Guy Konopnicki

  • 28 février 2020. Le petit monde du cinéma s'est donné rendez-vous pour sa traditionnelle remise des Césars. Mais depuis quelques jours c'est un peloton d'exécution qui se prépare contre Roman Polanski. Qu'importe son talent, qu'il ait été jugé pour des faits vieux de plus de quarante ans, qu'importe la justice ! Aux Etats-Unis, ce sont les mémoires de Woody Allen qui ne peuvent être publiées.
    A travers ces épisodes c'est l'indispensable et salutaire combat pour les droits des femmes qui est dévoyé. Guy Konopnicki s'insurge contre ces amalgames. A cette aune-là, il faudrait supprimer Victor Hugo, Ronsard, Corneille et bien d'autres du Lagarde et Michard. Les portes de nombre de musées devraient être murées... Seule la justice est apte à juger les auteurs, seul le public est juge d'aimer ou pas une oeuvre. Sinon, nous nous dirigeons, au nom d'une juste cause, vers une société où l'interdit serait la première règle. Et si un jour, c'était pour une mauvaise cause ?

  • A une ville musée qui rejette la modernité, qui se protège de tous les bruits, même ceux de la fête. Une ville qui se couche tôt, qui cache ses prostitués et qui ignore l'architecture contemporaine. Peut-on se passer de vacarme, de lumière et de fumée ? La ville verte et silencieuse, c'est tout de même une drôle d'idée ! « Dans les cafés enfumés des villes bruyantes, sales et polluées, nous étions heureux... Non, je ne déteste pas du tout cette bourgeoise à vélo, les rencontres de feux rouges ne manquent pas de charme. La ville m'amuse toujours, je n'ai jamais songé à vivre ailleurs. En fait j'ai passé le plus clair de mon temps à me déplacer dans les villes. A commencer par celle où j'ai fait mes premiers pas, dans un autre siècle ». Récit nostalgique, essai contemporain ou pamphlet sur la ville, Le Silence de la ville raconte des promenades et des dérives urbaines... Paris et quelques banlieues. Des villes étrangères, pas forcément les plus mythiques. Dans chaque récit, l'auteur marche aujourd'hui et hier, se souvient d'avoir aimé des choses aujourd'hui incorrectes : « Traverser Paris en voiture. Se promener rue Saint-Denis, au temps des journaux, des putains, des klaxons et des frites grasses. Et puis les foires en pleine ville, les marchés, ou, dans son enfance, la Foire du Trône, Place de la Nation et Cours de Vincennes, pendant un mois, une vraie fête pour, eux, les mômes du quartier... » Un récit nostalgique qui nous parle d'une époque où le chauffeur de taxi, une gitane maïs coincée dans le bec, plaisantait, râlait et ne se couchait jamais avant l'aube en éclusant un blanc limé pour la route.

  • Hier le bourgeois, mme le petit, offrait une fourrure sa femme : le no-bourgeois d'aujourd'hui lui offre un ordinateur ou une cuisine quipe. La russite se mesure la taille du conglateur. Elle est glaciale, cette fin de sicle!

  • A l'origine de ce coup de gueule : l'instrumentalisation politique de la Shoah, l'intrusion du religieux dans l'espace public et la liquidation de la laïcité au nom du respect des différences. Fustigeant toute forme d'incrimination - y compris positive - Guy Konopnicki refuse les " signes distinctifs " que l'on cherche à nous faire porter et qui stigmatisent toues les catégories de français. La prétendue diversité s'oppose au principe d'égalité, qui ne connaît que des individus libres formant ensemble le peuple souverain. Le culte des différences n'est que le masque des différents cultes qui entendent imposer le " respect " à la France de l'irrespect, celle de Voltaire. Après des siècles de lutte, la République abandonne son territoire à l'obscurantisme. la notion de bien commun est-elle vouée à disparaître dans un bazar mondialisé des identités ethniques et religieuses ? Détournant avec ironie et provocation l'expression de " banalité du mal ", utilisée en 1963 par Hannah Arendt, cet essai décisif et percutant oppose l'espace " banal ", celui du bien commun, aux particularismes pressés d'en finir avec la laïcité républicaine.

  • Cet essai est né d'une nausée : celle qui a saisi Guy Konopnicki à la lecture du dernier livre de Renaud Camus. Il y a senti, à l'instinct, tout le fumet d'une France "moisie" et éternellement pétainiste. Dans ce pamphlet corrosif, Guy Konopnicki fustige les tenants d'une France prétendûment ouverte et progressiste, se réclamant à tout instant de la République. Masques glorieux et mensongers que cette idéologie de la res publica, affirme Konopnicki qui dévoile sous ces beaux propos une France figée, conservatrice et xénophobe. L'auteur s'attaque ainsi au mythe toujours persistant de la IIIe République, il rappelle les compromis d'une certaine France, soi-disant de gauche, en réalité patriotique et réactionnaire, qui ne sut offrir au monde qu'un modèle de démocratie bourgeoise bradant ses propres principes humanistes. De Pasqua à Régis Debray, ses cibles ne manquent pas... S'en prenant à la France d'aujourd'hui avec tout autant de virulence, l'auteur met à mal le progrès dont se targue notre pays et stigmatise l'hypocrisie d'une France dont "l'exception" peut inspirer de légitimes inquiétudes.

  • En 2003, le prix Goncourt a fêté ses cent ans : il est né la même année que Raymond Queneau et Georges Simenon qui ne l'ont jamais eu.
    Mais les prix littéraires n'ont pas la prétention de consacrer un écrivain, ils visent seulement à assurer les ventes de quelques romans. Si bien que, chaque année, éditeurs et auteurs s'activent auprès des jurés du Concourt, du Femina, du Médicis et de l'Interallié. Élus à vie, ces jurés travaillent parfois jusqu'aux limites tolérées par la maladie de Parkinson. Ils sont censés repérer le chef-d'oeuvre parmi plus de six cents romans qui paraissent chaque année à l'automne.
    Heureusement, les grands éditeurs simplifient leur travail, et poussent quelques poulains choisis parmi leurs nombreux auteurs. Les membres de ces doctes académies ont parfois des faiblesses : écrivains eux-mêmes, ils sont sensibles aux choix de leur propre éditeur. Ceux-ci se montrent d'autant plus attentifs qu'un Goncourt primé doit logiquement se vendre à 200 000 exemplaires, sans compter les éditions clubs, les poches, traductions et droits d'adaptation.
    Las ! La machine est en panne. En 2002, aucun prix n'a dépassé les 70000 exemplaires, si ce n'est le Médicis étranger, Philip Roth. Le public ne suit plus. Comment pourrait-il avoir confiance dans ces jurys tous liés à des maisons d'édition ? Il est temps de donner de l'air à ces institutions, et d'en finir avec les jurys inamovibles.

  • élu

    Guy Konopnicki

    Grâce à une enquête minutieuse, les auteurs expliquent pourquoi J.-M. Le Pen risque de se maintenir au second tour de la présidentielle 2007. Ils analysent la stratégie du clan Le Pen, l'influence des éléments extérieurs, la stratégie du silence, l'influence de Marine Le Pen et le changement de type de communication. Dix intimes de Le Pen dressent également un portrait du leader d'extrême-droite.

  • Dépolitisation de la jeunesse, rejet de la politique : ces lieux communs volaient en éclat en novembre 1986 ; et la levée en masse des étudiants et lycéens a totalement bouleversé la donne. C'est ce bouleversement qu'analyse Guy Konopnicki dans ce livre. Avec, au coeur de son commentaire, ce constat - et cette thèse : parce qu'il entrait en scène alors que les grandes illusions s'étaient effondrées et que les modèles totalitaires avaient enfin perdu de leur pouvoir de fascination, ce mouvement de jeunesse était le premier depuis très longtemps à se situer d'emblée, et de plain-pied, dans le cadre de la pensée démocratique. La vérité, étrangement oubliée, c'est que l'Université est d'abord le lieu de transmission de la culture d'une société ; et que le mouvement de novembre sans mettre en cause les institutions, sans se référer une seule seconde à une utopie despotique, imposait un nouveau type de dialogue entre le pouvoir et les citoyens. La nouvelle contestation ne met plus la démocratie en péril : tend à la régénérer et, peut-être, à la réinventer.

  • Le coq gaulois... Le petit coq français monté sur ses ergots... La vanité nationale... L'impression d'être le centre du monde... Voilà quelques traits français qui ne datent pas d'aujourd'hui... Un livre pour fustiger le chauvinisme français. Un livre pour nous rappeler quelques autres aspects du mal français. Mais l'essentiel de ce livre est ailleurs. C'est une méditation sur le déclin, l'exténuation d'une démocratie. Oui, nous dit Konopnicki, les démocraties peuvent {encore} finir. La fin du communisme ne les prémunit pas contre la maladie, la mort, ou, en tout cas, le ridicule. De la montée du Front National aux écarts de langage de Mme Cresson, du spectacle pitoyable donné par les politiques à nos réactions frileuses face aux révolutions de l'Est, Guy Konopnicki analyse tous les aspects du très étrange malaise qui s'est emparé de la France et semble miner les bases de l'esprit civique, démocratique et républicain.

  • Voici les tribulations drolatiques et politiques du bon Joseph Kaplan - ainsi prénommé en souvenir de Staline par des parents militants. Après avoir gravi tous les échelons du "Parti" dans les années 50, après avoir ambitionné de devenir "un petit Staline français", Joseph s'éprend soudain, et contre toute sa "culture de classe", d'une jeune fille un peu prostituée de luxe, un peu intello-idéologiquement suspecte. Elle l'entraîne dans des palaces, loin de ses bases militantes, et pour le bon Joseph ce sera une véritable déniaiserie idéologique plus encore que sentimentale ou sexuelle (quoique...) Guy Konopnicki a voulu aborder, sur un mode qui reste toujours celui de la plaisanterie et de l'autodérision, des sujets extrêmement graves comme ceux de la déstalinisation des esprits et de la démarxisation du monde. Au passage ressuscite tout un monde de petites gens pittoresques, immigrés, juifs, anciens résistants, futurs ex-communistes...

  • Pourquoi cet étrange discrédit qui frappe, en France, la politique ? Pourquoi ce mépris convenu envers les "politiciens" ou la politique dite "politicienne" ? Pourquoi "le" politique pour faire chic, "la" politique quand on veut signifier l'infamie de la chose ?Cet inquiétant rejet, nous dit l'auteur, qui dirigea l'Union des étudiants communistes, traduit une sourde dénégation de la démocratie elle-même : quand l'art de gouverner est considéré comme une simple affaire de compétence, quand, entre l'Atlantique et le mur des SS 20, la conduite des nations est limitée à la gestion et au commerce, ce sont les droits élémentaires du citoyen que l'on nie. Il nous dit, encore, que la politique, avec sa grandeur et ses misères, avec sa noblesse et ses mesquineries, fait partie de ce qui nous préserve de la tentation totalitaire. Guy Konopnicki nous rappelle, enfin, que la liberté et ses droits n'existent que si l'on s'en sert, c'est-à-dire en faisant de la politique, en revendiquant ce bon et réel plaisir.

  • Waldeck-Rochet, secrétaire général du PCF arrive au siège de l'Humanité, boulevard Bonne-Nouvelle, le soir du 27 avril 1969. Les premières estimations des RG donne le référendum perdant. De Gaulle va sans doute démissionner. Mauvaise nouvelle pour Waldeck et son parti qui ont fait campagne pour le Non mais qui ne souhaitent pas que le Général s'en aille. Cet homme-là, Waldeck le connaît depuis la guerre. Libéré du bagne de Maison-Carré, en février 1943, Waldeck Rochet représentait le PCF dans les instances de la France Combattante à Alger, et il soutenait De Gaulle contre Giraud. Il a été ensuite le porte parole de son parti à Londres. Sous la Vème République, il est dans l'opposition, tout en reconnaissant les aspects positifs du gaullisme, décolonisation et indépendance vis à vis des Etats-Unis. Or le départ du Général risque de ramener la France dans le giron américain. Les Soviétiques sont également inquiets et l'ont fait savoir. Commence alors une soirée étrange et mélancolique au cours de laquelle Waldeck ira jusqu'à envisager de contacter De Gaulle retiré à Colombey pour le supplier de ne pas quitter le pouvoir. Ce récit est un voyage dans le temps : le Paris de la fin des années 1960 ; Londres et Alger en 1942-43 où De Gaulle et les communistes se côtoient, s'appuient et s'observent ; le Moscou du début des années 1930 où Waldeck Rochet fait ses classes à l'école du Parti et découvre la réalité soviétique. C'est aussi une réflexion sur la fin d'une époque, où la politique est encore dominée par des hommes issus de la Résistance et où selon le mot de Malraux "entre les communistes et les gaullistes, il n'y avait rien".

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