Coups de coeur

  • Sur une île montagneuse au sud du Kyûshû, à la fin des années 1930, un jeune chercheur en géographie humaine entreprend une étude sur les traditions et les croyances locales tombées dans l'oubli.
    La violence qu'il perçoit dans la destruction des monuments fait écho à la violence des deuils qu'il connaît dans sa propre vie. Cinquante ans plus tard, Akino revient sur la même île alors qu'un grandiose projet de développement touristique menace d'effacer les dernières traces de son antique histoire. Il s'engage alors dans une réflexion sur le temps, les modes de représentation du monde, de la vie, de la mort, forgés par la culture spirituelle japonaise. Et dans ce voyage qui est aussi intérieur il trouve enfin une forme de sérénité.

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    Dépaysement assuré sur l'île préservée d'Osojima, territoire imaginé par la talentueuse Kaho Nashiki, au large de la bien réelle Kyushu. Lieu d'étude d'un jeune chercheur en géographie humaine qui s'intéresse aux us et coutumes des îliens et à leur attachement primordial à la nature. Emboîtant le pas du géographe dans son exploration passionnante de la faune et de la flore locales et des croyances ancestrales, on en oublierait presque qu'il s'agit d'une fiction.

  • Sur le quai de la gare, Matthew Cuthbert attend l'orphelin qui doit les aider, sa soeur Marilla et lui, aux travaux de la ferme. Mais c'est une petite rouquine aux yeux pe´tillants qui se pre´sente... N'ayant pas le coeur de la renvoyer sur-le-champ, Matthew l'emme`ne dans leur maison aux pignons verts.

    Vive et pleine d'esprit, Anne parvient bien vite a` conque´rir Marilla et Matthew gra^ce a` son imagination de´bordante, sa de´termination et sa de´brouillardise.

    Mais il ne faut pas longtemps avant que la fillette se retrouve dans de beaux draps. Par chance, il est devenu impossible pour les Cuthbert et les habitants d'Avonlea d'imaginer une existence sans elle. L'arrive´e d'Anne a change´ leur vie...

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    L'énergie, le courage et l'optimisme contagieux de la jeune héroïne de Green Gables illuminent de bout en bout le premier volume de cette saga. Promesse d'évasion, de poésie et d'émotions, ce classique de la littérature canadienne, roman d'apprentissage à la lisière du conte, est aussi une chronique de la vie rurale d'une petite communauté de l'île du Prince Edouard au début du 20ème siècle. Une lecture réconfortante sur le pouvoir salvateur de l'imagination, de la nature et des livres.

  • "L'Ile des morts" fait partie des tableaux qui demeurent un véritable objet de fascination. Le sujet, bien entendu, n'y est pas étranger, comme la localisation controversée du site qui servit de modèle à la composition sans compter le fait qu'il ait été un des tableaux préférés de Hitler. C'est probablement par son attirance pour les îles, que Jean Pichard se voit happé par le mystère de "L'Ile des morts".
    Il ne l'aborde pas en essayiste mais en écrivain en imaginant sa genèse dans la vie d'Arnold Böcklin et, en contrepoint, prolongeant son aura dans celle d'un photographe, Franz Schensky qui fit le portrait d'une autre île un demi-siècle plus tard, Heligoland, dont le destin tragique durant les deux guerres mondiales, vient comme illustrer le célèbre tableau du peintre suisse.

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    Jean Pichard redonne vie à Arnold Böcklin et Franz Schensky à travers cette fresque artistique et historique particulièrement réussie. Au coeur du récit : l'île des morts, tableau mythique et mystérieux, source d'inspiration de nombreux artistes et d'interprétations multiples. Une lecture passionnante, invitation à plonger dans l'oeuvre de chaque artiste.

  • Une rose seule

    Muriel Barbery

    Alors qu'elle a traversé la planète pour rejoindre le Japon, une femme franchit la cloison de verre de l'altérité et entre peu à peu dans l'agencement esthétique et spirituel des jardins et des temples de Kyôto. Jour après jour, guidée par celui qui fut l'assistant de son père disparu, ces promenades sont en elle autant de motifs à résonances, chambres d'échos, révélations minuscules puis essentielles de sa personnalité.  Ce roman des origines est un voyage, une géographie secrète, en même temps qu'une transposition poétique de l'énigme du sentiment amoureux.

    MOT DU LIBRAIRE

    „De quoi le deuil est-il le plus difficile ? De ce qu'on a perdu ou de ce qu'on a jamais eu ?" Cette question traverse ce récit initiatique d'une femme qui en partant sur les traces de son père qu'elle n'a pas connu, se révèle peu à peu à elle-même et s'apaise au contact d'une culture dont elle découvre peu à peu les codes. Protéiforme d'un roman à l'autre, l'écriture de Muriel Barbery est ici resserrée et épurée, épousant subtilement la métamorphose profonde de cette femme dans son cheminement spirituel et son parcours à la fois énigmatique et sensoriel qui la mènera de temples en jardins en passant par les maisons de thé. Une formidable promenade esthétique et contemplative au pays du soleil levant.

  • En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle épouse la cause. Lola Lafon s'empare de cette icône paradoxale de la "story" américaine pour analyser son rayonnement dans l'espace public et le chavirement qu'elle a engendré dans le destin de ses héroïnes, trois femmes de générations différentes, une Américaine et deux Françaises.

    Le mot du libraire

    Lola Lafon aborde dans ce nouveau roman la condition féminine et la construction de l'individu en confrontation à son milieu d'origine. Le mode narratif choisi donne corps aux scènes évoqués, l'Histoire se rejoue, redonnant vie à ceux qui l'ont écrite.

  • Ce n'est pas un mur, mais deux qui séparent le Texas du Sud du Mexique sous le regard perçant des Protecteurs de la frontière.
    Les cartels alternent exécutions sommaires, intimidations et représailles avec la même violence que les narcotrafiquants d'aujourd'hui. À cette différence près que leur fructueux trafic porte désormais sur les têtes réduites d'indigènes et les objets d'art amérindiens.
    Dans ce monde de demain dominé par la corruption, la cupidité, le racisme et les inégalités, Bellacosa, veuf désabusé, recherche son frère, probablement victime d'un enlèvement. En compagnie du journaliste Paco Herbert, qui enquête sur un autre marché scandaleux, il assiste à un banquet clandestin et hors de prix où l'on sert des espèces animales disparues, reproduites selon un procédé appelé la Méthode. Ils y rencontrent le cochontruffe, inoubliable créature, mythique et hautement symbolique.
    C'est ici que le réalisme magique rejoint le roman noir.

    Révélation

    Fabuleux, Fernando A.Flores tisse une intrigue à la frontière mexicaine évoquant la situation politique et sociale de cet espace frontalier en insufflant une puissante dose de réalisme magique. Convoquant les mythes mexicains, les dérives de la science lorsqu'elle tombe ddans les mains du crime, les guerre de cartes, le racisme...Fernando A.Flores écrit un roman noir d'anticipation pétri d'humanité grâce à des personnages comme Bellacosa et ses réflexions dignes d'un sage clairvoyant, philosophe sans y prétendre. Un roman qui restera; A peine fini, déjà l'envie de le relire.Un premier roman et une révélation étincelante.

  • Un homme attend une femme. Depuis combien de temps ? Il ne se souvient pas. Un homme attend une femme qui tarde à se montrer. Il est chez lui, marche et trépigne, passe de pièce en pièce, regarde par la fenêtre, désirant plus que tout qu'elle frappe à sa porte. Son agitation, ses déplacements nerveux et son impatience seraient le fruit de sa pensée, de ses rêveries. Un homme attend une femme qui ne viendra pas parce qu'elle n'existe pas. Il sait que son souhait de la rencontrer est illusoire, mais il ne peut s'empêcher d'espérer.
    Loïc Demey aime bousculer la langue afin de la mettre au service du récit. Une seule phrase, qui respecte le mécanisme de tension et de détente et qui joue sur le rythme, compose Aux amours.

  • Jean Seghers est inquiet : sa station-service a été déclarée en faillite. Son veilleur de nuit-mécanicien lui réclame ses indemnités et, de surcroît, il craint que sa femme entretienne une liaison avec le président du Tribunal de commerce.
    Alors, il va employer les grands moyens.

    Mot du libraire

    Marque de fabrique de ses romans, l'écriture minimaliste et pourtant si expressive d'Yves Ravey apporte encore une fois une fluidité extrême au texte et crée une atmosphère magnétique, toute en tension. Sourire aux lèvres, on jubile, témoin de l'enlisement et de la chute du coupable pris à son propre piège. Le crime était presque parfait...  

  • Versailles, mercredi 1er janvier 1710, tôt le matin.
    Philippe d'Orléans, le neveu de Louis XIV, attend la visite de son ami Saint-Simon.
    Connu pour ses moeurs débauchées, le duc d'Orléans vit depuis dix ans un amour passionné avec sa maîtresse Mme d'Argenton, la seule femme qu'il ait jamais aimée.
    Il ignore qu'une terrible menace, qui pourrait lui valoir un exil immédiat, enfle dans son dos. Mme de Maintenon, en particulier, le hait pour une plaisanterie de mauvais goût qu'il a proférée à son encontre.
    Saint-Simon se doit de l'avertir. Plus encore, de lui éviter le châtiment qui le guette.
    À ses yeux, une seule chose peut sauver son ami : quitter Mme d'Argenton pour retrouver les bonnes grâces du roi.
    /> Mais Philippe d'Orléans concèdera-t-il un sacrifi ce si déchirant ?

    Inspiré des Mémoires de Saint-Simon, un tête-à-tête tendu et palpitant qui nous introduit dans les arcanes de la cour du Roi-Soleil où prospéraient rumeurs et calomnies... Phénomène qui résonne de nos jours avec une force saisissante.

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    Admirateur de l'éloquence exceptionnelle de Saint-Simon ( auquel il a déjà consacré un essai La grandeur Saint-Simon, ed. Gallimard) et fervent défenseur de la langue française dans toute sa richesse et sa diversité , JM Delacomptée fait revivre ici le Grand Siècle par la puissance des mots. Témoin privilégié de ce huis-clos théâtral, le lecteur assiste à ce dialogue décisif vif, drôle et plein d'esprit entre Saint-Simon, grand sage, modèle de probité et fin tacticien, et son ami d'enfance le futur Régent Philippe d'Orléans, jouisseur notoire. Du grand art !  

  • Danny et Maeve, un frère et une soeur unis par un amour indéfectible, ne cessent de revenir devant leur ancienne demeure se heurter aux vitres d'un passé douloureux. Cette imposante Maison hollandaise, écrin des joies et des peines de leur enfance, source de leurs malheurs, les attire comme un aimant. À travers le destin de ces deux quasi-orphelins, Ann Patchett, en déchiffreuse éclairée de l'âme humaine, signe un roman pénétrant sur l'abandon, le pardon, les liens filiaux et le rapport que chacun d'entre nous entretient avec le passé.

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    Ann Patchett a le don de faire éclore sous sa plume des êtres de chair particulièrement attachants et de tisser avec subtilité des liens puissants et complexes entre eux. Bien plus qu'un simple roman familial, la Maison des Hollandais est une fresque gigogne qui à travers les souvenirs fait ressurgir sur 5 décennies les joies, les peines, les non-dits et les secrets enfouis. Une lecture romanesque et immersive à souhait.

  • La grand-mère de Mai mène une vie solide et calme dans la montagne au milieu des chênes et des noisetiers. Mai, 13 ans, ne veut plus retourner en cours, oppressée par l'angoisse et la souffrance intérieure, a été envoyée auprès d'elle pour se reposer. Cette grand-mère un peu sorcière va lui transmettre les secrets des plantes qui guérissent et les gestes bien ordonnés qui permettent de conjurer les émotions qui nous étreignent.
    Ce n'est pas le paradis, même si la lumière y est si limpide, car la mort habite la vie et, en nous, se débattent des ombres comme la colère, le dégoût, la tristesse. Mais auprès de sa grand-mère, Mai apprendra à laisser derrière elle son mal-être pour faire confiance aux forces de la vie, et aussi aux petits miracles tout simples qui nous guident vers la lumière.

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    Voici un heureux viatique qui par temps de morosité accompagnera et apaisera ceux qui recherchent douceur et chaleur humaine. Eloge de la force des liens transgénérationnels et d'une vie simple et respectueuse au plus près de la nature , l'Eté de la sorcière offre une lecture hors du temps et touche à l'essentiel avec grâce et humilité.

  • « Tu te souviens ? Cet été-là si chaud, on le sentait à nos pieds sur les carreaux devant la prairie, à tes jambes campées, fines et transpirantes. Depuis octobre tout était doux. Pas d'automne, pas d'hiver, et ce vent tiède comme dans les contes... » En cette fin d'été, un homme grimpe à trente mètres, dans un hêtre qui domine la campagne. Il est élagueur, puissant et concentré. Là-haut, il observe les plaines, la tour de la cathédrale, son enfance aussi.
    Mais un ennemi l'attend, qu'il n'avait jamais rencontré : des frelons par milliers, nouveaux venus en cette saison interminable. Dans sa descente vers la terre où l'attend son équipe, terrifiée, il est piqué plus de cent fois et tombe dans la douleur...
    La brûlure est le roman de cette chute et de cette traversée, racontées tour à tour par l'homme et la femme - rencontrée vingt ans avant, qui le soigne, l'attend, et ne cesse de l'aimer en images, souvenirs et gestes.
    Dans une langue somptueuse et tendre, Christophe Bataille dit la souffrance et le retour à la vie. C'est un conte mais aussi notre condition nouvelle : les prairies et les arbres sont brûlés par le soleil, la femme aimée contemple comme nous ce paysage. La voix du grimpeur d'arbre, qui a survécu et vit près de Bourges, clôt magnifiquement ce livre - car toute fiction a sa cause, offrant ici un diptyque audacieux.

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  • "On les laisse patienter un bon moment, muets comme des ombres, dans cette cathédrale du Code pénal. Certains occupent leur hébétude sur l'écran de leur téléphone, d'autres s'intéressent à leurs chaussures." Cour d'assises de Paris. Walid Z., un jeune de quartier parvenu par de brillantes études à se hisser jusque dans l'intimité de la bourgeoisie parisienne, risque la peine de mort par décapitation.
    Que vient faire la guillotine dans ce décor si familier ?
    Pendant trois jours, les témoins se succèdent à la barre. À mesure que s'esquisse le portrait d'un ambitieux et qu'on interroge sa culpabilité, se dévoile une autre France, parfaitement crédible, où l'extrême droite a pris le pouvoir. Implacable, ce roman choral se déploie comme la suite tragique de notre « roman national » - son ultime chapitre. .

    Un homme et son temps

    Elévation sociale, discrimination positive, sentiment d'appartenance, le désir et ses motivations, une justice théatralisée, Emmanuel Flesch s'empare de ces thèmes dans ce premier roman à l'intrigue chabrolienne,aux dialogues parfaitement maîtrisés. Un roman qui renvoit un reflet fragmenté de notre pays dit terre d'accueil. Le regard d'Emmanuel Flesch est sans concessions et juste, sans manichéisme. Il construit le roman du jugement d'un homme dans le contexte d'une France qui vient d'ériger l'extrême droite au pouvoir ,avec des ellipses historiques qui enrichissent son propos et affine ce portrait sociétal.

  • Pas dupe

    Yves Ravey

    Livre après livre, Ravey creuse dans ses obsessions, et ses personnages forment une grande famille d'inadaptés toujours un peu égarés. On ne sait si le narrateur de Pas dupe, Salvatore Meyer, est un idiot ou un roublard, une victime ou un meurtrier ; il est le narrateur du livre et nous raconte ce qu'il veut bien nous raconter. Mais il va avoir affaire à un coriace : l'inspecteur de police Costa Martin Lopez.
    L'intrigue est à la fois précise et farfelue, semée d'embûches pour égarer le lecteur. Jusqu'au dernier paragraphe on ne saura pas qui dupe qui, car cette histoire en apparence banale s'avère abracadabrante. La question de départ - l'amant ou le mari ont-ils provoqué l'accident de Tippi ? - se complexifie alors qu'on découvre les circonstances du drame. En particulier l'étrange relation de soumission que Salvatore Meyer semble avoir entretenue avec sa femme, et son rôle de souffre-douleur, voire de larbin, qu'il a joué dans l'entreprise de son beau-père où il est employé - une entreprise de démolition, soit dit en passant. Tout ceci intrigue l'inspecteur tout droit sorti d'un film de série B.
    La langue de Ravey colle parfaitement à cet univers. Une écriture blanche, maîtrisée, où l'auteur glisse quelques formules dignes d'un dialogue des années 1950. « Vous êtes un des premiers, monsieur Meyer, à venir sur les lieux, vous êtes son mari, et vous ignoriez ce qu'elle allait faire dans le ville voisine, sur une route aussi dangereuse, si tôt le matin, c'est curieux, non ? » Mais, même si l'on étudie tous les aspects de ce texte, quelque chose encore nous échappera. Car il y a un mystère Ravey.
    Le narrateur comme les autres protagonistes de Pas dupe sont embarqués malgré eux dans une société qui les encourage à miser l'argent qu'ils n'ont pas et à endosser des rôles pour lesquels ils ne sont pas taillés. Il y aura seulement une phrase sur le milieu d'origine de Salvatore Meyer. Elle indique que son père vit dans un mobile home, sur un parking, quelque part en Arkansas. Et cette phrase est peut-être la clef du roman entier.
    Sylvie Tanette, Les Inrockuptibles

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    Une atmosphère hitchcockienne enveloppe dès les premières pages ce roman à suspens impossible à lâcher tant l'envie est grande de savoir pourquoi et comment est morte la jeune et jolie Tippi retrouvée sans vie dans sa voiture en contrebas d'une falaise. Avec humour et une grande économie de moyens, Yves Ravey fait évoluer autour de la défunte des personnages qui agissent plus qu'ils ne pensent... Hypnotique !  

  • Francie a huit ans quand la dépression de sa mère, Elaine, vient bouleverser à jamais son existence. Recueillie par son oncle et sa tante, Francie grandit entourée d'affection auprès de sa cousine Vicky. Malgré tout, elle vit une jeunesse singulière, détachée du réel, habitée par la peur de la folie. Mère et fille tracent dès lors leur chemin : l'une survit, l'autre se construit en s'efforçant de « ralentir le monde » et de sonder ses souvenirs d'enfance.

    Mais comme toujours dans les romans d'Aimee Bender, la fantaisie règne : un insecte décorant un abat-jour prend vie puis s'échappe, une fleur brodée sur un rideau tombe au sol, bien palpable... L'imaginaire devient le lieu le plus propice à la découverte de vérités profondes.

    Un papillon, un scarabée, une rose est avant tout le récit d'une transformation : du chaos au pardon, de l'incompréhension à la résilience.

    Fragile et beau

    Recueillie pas son oncle et sa tante à l'âge de huit ans, Francie revit sans cesse les souvenirs qui ont précédé son départ. Désormais jeune adulte, elle décide une expérience introspective pour exorciser sa crainte de porter en elle la folie de sa mère. D'une écriture sensorielle, Aimée Bender rédige un roman de l'intime dans lequel l'amour maternel et sororal affleure à chaque page, nimbé d'une attendrissante et délicate fantaisie.

  • C'est une histoire d'orphelin et d'amour. Celle d'un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents. Il attend.
    Mais qui, et pourquoi ?
    Alors qu'il a seize ans, ses parents et sa soeur disparai ssent dans un accident d'avion. Il est envoyé dans un pensionnat religieux des Pyrénées, Les Confins. Tout est dans le nom. Après Les Confins, il n'y a plus rien. Ici, on recueille les abandonnés, les demeurés.
    Les journées sont faites de routine, de corvées, de maltraitances. Jusqu'à la rencontre avec Rose, une jeune fille de son âge. La vie n'est alors que rêves de fugues.
    Jean-Baptiste Andrea a un talent fabuleux pour parler de cet enfant intérieur que nous portons tous en nous.
    Ses héros ont l'âge des douleurs et des révoltes. Avec Des diables et des saints, il achève magistralement sa trilogie autour de l'enfance.

    Des diables et des saints

    L'écriture sensible et le style de Jean-Baptiste Andréa captivent et émeuvent; le narrateur nous invite dans son récit, énigmatique pianiste virtuose des lieux publics refusant toute autre représentation, et vous dévoile son histoire. Les images s'imposent, souvent douloureuses et pourtant magnifiques, inscrivant Joe et les membres de  "la Vigie" dans votre panthéon de personnages littéraires.

  • À Port-au-Prince, Ti Tony vit dans une seule pièce qu'il partage avec son frère Franky et leur mère Antoinette. Alors que Franky aime les mots et les histoires, il se lance dans l'écriture d'un livre sur Antoine des Gommiers, cet incomparable devin que les haïtiens portent aux nues. Mais la popularité de ce chamane n'est pas l'unique raison d'un tel projet littéraire, Antoine des Gommiers serait le grand-oncle d'Antoinette, une filiation qui change tout même si Ti Tony, lui, ne saura jamais s'emparer de la fiction pour voir la vie en bleu. Un livre magnifique, où l'amour filial transcende la misère.

  • En seulement six livres, Lynd Ward (1905-1985) s'est imposé comme l'un des précurseurs du roman graphique. Ses histoires - de l'artiste qui vend son âme, au couple pris dans les tourments de leur époque, en passant par l'homme maudit de ses péchés et l'ouvrier rebelle à la psychée tourmentée - ont su capturer un monde plein de contradictions dans des images d'une époustouflante modernité. Sur les pas de Frans Masereel et d'Otto Nückel, ces récits en gravures sur bois, ou romans sans paroles, dessinent les contours d'une oeuvre riche et exaltée.
    Livre après livre, cette anthologie donne à voir comment Lynd Ward, innovateur acharné, s'est créé un moyen d'expression rarement égalé en termes de puissance narrative, de construction de personnages, d'imaginaire et de techniques, où le lecteur écrit l'histoire autant qu'il la lit.

  • Le livre de la jungle

    Rudyard Kipling

    Plongez au coeur de la mystérieuse jungle indienne, où les singes de balancent de liane en liane et les tigres règnent en maîtres. La nature sauvage du Livre de la Jungle est célébrée de façon inédite dans cette édition superbement illustrée. Enrichi d'illustrations et d'animations originales créées par le fameux studio MinaLima, cet ouvrage unique enchantera les lecteurs de tous âges.

  • À l'occasion de leurs 100 ans d'édition, Les Belles Lettres ont rendu hommage tout au long de l'année 2019 aux classiques publiés dans les collections fondatrices de la maison. Que vous les connaissiez ou non, les textes réunis dans la série du Centenaire célèbrent le plaisir toujours neuf de la lecture. Vous y croiserez des histoires d'amour et d'héroïsme mais aussi des métamorphoses antiques, vous y apprendrez comment bien régner et comment vous détacher de vos soucis de mortels, vous y contemplerez la nature en philosophe et en poète.

  • « En une même journée, [il pouvait] être baroque, empire, préraphaélite ou japonais. Pourtant, il a toujours été Beardsley. » Julius Meier-Graefe, 1908.

  • « J'étais perché sur ma montagne, avec mes poules et mes oliviers, quand le monde est subitement venu à moi. Des ombres remontaient à pied ma vallée de la Roya, entre l'Italie et la France, risquant leur vie. Au début, je détournais le regard. Puis, un jour, j'ai recueilli une famille, et ces ombres sont peu à peu devenues ma lumière. Elles fuyaient la guerre, la misère, la dictature, avaient croisé la mort dans le désert en Libye, échappé à la noyade en Méditerranée. De leur pas si déterminé, elles me questionnaient : faut-il rejeter l'autre parce qu'il est différent ?

    À partir de 2016, j'ai accueilli des milliers d'exilés. J'ai aidé ces voyageurs de l'ombre à poursuivre leur chemin et à obtenir des droits, mais je n'avais pas anticipé la violence d'État qui me frapperait en représailles. Notre action ne faisait pourtant que pallier ses renoncements.

    J'ai subi des gardes à vue, des procès, des perquisitions, des saisies. Le plus souvent, l'État était en tort et fut condamné. Des centaines de fois. Jusqu'à ce que le Conseil constitutionnel consacre le principe de fraternité, un progrès capital. Ces années ont changé ma vie. Citoyen lambda éloigné du militantisme, je ne suis pas un héros, juste un Herrou têtu et décidé, sans leçons à donner, à part celle-ci : avant de changer le monde, chaque citoyen a le pouvoir de changer le sien. » Cédric Herrou

  • Une terre promise

    Barack Obama

    • Fayard
    • 17 Novembre 2020

    Un récit fascinant et profondément intime de l'histoire en marche, par le président qui nous a insufflé la foi dans le pouvoir de la démocratie.

    Dans le premier volume passionnant et très attendu de ses mémoires présidentiels, Barack Obama raconte l'histoire de son improbable odyssée, de jeune homme en quête d'identité à dirigeant du monde libre, retraçant de manière singulièrement détaillée et personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence historique - une période de transformations et de bouleversements profonds.

    Barack Obama entraîne le lecteur dans un voyage fascinant, depuis ses toutes premières aspirations politiques à sa victoire cruciale aux primaires de l'Iowa, qui démontra le pouvoir de l'engagement citoyen, jusqu'à la soirée décisive du 4 novembre 2008, lorsqu'il fut élu 44e président des États-Unis, devenant ainsi le premier Afro-Américain à accéder à la fonction suprême.

    En se retournant sur l'histoire de sa présidence, Barack Obama propose une exploration unique et pénétrante de l'amplitude phénoménale mais aussi des limites du pouvoir présidentiel, ainsi qu'un témoignage singulier sur les ressorts de la politique intérieure et de la diplomatie internationale. Il fait entrer le lecteur dans le Bureau ovale et la salle de crise de la Maison-Blanche, et l'emmène partout dans le monde, de Moscou à Pékin en passant par Le Caire. Il nous confie les réflexions qui l'ont occupé à certains moments cruciaux - constituer son gouvernement, faire face à une crise financière mondiale, prendre la mesure de Vladimir Poutine, franchir des obstacles en apparence insurmontables pour faire aboutir la réforme sur le système de santé, se retrouver en profond désaccord avec certains généraux sur la stratégie des États-Unis en Afghanistan, s'atteler à la réforme du marché financier, réagir face au désastre provoqué par l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, et enfin donner le feu vert à l'opération Neptune's Spear qui conduit à la mort d'Oussama Ben Laden.

    Une terre promise est un récit extraordinairement intime et introspectif - l'histoire du pari qu'un homme a lancé à l'Histoire, d'un militant du travail associatif dont la foi a été mise à l'épreuve sur la scène internationale. Barack Obama parle sans détours de ce véritable numéro d'acrobatie qui a consisté pour lui à être le premier candidat afro-américain à la présidence, à porter les attentes de toute une génération galvanisée par le message de « l'espoir et du changement » et à relever les défis que posent à la conscience morale les grandes décisions. Il évoque en toute franchise les forces d'opposition qui se sont dressées contre lui, sur le front domestique comme à l'étranger, la façon dont sa nouvelle vie à la Maison-Blanche a pu affecter sa femme et ses filles, et parle sans fard des moments où il s'est retrouvé en proie au doute et à la déception - sans jamais renoncer pour autant à croire que dans cette formidable aventure en marche qu'est l'Amérique, le progrès est toujours possible.

    Ce livre puissant et magnifiquement écrit est l'expression de la conviction profonde de Barack Obama : la démocratie n'est pas un don du ciel mais un édifice, fondé sur l'empathie et la compréhension mutuelle, que nous bâtissons ensemble, jour après jour.

  • En voyage, je vis, je respire, je cherche l'aventure. Je rencontre des êtres qui savent tenir une conversation, je croise quelques ennuis, je cueille une vision, je pousse une porte, je me sors d'un pas désagréable. Je traverse une forêt, je parle à un homme que je ne connais pas et lui confie davantage de choses que s'il était mon frère, parce que je suis sûr de ne pas le revoir.
    L'énergie vagabonde, c'est la traversée de l'éphémère, perpétuellement renouvelé.L'énergie vagabonde consiste à faire moisson d'idées dans les collines inspirées. Un jour, les notes deviennent un livre. Aujourd'hui, ces livres sont rassemblés dans ce recueil.
    Il contient les récits de mes voyages à pied, à cheval, à bicyclette, dans les piémonts du Caucase, les steppes de l'Asie centrale, les taïgas de Sibérie, les plaines de Mongolie et de Russie, et sur le plateau du Tibet. Cette géographie a aimanté mon corps. Là-bas, les ciels aspirent le regard, les horizons reculent : on n'a pas de scrupules à tirer des bords en pareils parages ! Je joins à ces textes le souvenir de mes virées à moto sur les routes du Nouveau et de l'Ancien Monde, de mes bivouacs et de mes ascensions. À ces récits de promenades plus ou moins contrôlées, j'ai ajouté des reportages en des contrées lointaines où les hommes vivent des existences plus dangereuses que la mienne ainsi que certaines pages de mes journaux, tenus dans l'espoir de donner un ordre à ces agitations.
    Je crois aux vertus de la tangente et de l'échappée.
    Puisse l'énergie vagabonde ne jamais se tarir !
    Sylvain Tesson.

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