Gallimard

  • « On causait à coeur ouvert. Hector Merlin seul ne riait pas. Lucien lui demanda la raison de sa raison.
    - Mais je vous vois entrant dans le monde littéraire et journaliste avec des illusions. Vous croyez aux amis. Nous sommes tous amis ou ennemis selon les circonstances... Vous vous apercevrez avant peu que vous n'obtiendrez rien par les beaux sentiments. Si vous êtes bon, faites-vous méchant. Soyez hargneux par calcul... Pour être aimé, ne quittez jamais votre maîtresse sans l'avoir fait pleurer un peu ; pour faire fortune en littérature, blessez toujours tout le monde, même vos amis, faites pleurer les amours-propres : tout le monde vous caressera. »

  • Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : Mouvement littéraire, le réalisme balzacien ; genre et registre, un bric-à-brac littéraire ; l'écrivain à sa table de travail, une ambition démiurgique et architecturale ; groupement de textes, le héros romanesque et la société, expériences du désenchantement ; chronologie, Balzac et son temps ; fiche, des pistes pour rendre compte de sa lecture.

  • Grandet est le prince des avares : il jouit en secret de son or tandis qu'il tyrannise sa famille en l'entretenant dans la pauvreté. Mais c'est aussi un héros de la finance, un spéculateur moderne. Seul point faible dans ce caractère de bronze : l'amour pour sa fille.
    Amoureuse de son cousin Charles, jeune élégant ambitieux, Eugénie est prise entre passion et amour paternel, désir et devoir. La fatalité va la priver de l'amour et la contraindre à ne s'occuper que d'argent. Telle est la destinée tragique de la belle héritière, qui voit ses sentiments pervertis par l'avidité des hommes.
    Eugénie Grandet est le grand roman de l'argent qui corrompt tout. Satire des moeurs de province, cette comédie noire est aussi l'histoire d'une femme sincère et fidèle, dans un monde qui ne l'est pas.

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  • « On ne marie pas aujourd'hui, sans dot, une fille aussi belle que l'est mademoiselle Hortense, reprit Crevel. C'est comme un cheval de luxe qui exige trop de soins coûteux pour avoir beaucoup d'acquéreurs. Vous ne pouvez, dans la situation où vous êtes, marier votre fille que de trois manières : par mon secours, vous n'en voulez pas ! et d'un ; en trouvant un vieillard de soixante ans, très riche, sans enfants, et qui voudrait en avoir, c'est difficile, mais cela se rencontre. Et de deux ! La dernière manière est la plus facile... »

  • Un des mythes fondateurs de l'histoire de la condition féminine.
    Avec la femme de trente ans, le thème immémorial de l'émancipation des femmes sort de la fable ou de l'illusion comique pour s'insérer dans le contexte de la société libérale issue de la révolution de 1830. la liberté politique, c'est aussi, pour la femme jusque là enfermée dans ses devoirs d'épouse et de génitrice, le droit à l'indépendance morale et au désir. " a trente ans ", l'héroïne de balzac découvre que non seulement elle peut encore être aimée mais qu'il ne lui est plus interdit de devenir un être humain à part entière.
    Au prix de quelles luttes ! comme l'écrit pierre barbéris, " balzac a découvert la femme de trente ans comme marx a découvert le prolétariat ".

  • Elle, c'est Ginevra di Piombo : belle, fière et corse. Arrivée à Paris encore enfant et élevée dans l'amour de la famille. Lui, c'est Luigi Porta : charmant, tendre et... corse. Soldat de Napoléon, héros puis proscrit. Leur rencontre naît d'un hasard, leur amour d'un regard : un vrai conte de fées... mais, comme il se doit, semé d'embûches. Pour Ginevra et Luigi, il n'y en a qu'une et elle est de taille : leurs familles sont en guerre. Au nom de vieilles rivalités corses, les di Piombo et les Porta ne doivent pas s'unir ; plutôt la mort que le déshonneur... L'amour que se portent les jeunes gens aura-t-il raison de tout ? Plongez-vous dans l'histoire...L'accompagnement pédagogique permet de comprendre le contexte historico-politique du récit, de l'ascension à la chute de Napoléon. Il met également en lumière l'esthétique et l'écriture de l'auteur qui inaugure ici, dans un récit de jeunesse, des personnages qui deviendront des types balzaciens.Nouvelle (XIX siècle) recommandée à partir de la classe de troisième. Texte intégral.

  • Une petite ville, un microcosme de l'ancienne france, une vieille fille, rose-marie-victore cormon, qui hésite entre deux prétendants, le chevalier de valois et l'ex-citoyen du bousquier.
    Le chevalier est vieux, coquet, sans le sou, fidèle aux bourbons. du bousquier est libéral, millionnaire et encore à peu près présentable.
    Grave conflit, lutte de clans. du bousquier l'emporte. hélas, " le mariage sera essentiellement négatif " : du bousquier est impuissant. si mlle cormon avait suivi des cours d'anthropologie, si elle avait considéré le " nez prodigieux ", le " nez magistral et superlatif " du chevalier, et le " nez aplati ", " la voix de spéculateur éreinté " de du bousquier, elle aurait évité " les effroyables malheurs de la vie conjugale ".

  • Une femme, généreuse et belle comme un ange, soupçonnée d'adultère ; un jeune officier qui se lance dans la plus vaine et maladroite des enquêtes ; un agent de change égaré dans les affres de la passion ; une somme d'argent qu'on n'explique pas ; une société secrète (les dévorants) dont les membres entendent exercer l'absolutisme de leur bon plaisir ; des duels, des assassinats, des suicides ; une évocation de vidocq ; le tout sur un fond de ville monstre - paris - gigantesque théâtre des fièvres de la restauration : tout balzac est déjà dans ferragus qui apparaît comme l'une des étapes essentielles du grand oeuvre, l'un des romans fondateurs de ce qui deviendra la comédie humaine.
    Texte intégral. ferragus est le premier épisode de l'histoire des treize (à laquelle appartiennent aussi la duchesse de langeais et la fille aux yeux d'or). préface de balzac à l'histoire des treize. vie de balzac. notice, bibliographie et notes de roger borderie. documents : lettre de balzac à amédée pichot ; postface de balzac à ferragus ; allocution prononcée par victor hugo aux obsèques de balzac.

  • Ce troisième et dernier volume de la Correspondance de Balzac couvre une période de neuf ans (1842-1850). L'écrivain travaille toujours d'arrache-pied à La Comédie humaine. Il rédige les romans qui paraissent en feuilletons dans la presse (Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes), corrige les épreuves de l'édition Furne, négocie âprement avec éditeurs et libraires. Les lettres échangées avec ces derniers témoignent de la redoutable productivité d'un romancier aussi débordé qu'endetté.
    La vie imitant l'art (et inversement), tel Rubempré Balzac mène à présent grand train auprès de sa maîtresse, une comtesse devenue veuve, Éveline Hanska. Ensemble ils parcourent l'Europe. Honoré n'en oublie pas pour autant sa famille - il écrit régulièrement à sa mère, à sa soeur et à ses nièces -, ses amis ni ses admirateurs. À la mort de Stendhal, il se souvient de l'auteur de la Chartreuse, qui «écrivait comme les oiseaux chantent». Entre deux séjours chez Mme Hanska, en Ukraine, il multiplie les projets au théâtre, où il envisage de transposer plusieurs de ses succès de librairie. Apprenant le décès de Chateaubriand, il soumet de nouveau sa candidature à l'Académie française ; il n'y obtient que quatre voix, dont celles de Hugo et de Lamartine. Enfin, le mariage avec Mme Hanska est célébré. Le 17 mars 1850, il laisse éclater son bonheur dans une lettre à Zulma Carraud : «Vous ne pouvez apprendre que de moi le dénouement heureux de ce grand et beau drame de coeur qui dure depuis 16 ans. [...] Cette union est, je crois, la récompense que Dieu me tenait en réserve pour tant d'adversités, d'années de travail, de difficultés subies et surmontées».
    Sa santé continue à se dégrader. Il s'éteint cinq mois à peine après ses noces. Ses dernières lettres avaient été dictées à celle qui était devenue Mme Ève de Balzac. En juin 1850, s'excusant auprès de Théophile Gautier, qui souhaitait lui faire ses adieux, de ne pouvoir le recevoir, il ajoute d'une main hésitante, sous le texte tracé par sa «secrétaire» : «Je ne puis ni lire, ni écrire.» Il meurt le 18 août, à cinquante et un ans.

    Édition de Roger Pierrot et Hervé Yon.

  • Chez les Guillaume, c'est Monsieur qui décide. Madame tient la caisse, les deux filles aident les commis à la boutique, lui règne sur tout le reste. Virginie, l'aînée, est travailleuse et raisonnable mais laide. Augustine, la cadette, est jolie et agréable. C'est bien sûr elle qui attire tous les regards. Celui de Joseph, l'employé de la famille, mais surtout celui de Théodore de Sommervieux, jeune peintre charmé par l'enseigne du Chat-qui-pelote. Lorsque le monde du commerce rencontre celui de l'art, se livre un étonnant combat entre la raison et la passion.
    L'accompagnement pédagogique explore les mécanismes d'écriture de ce court récit qui ouvre la Comédie humaine, en montrant comment Balzac pose très nettement ici les premières pierres de l'oeuvre à laquelle il va consacrer sa vie, tant d'un point de vue stylistique que thématique. Le commentaire met en lumière l'intertextualité du texte, de Molière à Beaumarchais, et propose deux groupements de textes, autour du mariage et de la figure du peintre en littérature.
    Roman (XIXe siècle) recommandé à partir de la classe de troisième. Texte intégral.

  • Elles sont deux, renée et louise, qui, à peine sorties du couvent, vont suivre des destinées contraires.
    Faut-il mettre de la passion dans le mariageoe ou y chercher un bonheur raisonnableoe derrière cette "dispute", menée par correspondance, une lutte sourde oppose deux ambitions: renée la sage n'exige pas moins de la vie que louise la folle. débat sur le mariage, les mémoires de deux jeunes mariées sont aussi l'histoire d'une rivalité. et si la sagesse finit par triompher du "romanesque", il ne faut peut-être pas trop se fier au dénouement: "j'aimerai mieux être tué par louise que de vivre longtemps avec renée", disait balzac.

  • Entrer dans la province de La Comédie humaine, c'est accepter de sillonner un territoire déconcertant, au temps ralenti et aux passions concentrées.

    À côté des vieux notaires, des aristocrates mélancoliques ou des femmes cloîtrées, à côté de l'ennui et des commérages, il faut s'attendre à être surpris par les tragédies les plus sombres, comme celle d'un emmuré vivant à Vendôme (La Grande Bretèche, dans Autre Etude de femme) ou la mort tragique du fils Minoret, dans Ursule Mirouët. Quant au père d'Eugénie Grandet, c'est une sorte d'ogre. Il dévore tout, les autres, la terre et l'argent des autres.

    Eugénie, elle, est riche et charitable, mais enfermée dans sa tristesse, à l'image de sa maison froide et sombre.

  • Deux enfants du siècle, imbus d'idéal, de poésie et d'illusions, sont confrontés à la rude épreuve du réel : l'un, Lucien, part à la conquête de la capitale, où ses ambitions d'écrivain et ses rêves de noblesse se heurtent au royaume de l'hypocrisie ; l'autre, David, reste en province pour poursuivre ses inventions, au milieu d'intrigues ourdies contre lui. Avec illusions perdues, " oeuvre capitale de l'oeuvre ", Balzac définit le rôle de la littérature devant le nouveau pouvoir médiatique, nous livrant une réflexion, universelle et de grande actualité, sur la condition tragique de l'homme emprisonné dans un monde social inéluctablement matérialiste.

  • La pensée, la passion et le désir tuent l'homme : telle est la thèse qui préside aux Etudes philosophiques, de Balzac, et qui marque la destinée tragique de héros romanesques épuisant leurs forces vitales tel Raphaël de Valentin dans La Peau de chagrin ou d'artistes aux prises avec les dilemmes de la création, comme Frenhofer dans Le Chef d'oeuvre inconnu.

    La peau de chagrin, objet magique permettant d'exaucer tous les voeux de celui qui la possède, mais qui rétrécit inéluctablement, écourtant sa vie, devient alors le symbole d'une condition humaine désespérée, dans laquelle il semble impossible de se soustraire aux tentations et au désir.

  • Rien de commun, a priori, entre les deux scènes réunies ici : d'un côté, Le Curé de village, un roman de l'altruisme, du dévouement et de la cause publique, presque une " scène de la vie politique " ; de l'autre, Le Lys dans la vallée, une " scène de la vie privée " la plus intime qui soit, récit de l'égoïsme et de l'amour / passion entre deux amants malheureux.

    Rien de commun, et pourtant... Ces romans sont avant tout deux inoubliables portraits de femmes une criminelle et une sainte, deux ambiguïtés, deux morales libres, non dogmatiques, qui s'inversent et qui figurent la révélation d'une identité, d'une liberté. Balzac, romancier des femmes ? Cela a été dit et redit, par ses contemporains, par la postérité, par lui même, qui en a joué pour s'assurer un public fidèle.

    Balzac, romancier, non pas des femmes, mais de la femme, est allé plus loin que sa consoeur George Sand, par exemple, parce qu'il a cultivé le risque des incertitudes, de la déstabilisation, des renversements, des retournements en tout genre.

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