée commune, à l'horreur du scandale, et conduit le peintre à une fin précoce.
    Histoire emblématique de commandants mesquins, de victimes sacrificielles et d'artistes héroïques, l'affaire du Radeau de la Méduse semble trouver dans l'époque actuelle un parallélisme parfait qui en fait non pas le compte-rendu d'un fait divers du XIXème siècle, mais plutôt une anticipation féroce et visionnaire de notre temps.

  • Si on devait imaginer le parfait espion, il prendrait certainement les traits d'Otto Katz : intelligent, séducteur et impitoyable.
    L'histoire d'Otto Katz (1893-1952), espion tchèque à la solde de l'URSS, nous plonge au coeur des enjeux politiques de la première moitié du XXe siècle. S'y croisent des personnalités flamboyantes, depuis les membres de l'avant-garde littéraire européenne jusqu'aux célébrités d'Hollywood en passant par les espions les plus importants du temps.
    Otto Katz a pris part à toutes les formes de la lutte antinazie, notamment par le biais de la propagande. En suivant ses pérégrinations entre Berlin, Paris, Londres, Barcelone, New York et Los Angeles, on comprend à quel point Staline a tenté d'influencer les opinions publiques.
    À travers les masques d'Otto Katz, c'est une histoire parallèle de l'époque qui se lit : la vraie nature de la guerre civile espagnole ; l'asservissement à l'URSS des communistes de l'Ouest ; le meurtre de Trotski ; les activités politiques peu connues de Marlene Dietrich. Otto Katz - Vies et mort d'un espion lève ainsi le voile sur ceux qui ont secrètement fait l'histoire.
    Survivant à tous les soubresauts de son temps, Otto Katz a finalement été piégé par la paranoïa du régime communiste. Victime des purges antisémites, son exécution en 1952 à l'issue du procès Slansky - le même qu'Arthur London a raconté dans L'Aveu - en fait l'une des ultimes victimes de Staline.

  • Traveling to the wedding of his estranged daughter and left stranded in O'Hare Airport when his flight is cancelled, Bennie Ford, a fifty-three-year-old failed poet and translator, begins writing a letter of complaint to the airline that evolves into a painful lament for a life that has gone badly awry. Reprint.

  • Je jette donc je suis. Et si nous étions tous les déchets de quelqu'un ? Un jeune couple squatte un apparte¬ment new-yorkais et vit de récup et d'eau fraîche ; un linguiste enlisé dans la crise de la cinquantaine jongle entre sa femme infidèle et l'Alzheimer de son père ; une veuve du 11 Septembre ¬s'inter¬roge sur son avenir et celui de sa famille recom¬posée. Leurs points communs ? Le désir et le rejet, qui les poussent - chacun à sa façon - à vouloir toujours plus, ou toujours moins, jusqu'à ce que leurs mondes délabrés en viennent à se frôler.
    A travers ces portraits de femmes et d'hommes jetés dans le monde, ces êtres aussi ¬magnifiquement banals et uniques que les détritus qu'ils produisent, Tu ne désireras pas est un miroir tendu où l'or le dispute à l'ordure. Satire acide de notre société, ce roman profond capture par sa langue ¬fascinante l'anxiété et le désespoir qui se dégagent de nos excès. Rédemption pleine de tendresse, Tu ne désireras pas de Jonathan Miles fouille néanmoins nos existences pour voir si dans les décombres il ne resterait pas quelques morceaux d'amour, encore fumants.

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